Depuis les années soixante, les juristes se sont attachés à retranscrire le droit par le truchement de l’outil informatique.
Il faut pourtant distinguer pour sa représentation le droit compliqué du droit complexe. Le premier, de nature statique, fait appel au texte juridique. Pour l’essentiel, il s’agit des banques de données juridiques. Le second, dynamique, privilégie davantage le contexte et met en exergue le droit en mouvement, avec notamment les systèmes experts, le connexionnisme, l’hypertexte ou la modélisation dite objet. Dans ces deux axes, une réflexion en amont s’impose dans les domaines de la logique et de la linguistique juridiques, qui a pour finalité la mise en valeur de la spécificité du discours juridique.
Même si toute représentation semble plus aisée dans le domaine procédural que pour le fond du droit, on peut toujours se demander si l’accès à la connaissance de plus de droit permet de pallier l’ineffectivité de l’adage "nul n’est censé ignorer la loi".
La diffusion du droit (d’obédience publique ou privée), notamment par le biais du réseau Internet, ne semble pas pour l’instant satisfaire ce vécu, en particulier pour l’usager qui désirerait aborder une question juridique. Aussi faut-il désormais poursuivre toute initiative dans l’objectif d’une double complémentarité : le développement de passerelles entre les diverses formes de représentation qui ne doivent en aucun cas demeurer cloisonnées et une coopération active entre les diverses disciplines, qu’elles soient juridiques, informatiques ou linguistiques.
Jean Leclercq


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