La communauté des métiers du Droit
Sur le Village aujourd'hui...
91.402 membres
7310 articles
113.471 messages sur les forums
1.024 prestataires
... et 638.000 visites le mois dernier.



NOUVEAUTES :

Déontologie de l'avocat



Réseaux sociaux en ligne Aspect juridiques et déontologiques.


Cours de droit civil - Obligations, régime
...Toutes les nouveautés...






  • lundi
  • 2
  • janvier
  • 2012

Les bienfaits de la dépénalisation des contraventions et des délits mineurs. Par Ghennai Ramdane, Avocat


612 lectures.

La législation répressive en Algérie a atteint un stade d’inflation démesurée. Rares sont les textes de loi en vigueur qui ne contiennent pas de dispositions pénales, au point que les pénalistes chevronnés ne s’y retrouvent pas. Les raisons de cette expansion sont diverses et multiples, parmi lesquelles l’idée incontestablement profonde dans la pensée juridique que la loi ne peut être que de caractère coercitif, condition sine qua non pour garantir le respect des dispositions légales. Une loi sans sanction est une contradiction in se, un feu qui ne brûle pas, une lumière qui n’éclaire pas, dit-on.

Lisez moi avec webReader

Version imprimable

Tip A Friend  Envoyer par email

Partagez cet article sur ...



Dans la même rubrique :

fleche Retour des panneaux annonçant les radars automatiques. Par Jean-Baptiste Iosca, Avocat.

fleche L’ « escroquerie au président » : faux dirigeants et véritables escroqueries ! Par Claudia Weber, Avocat et Arthur Duchesne, Eleve-Avocat.

>> Tous les articles de cette rubrique

>> Commenter cet article

L’expérience socialiste post indépendance avait poussé le jeune État algérien à développer un corpus répressif important pour sauvegarder les acquis de la révolution socialiste. Par l’effet conjugué de tous les facteurs s’y rattachant, la masse des textes répressifs en vigueur a atteint, un stade d’inflation pour le moins incompatible avec l’ouverture politique et économique projetée depuis la révision constitutionnelle de 1989. Le libéralisme économique escompté s’oppose incontestablement à l’intervention directe de l’État dans la sphère économique et à la répression découlant de l’adoption de politique économique fondée beaucoup plus sur les interdictions que sur le laisser faire.

Dès le début des années 90, plusieurs approches ont été appréhendées en vue de permettre le désengagement de l’État de la sphère économique et tout particulièrement de la gestion des entreprises publiques économiques véritables fierté nationale relevant de l’économie dirigée. À cet effet, de nouvelles autorités administratives dites indépendantes ont vu le jour pour se substituer à l’État défaillant dans la régulation des activités économico-financières. Ces autorités sont dotées du pouvoir de réprimer les infractions économiques incriminées par leurs textes constitutifs. Le passage de la répression pénale à une répression de régulation exercée par des autorités administratives est un passage obligé vers une société ou la justice pénale n’intervient que pour réprimer les actes représentant un péril d’une certaine gravité. Pour arriver à cet objectif, il faut dépénaliser les infractions contraventionnelles ainsi que les délits mineurs. Beaucoup de pays ont procédé à des réformes législatives tendant à soustraire au juge pénal la condamnation de ce genre d’infractions en octroyant ce pouvoir aux autorités administratives. L’édification d’un droit administratif pénal est devenue en droit comparé un choix incontournable en raison des bienfaits engendrés par ce type de dépénalisation.

En Algérie, l’idée de dépénaliser lesdites infractions est en état de gestation. Il faut rappeler que la conférence nationale sur la réforme de la justice avait recommandé de rendre la transaction obligatoire en matière de contravention et de délit mineur et de soumettre les poursuites judiciaires en ces matières à un dépôt de plainte préalable et que son retrait entrainera l’arrêt des poursuites. Mieux encore, ladite conférence a suggéré l’introduction du principe selon lequel l’acceptation ou le renoncement de la victime à la réparation des préjudices subis mets fin à l’action pénale. En réalité, ces recommandations ne proposaient pas la soustraction au juge pénal du pouvoir de sanctionner lesdites infractions, elles présentaient des solutions jugées nécessaires pour alléger le lourd fardeau qu’est devenu malheureusement le propre des juridictions pénales, asphyxiées sous le volume des affaires traitées.

De son côté, le ministre de la justice reconnait l’improductivité des sanctions pénales applicables aux contraventions et aux délits mineurs devenues selon lui inopérantes pour la rééducation des contrevenants condamnés. Les peines privatives de liberté de courte durée, précise le garde des sceaux, sont infructueuses, raison pour laquelle il suggère la recherche de modes alternatifs à l’action pénale. En réalité, il existe déjà des exemples de ces modes à l’instar de la conciliation en matière douanière et de change. Le code de procédure pénale prévoyait déjà lors de sa promulgation une amende de conciliation qui est resté malheureusement ineffective à ce jour. Le projet de loi relative à la médiation en matière pénale ne va pas déboucher, tout comme les autres modes alternatifs, sur une quelconque dépénalisation des contraventions et des délits mineurs puisque le juge pénal n’est en aucun cas dessaisi de sa compétence de juger ces infractions.

La dépénalisation des contraventions et des délits mineurs engendre beaucoup d’effets positifs tel que la décriminalisation, la déjudiciarisation, la dépersonnalisation et tant d’autres. Sous l’effet de la globalisation, l’uniformisation des systèmes juridiques est devenu un passage obligé pour tous les États en voie de développement.

RECOMMANDEZ-VOUS CET ARTICLE ?
Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L'avez-vous apprécié ?
1 vote

Répondre à cet article

facebook
Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et salariés, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, fiscalistes, RH, experts et conseils etc
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS général du Village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...
Legiteam

CVs
Alban, Avocat Collaborateur Junior - Droit social, est sur la cvthèque du Village de la justice.
Emploi
Focus sur les certificats de compétences (1ère partie).
Dessins
Votez pour le concours "Dessins de Justice" 2013 du Village de la justice (3e édition) !
Revenus
Participez à la 6e Enquête Métiers du Droit du Village de la justice !
Quotidien
La Lettre Recommandée En Ligne, une évolution dont il ne faut pas se priver. Comparatif.
LegalShop...
Sur LegalShop.fr, diminuez le montant de vos achats...
Métier
Chronique des risques psychosociaux chez les avocats et juristes (5).