La communauté des métiers du Droit
Sur le Village aujourd'hui...
72.586 membres
5795 articles
4.874 sites
109.190 messages sur les forums
954 prestataires...



NOUVEAUTES :

Guide du procès civil en appel Toutes les informations nécessaires à l'avocat pour constituer appel.


Sommaire de la semaine
Commander ce n°
Abonnez vous





Droit de la question prioritaire de constitutionnalité : Cadre juridique, pratiques jurisprudentielles.


200 questions de compréhension et expression écrite en anglais
...Toutes les nouveautés...


  • jeudi
  • 11
  • juin
  • 2009

Le Conseil constitutionnel fait de l’accès à internet un mode privilégié d’exercice de la liberté d’expression, de communication et de participation, à la vie démocratique, par Jean-Louis Gabriel


766 lectures. Donnez une note à cet article : Le conseilleriez-vous ?

1 vote

Lisez moi avec webReader

Version imprimable

Tip A Friend  Envoyer par email

Partagez cet article sur ...



Dans la même rubrique :

fleche Permis de conduire : cadre juridique du permis à points et pouvoirs du juge administratif. Par Nicolas Fouilleul, Avocat

fleche Le point... sur le permis à points. Par Didier Reins, Avocat

>> Tous les articles de cette rubrique

Plus qu’une simple décision de non conformité à la Constitution, le Conseil Constitutionnel a, par sa décision du 10 juin 2009, rendue une décision ayant valeur de jurisprudence et qui fera date dans le cadre des libertés publiques.

En effet, le Conseil Constitutionnel fait de la liberté d’expression et de communication un droit supérieur aux autres droits et libertés en ce compris le droit d’auteur (1) et censure le principe de sanction pour le seul titulaire de l’abonnement au nom du principe de la présomption d’innocence (2)

1)La liberté d’expression et de communication comme droit supérieur aux autres droits et libertés fondamentales :

La Ministre de la Culture et le Parlement ont toujours exprimé le fait que l’accès à internet n’était pas un droit fondamental et que la privation ou la suspension de cet accès n’était pas une sanction susceptible d’être de la compétence exclusive du juge judiciaire. Il était même ajouté que quand bien même l’accès à internet pourrait être considéré comme un droit fondamental, celui-ci était de moindre importance que le droit d’auteur et permettait donc la suspension de cet accès par une simple décision administrative.

Le Conseil Constitutionnel conteste totalement ce raisonnement et abouti au résultat inverse de celui développé par le gouvernement et le Parlement.

Pour le Conseil Constitutionnel l’accès à internet relève du droit à la communication des pensées et des opinions tel que prévu par l’article 11 de la de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Qu’il est même un mode privilégié de libre expression des idées et des opinions et de participation à la vie démocratique et doit donc être protégé comme tel, c’est-à-dire comme un droit fondamental pour tout homme ou femme vivant en France.

Mais, le Conseil Constitutionnel va plus loin puisqu’il place le droit à la libre d’expression et de communication au-dessus des autres droits et libertés fondamentales au motif que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés. Qu’en conséquence la protection des droits d’auteur et des droits voisins ne justifie pas la possibilité de restreindre ou suspendre l’accès à internet d’une personne par une simple décision administrative.

Autrement dit restreindre l’accès à internet c’est porter atteinte au droit de s’exprimer et de communiquer librement et que les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi.

Le Conseil Constitutionnel fait donc de la possibilité de suspendre l’accès à internet une sanction pénale dans la mesure où elle constitue une atteinte importante à la liberté d’expression et de communication . Outre la nécessité que cette sanction soit donc prévue par un texte de loi et ne puisse être prononcée que par un juge judiciaire, encore faut-il que celle-ci soit proportionnée à l’infraction qu’elle est censé sanctionnée.

