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Face aux nouvelles exigences clients, l’union interprofessionnelle fera-t-elle la force ?

L’interprofessionnalité de structure a été sujette à débat chez les professionnels du droit, depuis la loi Macron de 2015. Ce nouveau modèle effraie à bien des égards : perte d’indépendance, jeux de pouvoir entre associés, cohabitation des obligations déontologiques… Même si les textes – maintenant au complet [1] - ont apporté au fur et à mesure des réponses, les professionnels du droit conservent une certaine méfiance. Pourtant, l’interprofessionnalité pourrait être une solution aux changements que connaissent les professions, notamment du point de vue des clients.

Si les clients n’exigent pas concrètement l’alliance des professionnels du droit et du chiffre – parce que, soyons lucides, elle est très loin de leurs préoccupations quotidiennes – ils recherchent cependant l’efficacité dans les conseils et les services dont ils auront besoin. Sans nécessairement distinguer les rôles de l’avocat, du notaire ou de l’expert-comptable. Regrouper plusieurs professionnels dans une même structure ne serait-il pas alors le moyen de réaffirmer les compétences de chacun ? Le client serait guidé, tout en lui ôtant le souci de comprendre les rouages de professions qu’il ne connaît pas.
L’autre avantage serait ensuite la mutualisation des moyens. Car si l’interprofessionnalité existe déjà de fait, sans lien capitalistique ou structurel, le regroupement pourrait permettre de financer à plusieurs de nouveaux outils, de nouveaux services, voire même des legaltech ! Une opportunité face aux coûts importants que représente ce type d’innovations, et à des concurrents moins limités en terme de levée de fond.

La suppression du principe d’unicité est en plus l’occasion (en or ?) de se lancer dans une activité interprofessionnelle en parallèle de son activité principale, sans crainte pour son indépendance et avoir l’impression de tout risquer.

Il n’est pas question de croire que l’interprofessionnalité est le nouveau sésame inconditionnel : il faut étudier, individuellement, sa pertinence et son utilité pour les professionnels comme pour les clients. Mais il serait inconscient de la rejeter en bloc, car au vue des évolutions, des nouveaux acteurs et des initiatives développées y compris par des juristes, l’individualité n’est pas l’avenir des professions du droit. L’union, quel qu’en soit son modèle, garantira si ce n’est leur survie, au moins un renouveau et une certaine prospérité.

Rédaction du Village de la Justice

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