Avez-vous déjà imaginé le déroulement d’une journée sur Internet et les réseaux sociaux ?
Voici un petit exemple de ce qui peut se produire en un jour seulement :
inscription de 600 000 nouveaux membres sur Facebook,
envoi de 4 millions de Tweets sur le réseau Twitter,
publication de 900 000 billets sur la blogosphère,
96 millions de vidéo téléchargées sur YouTube…
Pour vivre l’expérience en temps réel, connectez-vous sur le site http://www.personalizemedia.com/gar... et vous allez comprendre ce qu’est le véritable gazouillis…
Après l’évocation de tels chiffres, on a presque envie, non pas de gazouiller, mais de crier comme Jacque Dutronc "Et moi, et moi, et moi" !
Twitter, Facebook, blogosphère, Forums, Hubs, comment rester serein face à cette nouvelle surenchère du multicanal ?
Les réseaux sociaux et le web marketing vont finir par nous provoquer des sueurs froides, voire nous transformer en "Zombies" essayant désespérément de traiter toute l’information qui circule sur le web !
Pas de panique ceci étant dit, quelques chiffres viennent relativiser l’engouement pour Twitter : le temple du microblogging avec ses messages de 14O caractères maximum, ne séduit aujourd’hui que 2% des français et très peu de ces utilisateurs persévèrent après le 1er mois d’utilisation.
Force est de constater que la richesse et l’évolution du web sont un atout, mais aussi un investissement en temps : à chaque innovation, il faut se "logger" à un nouveau site, adopter un nouveau e-comportement, voire intégrer un nouveau langage.
Autre risque, et non des moindres, la frontière entre la vie privée et professionnelle s’atténue, ce qui brouille considérablement les pistes. Sur un compte Twitter, un avocat peut-il se permettre de faire des allusions à sa vie privée ? Le match de foot qu’il a regardé, le vin qu’il a dégusté lors de son dernier dîner, le dernier film qui l’a ému ? Sans compter qu’il faut protéger sa e-réputation !
Le débat est lancé : faut-il adopter systématiquement dans sa communication une stratégie multicanale ?
La prudence est conseillée. Chaque média a ses particularités, et bien souvent, qui trop embrasse, mal étreint… Même si les marketers sont toujours enthousiastes face à la nouveauté, il faut veiller à ne pas céder à une surenchère de la communication et rester vigilant sur le fond du contenu diffusé, avant le véhicule du message, au risque de finir par perdre le fil de sa communication et de ne plus avoir de stratégie.
Contrairement aux apparences et au poids de la tradition, certains avocats, early adopters, sont des "serial addict" des web technologies. Quelques uns d’entre eux se sont déjà appropriés le nouvel outil twitter, et affichent un palmarès de "suiveurs", absolument impressionnant, de quelques milliers d’abonnés ! Alors, question : faut-il les suivre ?
Faut-il aller gazouiller sur Twitter ?

Il faut reconnaître que Twitter accélère indéniablement un buzz. L’annonce de la mort de Michael Jackson en a été un exemple frappant. Mais encore faut-il, pour buzzer, avoir un contenu qui s’y prête, un évènement à annoncer, ainsi qu’un objectif : que peut apporter concrètement un buzz à un cabinet d’avocat ?
Pour les avocats, le contenu d’un buzz pourrait être un changement radical de jurisprudence, une nouvelle réglementation, mais encore faut-il pouvoir adresser ce buzz à la bonne cible. Les tweets ne permettent pas de cibler des individus, mais ciblent une communauté d’individus qui ont fait le choix de vous suivre. En se rendant sur l’accueil Twitter de certains avocats, on se rend compte que c’est avant tout un lieu d’échange et que les tweets permettent de mieux formaliser un esprit tribal et communautaire.
Autre constat étonnant pour la profession : le style utilisé par les avocats dans leurs tweets. Ils sont familiers et adoptent ainsi sans difficulté un nouveau référentiel linguistique. Dans tous les cas, Twitter est le prolongement d’un blog, tous les avocats présents sur Twitter sont avant tout des bloggers. Twitter leur permet davantage d’interactivité et de proximité. Il est important de noter que le "twittage" n’est pas fait pour les discours institutionnels. Il se veut spontané, court, jetable. Ainsi, cela ne peut pas servir de vitrine à un cabinet, c’est l’avocat en personne qui s’exprime, et ce, de façon plutôt familière.
En fait, si l’on y réfléchit bien, Twitter est presque l’opposé du monde du droit, qui ne supporte pas les formulations hâtives, approximatives et le langage parlé. Il faut savoir que sur Twitter, un lien daté d’une journée passe déjà pour dépassé !
En revanche, ce n’est pas parce que l’information est jetable sur Twitter, qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain… Twitter est un excellent complément au blog, il le rend plus interactif, plus visible et permet d’animer une communauté de contacts, ce qui pour un avocat, peut bien entendu avoir une utilité. Cependant, pour les clients d’un cabinet, le tweet est moins adapté, car ce dernier pourrait avoir le sentiment que l’information communiquée est jetable et que votre communication est moins exclusive. Par conséquent, Twitter ne peut pas remplacer une communication plus classique (communiqué de presse, newsletter, alertes…). C’est un outil complémentaire à utiliser davantage comme un vecteur de dialogue, que comme un média de pure information.
Facebook ou Twitter, mon cœur balance…

