Sur le Village aujourd'hui...
60.882 membres
4105 articles
5.184 sites
101.250 messages sur les forums
1.051 prestataires...



NOUVEAUTES :

Nouveauté : CODE CIVIL 2011 à 29.90€ ! - Profitez du prix de lancement jusqu'au 15/11/2010 (37€ à partir de cette date)

Sommaire de la semaine
Commander ce n°
Abonnez vous




Code annoté européen de la protection sociale 2010
...Toutes les nouveautés...


  • jeudi
  • 5
  • novembre
  • 2009

Transaction et licenciement : qui a dit qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ? Par Alain Dahan, Avocat


1664 lectures. Donnez une note à cet article : Vous a-t-il intéressé ?

1 vote

Lisez moi avec webReader

Version imprimable

Partagez cet article sur ...

Dans la même rubrique :

fleche Licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement : la procédure, par Xavier Berjot, Avocat

fleche De la responsabilité de l’encadrement et de ses conséquences en droit du travail, par Jean-François Gallerne, Avocat

>> Tous les articles de cette rubrique

Le proverbe est ancien et aujourd’hui on tendra plutôt à constater qu’un mauvais arrangement n’aura pas d’autre effet que celui d’entraîner le déclenchement d’un procès.

Un exemple significatif en est donné par une décision de la Cour de Cassation, chambre sociale, en date du 14 octobre 2009.

Un salarié avait été licencié pour faute grave pour le motif, suivant la lettre de licenciement, "d’insuffisance professionnelle fautive et de négligences délibérées ayant entraîné des coûts importants pour la société et qui auraient pu mettre en péril votre intégrité physique et celle de vos collègues" .

Deux mois plus tard, une transaction a été conclue entre l’employeur et le salarié.

Ce dernier, contestant la qualification de faute grave et la validité de la transaction, a saisi le Conseil de Prud’hommes.

Lorsque la procédure a abouti devant la cour d’appel, celle-ci a jugé que la transaction était nulle et elle a condamné l’employeur au paiement de diverses sommes à titre de préavis, de congés payés sur préavis, d’indemnité de licenciement et de dommages intérêts.

Selon la motivation de la cour d’appel , « une insuffisance professionnelle ne peut en aucun cas être qualifiée de faute grave, les "négligences délibérées" imputées à M. X... ne peuvent que s’analyser en une insuffisance professionnelle, et la somme de 7 589 euros prévue à la transaction est très largement inférieure à celle que l’employeur aurait versée dans le cadre d’un licenciement pour cause réelle et sérieuse et dérisoire compte tenu de l’ancienneté et de l’âge du salarié » ( 28 ans d’ancienneté).

La Cour de cassation casse et annule cette décision et renvoie la cause devant une autre cour d’appel.

Il a suffit à la cour suprême d’une seule ligne pour motiver son arrêt de la façon suivante : « Attendu, cependant, que des "négligences délibérées" du salarié peuvent avoir un caractère fautif », la cour d’appel, en statuant comme elle l’a fait, ayant violé certaines dispositions du code du travail en matière de licenciement.

La cour d’appel s’est donc vue reprocher d’avoir faussement et peut être hâtivement considéré que les "négligences délibérées" ne pouvaient pas être assimilées à une faute grave.

Au final, on se retrouve avec deux perdants : l’employeur qui n’a pas pu éviter le procès prud’homal, et l’employé qui n’est pas certain d’obtenir, au bout d’autant de procédure, l’annulation de la transaction critiquée.

On rappellera très succinctement que la transaction est prévue par les articles 2044 à 2058 du Code civil et qu’elle n’est valable que si elle est conclue postérieurement à la notification du licenciement et que si les parties se sont consenties des concessions réciproques et réelles.

D’où l’intérêt de la négocier, de part et d’autre, avec le plus grand soin.

La transaction n’est pas nécessairement et automatiquement le « remède miracle » du contentieux au motif que, comme le dit un certain slogan, « c’est facile, pas cher et ça peut rapporter gros ».

Alain DAHAN

Avocat au barreau de TOULOUSE

Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et de cabinets, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, fiscalistes, RH, experts et conseils etc
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS général du Village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...
Legiteam

CV de Juristes
Laurence, juriste en contentieux bancaire, 5 ans d'expérience, est disponible en Ile de France. Elle est sur la cvthèque du Village de la justice.
Avocats
Deux questions à une spécialiste de la communication de l'avocat...
Certification
La Certification Voltaire permet de certifier son niveau en orthographe (Un atoût pour un CV ou pour l'entreprise en général)
Blog
A lire ou à relire sur le blog du Village de la justice...
Edition
Consultez notre librairie pour tous vos livres et ne pas rater les nouveautés...
Formation
Juristes, formez-vous en e-learning !