Aujourd'hui sur le village... 38805 membres, 2513 articles, 4286 sites sur l'annuaire, 102050 messages sur les forums, 1351 prestataires...

VILLAGE DE LA JUSTICE
www.village-justice.com

Le site leader de la communauté des professions du droit :
Emploi, Actualités, Forums et échanges, Annuaires, Gestion professionnelle...


Adresse de cette page :


Version imprimable

Dans la même rubrique :



A voir aussi sur le village :
- Les annonces d'emploi
- Les forums d'entraide et de discussion



Les articles les mieux notés en ce moment :
1
Le licenciement pour une cause tirée de sa vie personnelle, par Michel Ribas
2
1er mai et ascension le même jour : une journée de compensation pour les salariés ? Par Michel Ribas, formateur en droit social
3
Le mouvement de grève du port autonome de Marseille déclaré illicite
4
Payez votre ISF à une fondation, pas au trésor public ! Par Jean-Louis Falcoz, Avocat
5
Le harcèlement moral dans la fonction publique, par Alina Paragyios, Avocat au Barreau de Paris.
6
La réforme de la justice, un leurre ou la fin d’une espérance
7
Harcèlement moral au travail et requalification de la démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse, par Alina Paragyios, Avocat
8
Inaptitude du salarié – obligations de l’employeur, par Caroline Legal, Avocat
9
Licencié ?... Salariés, tous concernés… !
10
Le gouvernement à l’assaut des avoués, par Joseph Giocante, étudiant.
Publication : 12 mars 2008

Vers le statut d’ "avocat, conseil en propriété intellectuelle" ? Par Xavier Normand Bodard, Avocat.

Le rapprochement des avocats et des conseils en propriété industrielle : un projet préoccupant en sa forme actuelle. Par Xavier Normand Bodard, Avocat, AMCO, candidat au Bâtonnat 2008.
866 lectures
Donnez une note à cet article :
(note pondérée en fonction du nombre de votes : 0 - 0 vote)

Les 14 et 15 mars 2008, lors de l’assemblée générale du Conseil National des Barreaux, la question du « rapprochement » des professions d’avocat et de conseil en propriété industrielle sera soumis au vote. Il apparait cependant que la réflexion et les discussions doivent se poursuivre pour parvenir à un projet plus satisfaisant ne risquant pas de constituer un précédent de nature à compromettre l’égalité et l’unité de notre profession.

Nous sommes, je le crois, très nombreux à souhaiter, et à œuvrer pour y parvenir, que soit mise en place une grande profession du droit, nécessaire pour faire face aux Conseils en tous genres, qui prétendent investir le marché juridique, et pour être concurrentiels dans le monde global dans lequel nous sommes conduits à intervenir. J’ai appelé de mes vœux cette évolution lors de ma précédente campagne pour l’élection du Bâtonnier, et je n’entends pas renier mes positions. Mais je m’interroge aujourd’hui sur le projet qui sera soumis au vote, lors de l’assemblée générale du Conseil National des Barreaux les 14 et 15 mars 2008, portant sur la question du « rapprochement » des professions d’avocat et de conseil en propriété industrielle.

Concilier nécessité économique et concurrentielle avec unité de la profession

Ce rapprochement, sous une forme plus ou moins radicale (fusion pure et simple, interprofessionnalité, coopération renforcée) est considéré par de très nombreux acteurs comme une nécessité économique et concurrentielle, notamment à l’échelle européenne.

J’en suis effectivement partisan car je considère que, comme dans toute spécialité dans laquelle le droit s’applique à la technique (droit des nouvelles technologies, droit de la construction, risque industriel, droit de l’environnement…), la collaboration des juristes et des techniciens est source d’enrichissement mutuel, et profite pleinement à nos clients. Je rappelle d’ailleurs qu’en vertu de l’article 98 du décret du 27 novembre 1991, les conseils en propriété industrielle ayant exercé leurs fonctions pendant cinq ans au moins peuvent devenir avocat en étant dispensés d’une part, de la formation théorique et pratique et d’autre part, de passer le CAPA.

Il apparaît toutefois que ce rapprochement ne peut, en aucune façon, se faire dans des conditions susceptibles de menacer l’unité de notre profession, particulièrement essentielle aujourd’hui, compte tenu de ses divers modes d’exercice. Or, le rapport soumis au vote du CNB me semble, à cet égard, poser quelques interrogations.

Un accès à la profession et un statut variant selon la formation d’origine

Si le rapport préconise la fusion pure et simple des deux professions, sous le titre unique d’« avocat », suivie de la mention de spécialisation « conseil en propriété intellectuelle », il prévoit que- après la période transitoire comportant l’intégration automatique des conseils en propriété industrielle actuellement en exercice - l’accès à la profession sera, dans l’avenir, différent selon la formation initiale des intéressés (ingénieurs ou juristes).

Ainsi, les ingénieurs désirant devenir « avocat, conseil en propriété intellectuelle », s’ils sont titulaires du diplôme délivré par le Centre d’Etudes International de la Propriété Industrielle (CEIPI) de Strasbourg et de l’Examen Européen de Qualification (EQE) délivré par l’Office Européen des Brevets de Munich, seront admis de plein droit, sans examen, au Centre de Formation Professionnelle des Avocats de Strasbourg (qui sera le seul où pourra s’effectuer cette formation).

