Vendredi 15 avril, la Cour de Cassation a décidé la mise en place immédiate de la garde à vue "nouvelle formule". Policiers, avocats, magistrats ont du se mobiliser dans l’urgence, même si de nombreux barreaux avaient tenté d’anticiper. D’importantes questions d’organisation se posent évidemment, que ce soit pour les locaux ou pour les "tours de garde" des avocats qui vont s’avérer fatigants...
Bilan des premières heures, puis vous pourrez suivre sur la carte de France les actus régionales.
A Lille, 2 fois plus d’avocats ont été mobilisés ce premier week-end de "mise en pratique" (6 au lieu de 3 d’habitude), mais cela n’a pas suffit : "On ne sait pas combien il y aura de gardes à vue pendant la permanence des avocats, on ne sait pas si l’avocat sera longtemps ou pas avec son client au commissariat...". Pas facile donc d’organiser les permanences (plusieurs barreaux ont donc prévu plusieurs "niveaux de permanence" pour s’adapter).
Une avocate de Lille regrette aussi de ne pas avoir eu le temps de consulter le dossier avant, mais note qu’elle a au moins pu prendre les dossiers tôt.
Premiers jours...
En Gironde, on a connu quelques petits problèmes logistiques, mais rien n’est vraiment venu troubler l’application immédiate de la réforme de la garde à vue. Dans la majorité des cas ce week-end, les personnes interpellées et placées en garde à vue n’ont pas demandé à être assistées d’un conseil. Les policiers ont relevé que "l’essentiel est de tout faire posément, tout acter, tout noter, tout écrire pour ne pas risquer le vice de forme".
A Saint-Brieuc, on a visiblement été un peu pris de cours : "On devait s’adapter normalement pour le 1er juin !" (date prévue de l’entrée en vigueur de la loi avant l’arrêt de la Cour de Cassation) et le Bâtonnier table sur une diminution du nombre de gardes à vue pour l’aider...
A Montpellier, les avocats de permanence n’ont pas été surchargés : "Les premiers jours de l’application de la nouvelle réforme de la garde à vue à l’hôtel de police de Montpellier se sont plutôt bien passés " et une moitié seulement des personnes concernées a demandé la présence d’un avocat.
Dans le Gers où il n’y avait qu’un avocat de permanence pour tout le département (comme avant la réforme), on se voulait confiant avant d’être confronté à une "grosse affaire" qui a un peu bouleversé les plans.
A Paris les avocats n’étaient présents que dans 20% des cas : Il y a eu 535 gardes à vue entre vendredi 16h30 et dimanche 11 heures à Paris et dans les départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) ; 299 demandes d’assistance d’avocats exprimées ; 122 avocats effectivement déplacés dans les services de police.
A Arras, il a fallu s’organiser en urgence, et le Bâtonnier s’y est lui-même "collé" ce week-end.
En Charente, "les avocats ont mis le paquet ce week-end pour étrenner le nouveau dispositif de garde à vue" et le Bâtonnier raconte son plaisant week-end : "Vendredi, 21h : premier coup de fil pour assister un Ukrainien retenu à la gendarmerie de Roumazières. 1h du matin : nouvel appel pour m’annoncer deux gardes à vue, samedi, au commissariat d’Angoulême. 1h30 : je réveille ma consoeur Véronique Chabrier pour lui demander d’être présente samedi. 3h : fin de l’audition à Roumazières. 4h : de retour chez moi pour dormir un peu. 8h30 : rendez-vous à l’hôtel de police du Champ-de-Mars. 11h30 : fin des auditions au commissariat".

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