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Une ex-salariée exerce un recours en révision contre une décision prud’homale puis se désiste de ce recours par télécopie du 11 juin 2005. S’étant désistée de son recours, elle ne comparaît pas à l’audience qui suivait.
Son ex-employeur se présente donc seul à cette audience et sollicite des dommages et intérêts pour procédure abusive ainsi qu’une condamnation au titre des frais irrépétibles (honoraire d’avocats, ...).
La Cour d’appel de PARIS a débouté l’appelante de son recours en révision et condamné cette dernière à 1 € de dommages et intérêts pour procédure abusive ainsi qu’à une certaine somme au titre des frais irrépétibles.
La personne condamnée a formé un pourvoi en cassation estimant que s’étant désistée, elle ne pouvait se voir condamnée postérieurement à son désistement.
La Cour de cassation dans son arrêt du 10 janvier 2008, considère que l’effet du désistement dans une procédure orale est immédiat. Le désistement était donc parfait au 11 juin 2005.
La Cour d’appel de Paris ne pouvait donc condamnée la personne qui s’était désistée au paiement de dommages et intérêts sollicités reconventionnellement et postérieurement au désistement.
La Cour de cassation précise que la personne qui s’était désistée pouvait par contre se voir condamnée sur le fondement de l’article 700 du NCPC car le désistement emportait, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte.
La Cour de cassation n’a pas renvoyé cette affaire et, statuant à nouveau conformément à l’article 627 du NCPC, elle a constaté que l’instance était éteinte, débouté la Société, l’ex-employeur, de ses demandes de dommages et intérêts mais condamné la salariée à payer 1.200 € au titre de l’article 700 du NCPC.
Dans les procédures orales, il convient donc de se méfier des désistements formés par télécopie, ces derniers pouvant donner lieu à une condamnation au titre des frais irrépétibles.
Il est nécessaire dans sa demande de désistement de faire constater que les parties conservent chacun les frais qu’ils ont engagés pour l’instance éteinte, à défaut le Tribunal ou la Cour pourrait condamner la partie qui s’est désistée.
Si des demandes reconventionnelles sont déposées avant le désistement, ces demandes seront maintenues et il sera donc possible au défendeur de maintenir l’instance en dépit du désistement. Pour que ces demandes soient faites dans une procédure orale, il serait donc nécessaire de déposer les demandes préalablement devant la juridiction.
Olivier VIBERT, Avocat au Barreau de Paris
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