Aujourd'hui sur le village... 41119 membres, 2698 articles, 4509 sites sur l'annuaire, 113815 messages sur les forums, 1346 prestataires...

VILLAGE DE LA JUSTICE
www.village-justice.com

Le site leader de la communauté des professions du droit :
Emploi, Actualités, Forums et échanges, Annuaires, Gestion professionnelle...


Adresse de cette page :


Version imprimable

Dans la même rubrique :



A voir aussi sur le village :
- Les annonces d'emploi
- Les forums d'entraide et de discussion



Les articles les mieux notés en ce moment :
1
Nouveau texte sur les contrats de partenariat, adopté, en sursis, par l’ONB, Notaires
2
La publicité des marchés publics, par Aloys Sarlandie de la Robertie, Doctorant en droit.
3
Le projet de loi pénitentiaire en partie dévoilé
4
Le licenciement pour une cause tirée de sa vie personnelle, par Michel Ribas
5
L’huissier de justice, présentation, par A.Venturi
6
Vade mecum de la rupture conventionnelle du CDI, par Gilles Noël, Avocat
7
Derrière l’inaptitude se cachait un harcèlement
8
Droit des sociétés : "La nouvelle SARL", par Servane Billot
9
La rupture conventionnelle du CDI - Loi n° 2008-596 du 25 juin 2008, par Servane Billot
10
La rupture du contrat de travail par consentement mutuel, par Alina Paragyios, Avocate
Publication : 23 septembre 2008

Le contrat nouvelle embauche épilogue : les indemnités à réclamer en cas de litiges en cours, par Clélie de Lesquen-Jonas, Avocat

2401 lectures
Donnez une note à cet article :
(note pondérée en fonction du nombre de votes : 3.56 - 7 votes)

Le contrat « nouvelle embauche », appelé CNE et institué par l’ordonnance n° 2005-893 du 2 août 2005, permettait à un employeur de rompre un contrat de travail par lettre recommandée non motivée pendant une période de « consolidation » de 2 ans et sans avoir non plus à procéder à un entretien préalable.

Le CNE était ainsi un contrat à durée indéterminée dont le régime du licenciement était simplifié pendant deux ans puisqu’il n’était plus nécessaire pour l’employeur de justifier d’une cause réelle et sérieuse.

Par ailleurs, lors de la rupture du contrat « nouvelle embauche » le salarié avait droit à une indemnité de 8% du montant total de la rémunération perçue.

Le CNE a connu un parcours semé d’embûches puisque son régime a été condamné par la jurisprudence comme étant contraire à la convention n°158 de l’Organisation internationale du travail, qui est d’application directe en droit interne et qui exige notamment un « motif valable » de licenciement.

Cette jurisprudence qui procédait à la requalification des CNE en CDI de droit commun et qui a été, au demeurant, déjà longuement commentée sur ce site, avait devancé le législateur, lequel a finalement abrogé le CNE par l’article 9 de la loi n°2005-596 du 25 juin 2008.

Désormais, tous les contrats « nouvelles embauche », en cours depuis la publication de la loi, sont automatiquement requalifiés en CDI de droit commun par l’effet de la loi sans qu’il soit nécessaire que le salarié en fasse la demande.

Mais, même si le CNE est bien mort et enterré, il existe des litiges en cours relatifs aux contrats « nouvelle embauche » rompus avant la publication de la loi du 25 juin 2008.

Or, si la jurisprudence antérieure à la loi n°2005-596 du 25 juin 2008 appliquait aux ruptures des CNE les règles de licenciement applicable aux CDI de droit commun, certaines questions relatives aux indemnités restaient en suspens.

L’arrêt rendu le 1er juillet 2008 par la chambre sociale de la Cour de Cassation permet de résoudre la question des indemnités soulevée à l’occasion de la rupture d’un CNE survenue avant l’entrée en vigueur de la loi du 25 juin 2008.

En l’espèce, à la suite d’un CDD d’une durée de six mois, un salarié avait conclu un CNE pour le même emploi. Quelques mois après l’employeur a, sans motivation, rompu le contrat « nouvelle embauche ».

La Cour de Cassation a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel de Paris rendu le 6 juillet 2007 qui avait requalifié le contrat « nouvelle embauche » en contrat à durée indéterminée de droit commun et a, par ailleurs, fait application du régime des indemnités de rupture d’un CDI de droit commun en accordant à la salariée des dommages et intérêts pour rupture abusive ainsi que pour non respect de la procédure de licenciement. L’indemnité spéciale de 8% prévue en cas de rupture d’un CNE a donc été de facto écartée.

En outre, une autre question a été posée à la Cour de Cassation : la signature d’un CNE à l’issue d’un CDD permet-il d’exclure l’application de la prime de précarité ?

En effet, une prime de précarité, correspondant à 10% de la rémunération brute versée au salarié et prévue par l’article L 1243-8 du Code du travail (ancien article L 122-3-4) est due par l’employeur lorsqu’aucun CDI n’est proposé à l’issue d’un CDD.

Or, bien que le CNE soit un contrat par nature indéterminée, la Cour de Cassation a considéré que la signature d’un tel contrat à l’issue d’un CDD ne pouvait dispenser l’employeur de verser la prime de précarité.

La Cour de Cassation s’est fondé sur la distinction des règles de licenciement existant entre un CDI de droit commun et la facilité de licenciement octroyée à l’employeur pendant deux ans pour les contrats « nouvelle embauche » en affirmant que :

« le contrat à durée indéterminée, ayant pour finalité d’inciter à la stabilisation de l’emploi est sans application lorsqu’à la fin du contrat à durée déterminée le salarié se voit proposer un contrat excluant pendant deux premières années de sa conclusion l’application des règles relatives au droit commun du licenciement. »

La décision de la Cour de Cassation s’est fait l’écho de la rue : « CNE=précarité ».

Maître Clélie de Lesquen-Jonas

[Email]

www.lesquen-avocat.com


Les rubriques du Blog du Village :

Vous aussi écrivez ici :

Soyez lu sur le village (400.000 visiteurs/mois, 36.000 abonnés à la lettre email) et visible sur Google en une heure !

Cliquez ici pour publier votre article



AVOCAT EN FRANCE ?

Bénéficiez d'une équivalence de 3H de votre formation obligatoire en publiant ici !
Plus d'infos ici.

Remarques :
- La rédaction du village vérifie chaque article avant publication pour vérifier qu'il est suffisamment bien écrit (pas de fautes, compréhensible, etc) pour être publié, et en accord avec la thématique du site, mais ne s'engage pas à contrôler le fond de la contribution.
- Le village de la justice décline toute responsabilité sur le contenu de l'article; les opinions et avis des auteurs n'engageant pas le village de la justice, et ne constituant en aucun cas des consultations juridiques.
- Les droits d'auteurs restent en la possession des auteurs, qui n'accordent au Village qu'un droit de publication sur ce site.


Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et de cabinets, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, experts et conseils
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS 2.0 du village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...