Les deux réseaux du moment, Twitter et Facebook, sont souvent présentés par la presse comme deux sites rivaux, à la course aux nouveaux membres. Pourtant, les deux réseaux n’ont pas du tout la même philosophie : l’un basé sur la technique du trombinoscope propose avant tout à l’internaute de rester proche de ses amis, alors que l’autre fondé sur le concept du microblogging, invite les bloggers à décupler leur visibilité sur le web. Un point commun les réunit néanmoins : l’idée de partager tout type d’information avec ses "friends" sur Facebook ou ses "followers" sur Twitter.
Facebook a davantage la connotation d’un réseau privé : on n’accepte que ses amis ; alors que Twitter a un public plus large, tout comme le sont les blogs, ce qui confère un caractère public ouvert à tous.
Seul bémol soulevé par certains psychologues, Facebook rendrait plus intelligent que Twitter… Les messages de Twitter sont succincts et en flux ininterrompu, ce qui n’exige pas un grand niveau d’attention.
A l’inverse, Facebook vous oblige à suivre les actualités par ami, et donc à faire le lien avec d’anciennes discussions ou groupes d’actualités. Ainsi, seule contre-indication que nous pourrions suggérer aux avocats : méfiez-vous de Twitter, cela pourrait amoindrir votre langage et votre façon de penser… Ceci dit, les SMS, les vidéos sur YouTube, et certains programmes télévisés sont aussi très négatifs pour le développement intellectuel !
Et d’un point de vue économique, Facebook est plus dangereux que Twitter : il ferait perdre d’après certaines estimations 1,5 milliards d’euros aux entreprises britanniques et 1,5¨% de productivité pour les entreprises américaines. Mais, a-t-on déjà mesuré l’impact du téléphone portable, du blackberry et des emails sur la productivité ?
Dans tous les cas, Avocats bloggers, continuez à être productifs sur le web, cela contribue indéniablement à la visibilité du droit. Vous pouvez d’ailleurs retrouver sur Wikio le classement des blogs juridiques les plus populaires sur cette plateforme (NDLR : un indicateur purement interne au site Wikio).
Parmi ce classement, un blog nous paraît particulièrement original : le Petit Musée des Marques, qui propose une vision décalée de la propriété industrielle.
Et en janvier, ne vous privez pas d’utiliser tous ces réseaux sociaux pour diffuser vos meilleurs vœux (d’ailleurs, n’hésitez pas à participer au jeu concours organisé par Lawinfrance pour les cartes de vœux : http://www.lawinfrance.com/articles... ).
Lors de la nouvelle année, tout est permis ! D’ailleurs, Facebook vient de mettre en place un nouvel outil statistique visant à mesurer l’état d’esprit et l’humeur de ses membres, en créant un indice sur les termes inscrits dans les statuts : faisons donc exploser le compteur en 2010…
PS : Appel aux avocats bloggeurs et gazouilleurs, n’hésitez pas à nous faire part de vos témoignages sur ces nouvelles formes de communication et sur ce que cela vous apporte, pour vous et votre activité, à l’adresse temoignagetwitter village-justice.com. Vos témoignages seront repris dans un prochain article et très instructifs !
Par Marjorie RAFECAS, notre spécialiste en marketing.

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