La question est donc de savoir si le téléchargement occasionnel et à des fins privés est susceptible d’être sanctionné par une suspension de l’accès à internet. Rien n’est moins sur dans la mesure où le Conseil Constitutionnel estime que la raison d’être de la Haute Autorité a pour but de limiter le nombre d’infractions dont l’autorité judiciaire sera saisie et donc de limiter les comportements susceptibles d’être sanctionnés judiciairement par une suspension d’accès à internet.

La gravité de la sanction que constitue la suspension d’accès à internet est telle qu’il interdit de sanctionner le titulaire du contrat d’abonnement d’accès à internet sur le simple constat de la réalisation d’un acte de contrefaçon à partir de l’adresse internet de l’abonné.

2)La censure du principe de sanction pour le seul titulaire de l’abonnement au nom du principe de la présomption d’innocence :

Conséquence directe de la qualification de sanction de la suspension d’accès à internet, le Conseil Constitutionnel invalide le principe de condamnation du titulaire de l’abonnement sur la base du simple constat de la réalisation d’un téléchargement à partir de l’adresse internet de l’abonné. C’est le point primordial de la décision dans la mesure où il confère à l’adresse internet de l’abonné et donc à l’adresse IP la qualification de présomption simple insuffisante pour sanctionner à elle seule un comportement présumé fautif.

Autrement dit, pour pouvoir sanctionner une personne pour téléchargement illégal il convient à l’autorité de prouver que c’est cette personne et elle seule qui a commis ou pu commettre un téléchargement illégal par le biais de son abonnement à internet. Or, le simple fait de ne pas vivre seul et/ou de recevoir des amis de temps en temps suffit donc ainsi à empêcher toute sanction .

En l’état actuel des choses il est impossible de déterminer la personne qui a matériellement a réalisé le téléchargement par le biais d’un abonnement internet sauf à obliger chaque membre d’une famille à avoir un accès différent et sécurisé à internet au-travers, par exemple, d’une reconnaissance rétinienne ou par empreinte digitale ce qui suppose, pour les fournisseurs d’accès, d’équiper chaque famille d’un équipement ne permettant l’accès à internet que sur la base d’une reconnaissance rétinienne ou par empreinte digitale avec attribution d’une adresse IP différente à chaque membre de la famille obligé individuellement de souscrire au dispositif sous peine de ne pas pouvoir accéder à internet.

Cependant, le fait d’obliger toute personne voulant avoir accès à internet à partir d’un abonnement unique à se déclarer constitue une atteinte au respect de la vie de privée de chacun puisqu’elle revient à obliger toute personne à déclarer aux fournisseurs d’accès avec qui elle vie et qui est susceptible d’utiliser son abonnement internet, ce qui n’est pas acceptable.

La décision n° 2009-580 du Conseil Constitutionnel en date du 10 juin 2009 constitue une avancée majeure dans le domaine des libertés publiques dans la mesure où elle fait de l’accès à internet un mode d’exercice privilégié de la liberté d’expression, de communication et de participation à la vie démocratique. En ce sens elle rejoint la décision n° 71-44 du 16 juillet 1971 relative à la liberté associative au panthéon des décisions fondamentales rendues par le Conseil Constitutionnel comme gardien des droits et libertés fondamentales des citoyens.

www.infodroitservice.fr

facebook
facebook
Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et salariés, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, fiscalistes, RH, experts et conseils etc
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS général du Village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...
Legiteam

CV
Sophie, Assistante juridique bilingue, est sur la cvthèque du Village de la justice.
Placements
Transmettre en franchise d'impôt grâce à l'assurance-vie
Management des avocats
Faire face à la crise et rebondir ! Retours du Congrès Eurojuris 2012.
Bureautique
L'Offre spéciale Fnac Pro sur le Village de la justice...
Technologies
LawTech Futures 2012 - Le futur de la technologie juridique et de l'organisation des métiers du droit est peut-être là ?
Emploi
Statistiques sur l'emploi dans les métiers du droit