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Divorcer chez le notaire de son choix, une ruse malhonnette pour citoyens naïfs, par Anicette Daniel


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Divorce devant notaire, pourquoi pas en mairie ?

La vision de la famille moderne serait donc devenue purement et simplement une affaire de gros sous et de finances publiques. Voilà les enfants logés à l’enseigne des biens comme meubles et immeubles dont sont déjà chargés les notaires quelle que soit la formule des divorces.

Divorcer serait alors simple prestation de service demandée au notaire de son choix. Tous ceux qui sont passés par l’épreuve d’un divorce savent combien il n’en va pas ainsi, quelque soit la formule au menu. La quiétude n’existe jamais en période de divorce.

Si l’on en croit les nouvelles du jour, ce projet tant surprenant que soudain consisterait à déshabiller Paul, l’avocat, pour habiller Jacques le notaire. Pendant que l’opinion publique se nourrit d’un tel archaïsme sur la question soulevée sur le fond, s’attardant à examiner des luttes fratricides dignes des textes bibliques, elle évacue du même coup le sort réservé à la justice de ce pays.

Voilà donc cette grande Dame traitée en épouse affaiblie et soumise au bon vouloir d’un Roi des affaires, dépénalisées celles-ci. disons le tout de même. Sous couvert d’économie des deniers publics, un nouvel ordre se profile qui grignote sournoisement l’un des trois piliers qui fondent le principe de toute démocratie digne de ce nom. Tout un pan judiciaire se distribue, serait prêt à se vendre aux plus offrants des intérêts privés, « Droit devant mais tout le reste de travers » disait Coluche. « Bien aimés notaires de ce riche pays, servez-vous je vous prie sur le dos de la Dame ! »

Les couples qui divorcent peuvent-ils se laisser aller à croire un instant que Jacques le notaire travaillerait plus vite et coûterait moins cher que Paul l’avocat ? Non seulement je doute mais je crains même l’inverse au temps du solde de tout compte. A y regarder de plus près c’est peut-être bien chez le notaire que tout traîne en longueur dès lors qu’il existe le moindre bien de communauté stocké là. Quant à l’avocat, il n’a jamais fait office de décideur par-dessus le marché et jusqu’à preuve du contraire. Il ne liquide rien et n’est pas rédacteur d’un jugement. Il ne servirait donc à rien dans l’affaire puisqu’il ne juge rien ? C’est plutôt rassurant au final. Son travail de fond n’apparaît bien souvent que bien après l’épreuve.

Alors dans la balance du divorce, le quel de ces deux frères devenus ennemis de circonstances jouera les cartes à cœur quand le cœur des clients ne peut plus réagir sereinement pour remonter jusqu’à la raison ?

Pauvres citoyens que nous sommes avec nos cartes bancaires quand nous réaliseront à l’usage que nous risquons d’être livrés à l’arbitraire total d’un Notaire, à la fois juge et partie, rédacteur en solo du certificat de bonne conduite d’un couple, en guise de jugement, le tout concocté dans un bureau feutré, à l’abri de tout contrôle d’un tiers non payant celui-là que représente un juge. Qui peut avoir la naïveté de croire à l’impartialité du notaire, d’autant plus s’il avait par hasard pour client une des deux familles du couple ?

Le divorce n’est pas un contrat, un accord. C’est d’abord une rupture, le consentement mutuel n’est que pur montage juridique loin des réalités humaines. Si l’accord existait à tous les étages entre époux, ils ne divorceraient pas. Ne nous égarons pas sur la nature du problème dont on parle.

Non vraiment j’ai beau faire le tour de la question, je ne vois que le juge désintéressé, compétent et sérieux, du fait de son statut et de sa formation, capable de garantir l’impartialité, l’équité et la protection des intérêts de chacun, des plus vulnérables, des pauvres comme des riches..

Si les notaires, spécialistes de l’immobilier à titre principal pour nourrir l’entreprise, se retrouvent au devant de la scène sans qu’ils n’aient jamais rien demandé, y aurait-il derrière tout ce remue-ménage quelques palais de justice à vendre, à rentrer à l’office en guise de récompense et de bonne volonté ? Avocats, ceux qui ne confondent jamais le serment d’origine avec une formule césame. Si, si, il en existent encore, seraient, eux bons à jeter à la poubelle ? Avocats jetables pourraient bien vouloir dire une justice jetable.

Anicette Daniel

Vannes, le 18 décembre 2007

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