La simplicité n’est pas un exercice facile, là est tout le paradoxe. Nous aspirons à une vie plus simple, mais nous avons un certain talent – au niveau personnel et collectif – pour compliquer les choses ! Ironie : il nous faudra donc faire un peu d’efforts au départ…pour devoir en faire moins par la suite. Il ne s’agit pas de s’ajouter des contraintes, mais de prêter attention aux mécanismes qui nous alourdissent et, peu à peu, réfléchir, cerner ses priorités, élaguer, trier… Le jeu en vaut la chandelle.
Une vie plus simple, au propre et au figuré, libère de l’espace. En soi, chez soi et autour de soi. C’est plus de temps, de calme et d’énergie pour vivre centré sur l’essentiel. Face à la crise plurielle que nous traversons, cette aspiration à davantage de simplicité devient une quête pressante. N’oublions pas, comme le faisait remarquer le sage Tchouang-tseu : « Avec trop on se perd, avec moins on se trouve. »

1. DÉSENCOMBRER
C’est le B.A.-Ba pour une existence simplifiée ! Triez, recyclez et éliminez (ou donnez) le superflu. Dans vos armoires, bien sûr, mais aussi dans vos vies : faites le tri dans vos loisirs, dans le flot de vos paroles, dans vos connaissances. La société moderne a cherché à nous persuader que le bonheur c’est d’avoir ou de faire, et non d’être. Alors, par peur du manque et du vide, nous avons accumulé : les biens, les activités, les nouveaux désirs, les crédits… Que d’angoisse et d’ennuis en plus !
Or, la crise actuelle – économique, écologique, humanitaire et morale – pointe les limites de cette société d’hyperconsommation. De plus en plus d’ouvrages proposent des pistes pour nous alléger, symboliquement et concrètement. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la pauvreté subie, mais bien d’envisager le choix d’une certaine simplicité volontaire (même s’il est implicitement dicté par la crise). Cette voie alternative tente de plus en plus de personnes en quête d’une meilleure qualité de vie. Car, oui, il est possible de mieux vivre avec moins et avec le plus grand luxe qui soit : plus de temps et de liberté. Le principe est que l’on peut vivre heureux sans autant consommer, autant travailler, autant se battre. Cette simplification nous met en contact avec nos ressources intérieures, qui ne dépendent pas d’un bonheur extérieur.
« Contrairement à ce que propose la société de consommation, où tout désir doit être satisfait dans l’immédiat, il s’agit ici d’un chemin de vie qui nous apprend à respecter de plus en plus nos besoins fondamentaux (tendresse, appartenance, sens…) et à lâcher les envies et désirs périphériques », précise Thomas d’Ansembourg.
Coups de pouce
Qui fuis-je, Où cours-tu, À quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne, - Thomas d’Ansembourg, éd. de l’Homme.
De la simplicité, John Maeda, éd. Petite Bibliothèque Payot.
L’art du désencombrement, Alice Le Guiffant et Laurence Paré, éd. Jouvence.
Apprendre à faire le vide, pour en finir avec le toujours plus, P. Ariès et B. Costa-Prades, éd. Milan.
L’art de l’essentiel, Dominique Loreau, éd. Flammarion.
2. ANTICIPER
Plutôt que d’attendre toujours la dernière minute et de suffoquer de stress, mieux vaut prendre de l’avance. Pour ne pas rester au stade des bonnes intentions, passez à l’acte. Testez : faites le shopping de rentrée des classes en juillet ou début août, les cadeaux de Noël tout au long de l’année, les repas de la semaine durant le week-end, les tâches administratives avant l’échéance fatale, des prélèvements pour les factures, etc.
D’accord, vous n’aurez pas la petite montée d’adrénaline pour vous booster, mais tellement plus de tranquillité d’esprit ! Il ne s’agit pas de se projeter sans cesse dans le futur, mais au contraire de mieux profiter du présent en courant moins. Côté pratique, vive les listes pour se simplifier la vie ! Listes des courses, des choses à faire, des projets à réaliser, des amis à appeler : elles vous permettent de cerner vos priorités, de structurer votre temps et de vérifier noir sur blanc votre avancement. Jubilatoire !
Coups de pouce
L’art des listes, Dominique Loreau, éd. Robert Laffont.
Vivre le temps autrement, Pierre Pradervand, éd. Jouvence.
La Société Française de Coaching peut vous aiguiller vers un coach spécialisé dans la gestion du temps et l’organisation : www.sfcoach.org
3. DIALOGUER
Cela semble évident, mais dire les choses simplifie drôlement la vie ! Pourtant, que de non-dits s’accumulent, nous emmurant derrière des montagnes d’incompréhensions et de frustrations… Il ne s’agit pas de tout dire n’importe comment pour se « décharger », sous peine que l’interlocuteur ne se referme comme une huître ou contre-attaque avec l’artillerie lourde ! Ouvrir le dialogue nécessite une implication personnelle, une écoute vraie (sans interrompre l’autre), un échange sincère, des limites clairement posées, de la bienveillance…et un peu de diplomatie. Lorsqu’un conflit survient, recourez à la « Gandhi attitude », avec la Communication NonViolente (CNV), conçue par Marshall Rosenberg.
Un : observez la situation et cernez ce qui vous dérange. Deux : écoutez votre ressenti. Trois : précisez à l’interlocuteur vos besoins. Quatre : formulez-lui une demande concrète. Votre partenaire (votre enfant,…) ne vous a pas prévenu de son retard conséquent ? Plutôt que de lui hurler dessus, dites : « Quand tu es autant en retard (observation), je m’inquiète (ressenti). J’ai besoin que tu me préviennes (besoin précisé). À l’avenir, pourrais-tu m’envoyer un message (demande concrète) ? » Pas toujours évident à formuler dans le feu de l’action ! Cela demande un entraînement, mais le courant de communication qui s’établit alors facilite grandement le quotidien, dans le respect de soi et de l’autre.
Coups de pouce
Les mots sont des fenêtres ou des murs, Dr Marshall B. Rosenberg, éd. La Découverte.
Être plus diplomate, Bénédicte Lapeyre, éd. Eyrolles.
(...)
...Lire la suite sur http://www.culturebienetre.com/quoi......

![Réduire Réduire Police[-]](../../../../articles/IMG/images/petit.png)
![Agrandir Agrandir Police[+]](../../../../articles/IMG/images/grand.png)


Envoyer par email