En revanche, les juristes (étudiants en droit titulaires d’un Master 2 en propriété intellectuelle) désirant devenir «  avocat, conseil en propriété intellectuelle », devront passer un examen d’entrée au «  CRFPA/CEIPI de Strasbourg adapté PI ».

Les candidats ingénieurs d’origine suivront ensuite, au CRFPA de Strasbourg, une formation juridique spécifique de 150 heures (s’ajoutant à celle spécialement orientée en propriété industrielle précédemment suivie au CEIPI et pour la préparation de l’EQE). Le rapport du CNB reste silencieux sur le surplus de leur formation, aussi bien en termes de durée que de contenu (stage ? PPI ?). Il précise seulement que l’examen du CAPA sera « légèrement aménagé » pour comprendre des épreuves spécifiques en propriété intellectuelle.

Il n’en sera pas de même de la formation des futurs «  avocats, conseils en propriété intellectuelle », venant de la filière juridique, qui comportera une scolarité CRFPA classique de six mois, un PPI de six mois également suivi au CEIPI, et un stage de six mois.

Le rapport précise, en outre – mais uniquement à propos des juristes de formation – qu’une pratique professionnelle en propriété industrielle de vingt quatre mois (pour ceux ayant suivi le cursus spécifique susvisé) permettra d’accéder au titre « d’avocat, conseil en propriété intellectuelle », alors que, pour ceux n’ayant pas suivi cette filière spécifique, il faudra une pratique professionnelle en propriété industrielle de quatre ans, chez un avocat spécialisé, avant de pouvoir se présenter devant le jury d’examen pour obtenir la mention de spécialisation « conseil en propriété intellectuelle ».

Pour les ingénieurs de formation, rien n’est indiqué dans le rapport quant à leur statut et leur titre après obtention du CAPA, de telle sorte que l’on peut se demander s’ils deviendront directement « avocat, conseil en propriété intellectuelle » ou s’ils devront pratiquer deux ans avant d’acquérir ce titre, surtout si l’on se réfère à une lettre adressée par le Président de la CNCPI à ses adhérents le 21 janvier 2008, qui annonce que c’est la première solution qui prévaudra.

Ainsi ce projet semble instituer une voie d’accès et un statut initial différentiels, selon la formation d’origine, de nature à rompre l’égalité des futurs avocats et l’unité de la profession.

Encore des zones d’ombre

Le projet ne parle pas, par ailleurs, de la question des titulaires de l’Examen Européen de Qualification n’ayant pas la qualité de conseil en propriété industrielle (que l’on appelle également « mandataires européens »), ne souhaitant pas devenir « avocat, conseil en propriété intellectuelle ». Ils vont pourtant continuer à exercer leur activité auprès de l’Office Européen des Brevets, en faisant ainsi partiellement concurrence à la profession unifiée. Mais il est vrai qu’il n’est sans doute pas possible de faire autrement, compte tenu de la directive "Services".

De la même façon, la question de l’utilisation obligatoire de la CARPA par les futurs « avocats, conseils en propriété intellectuelle » n’est pas non plus évoquée. Pourtant, on sait que, dans le document précité diffusé à ses adhérents le 21 janvier 2008, le président de la CNCPI a clairement indiqué, en réponse à la question « est-il vrai, comme d’aucuns l’ont dit, que les taxes officielles et les honoraires des correspondants étrangers devraient transiter par un compte CARPA ? : NON, absolument pas. De ce point de vue rien ne changerait ».

D’autres aspects sont évoqués dans le rapport, concernant la représentation des futurs ex-conseils en propriété industrielle, ainsi que le sort de leurs structures d’exercice actuelles, que je n’évoque ici que pour mémoire, même si elles ne sont pas sans poser questions, notamment lorsque la mise en place d’une structure spécifique de représentation des « avocats, conseils en propriété intellectuelle » (sous forme d’une commission institutionnelle du CNB) est envisagée.

Dans ces conditions, il me paraît nécessaire que la réflexion et les discussions soient poursuivies, sur les différents points évoqués ci-dessus, pour parvenir à un projet plus satisfaisant, qui ne risque pas de constituer un précédent de nature à compromettre l’égalité et l’unité de notre profession.

Réagissez à cet article sur le blog de Xavier Normand Bodard : www.normand-bodard.com/blog/


Les rubriques du Blog du Village :

Vous aussi écrivez ici :

Soyez lu sur le village (350.000 visiteurs/mois, 32.000 abonnés à la lettre email) et visible sur Google en une heure !

Cliquez ici pour publier votre article


Remarques :
- La rédaction du village vérifie chaque article avant publication pour vérifier qu'il est suffisamment bien écrit (pas de fautes, compréhensible, etc) pour être publié, et en accord avec la thématique du site, mais ne s'engage pas à contrôler le fond de la contribution.
- Le village de la justice décline toute responsabilité sur le contenu de l'article; les opinions et avis des auteurs n'engageant pas le village de la justice, et ne constituant en aucun cas des consultations juridiques.
- Les droits d'auteurs restent en la possession des auteurs, qui n'accordent au Village qu'un droit de publication sur ce site.


Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et de cabinets, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, experts et conseils
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS 2.0 du village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...