La communauté des métiers du Droit
Sur le Village aujourd'hui...
72.586 membres
5802 articles
4.874 sites
109.190 messages sur les forums
954 prestataires...



NOUVEAUTES :

Guide du procès civil en appel Toutes les informations nécessaires à l'avocat pour constituer appel.


Sommaire de la semaine
Commander ce n°
Abonnez vous





Droit de la question prioritaire de constitutionnalité : Cadre juridique, pratiques jurisprudentielles.


200 questions de compréhension et expression écrite en anglais
...Toutes les nouveautés...


  • vendredi
  • 19
  • janvier
  • 2007

L’indemnisation des salariés victimes de l’amiante à raison de la faute inexcusable de l’employeur, par Eric Rocheblave, Avocat


2173 lectures. Donnez une note à cet article : Le conseilleriez-vous ?

1 vote

En vertu du contrat de travail le liant à son salarié, l’employeur est tenu envers celui-ci d’une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles contractées par ce salarié du fait des produits fabriqués ou utilisés par l’entreprise.

Lisez moi avec webReader

Version imprimable

Tip A Friend  Envoyer par email

Partagez cet article sur ...



Dans la même rubrique :

fleche Réforme de la tarification des accidents du travail en 2012 : le point sur les modifications apportées

fleche Stagiaire et accident du travail. Par Francois Danger

>> Tous les articles de cette rubrique

Le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable au sens de l’article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale, lorsque l’employeur avait ou aurait du avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

En l’espèce, un salarié a été amené à manipuler en permanences des tresses et des joints en amiante pour isoler les tuyauteries et les colonnes de distillation, que ces joints étaient découpés dans des plaques d’amiante, que le meulage pour ajuster les joints était une opération courante et que l’utilisation continue de meules et tronçonneuses pneumatiques favorisait le maintien en suspension des poussières.

L’employeur avait ou aurait du avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié car la première loi réglementant l’évacuation des poussières d’amiante date de 1893 et les premières publications scientifiques remontent à 1906 avec le rapport du professeur AURIBAULT.

Par ailleurs, le tableau n° 30 des maladies professionnelles prévoyait déjà dans sa rédaction de 1951 les travaux calorifugeage au moyen d’amiante comme travaux exposant à l’inhalation de poussières d’amiante.

A ce titre, l’employeur ne s’est pas expliqué sur les modalités d’application dans son entreprise du Décret du 17 août 1977 relatif aux mesures particulières d’hygiène applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l’action des poussières d’amiante, lequel faisait suite au décret du 5 janvier 1976 incluant dans le tableau 30 les travaux sur des produits contenant de l’amiante.

L’employeur n’a pas pris les mesures nécessaires pour préserver le salarié du danger auquel il était exposé.

Il est à déplorer notamment l’absence de captage par aspiration des émissions de poussières à la source et/ou d’utilisation de masques individuels, ainsi que la carence totale de l’entreprise en matière d’information du personnel sur les risques encourus.

C’est ainsi que les locaux étaient ventilés sans filtration par brassage d’air et que leur nettoyage se faisait manuellement au balai pour le sol.

Il en résulte que l’entreprise ne respectait pas les prescriptions de sécurité prévenant l’inhalation des poussières, quelles qu’en soient la nature et l’origine.

C’est donc a juste titre que les juges ont retenus la faute inexcusable de l’employeur, quand bien même l’entreprise n’utilisait pas l’amiante comme matière première, dès lors qu’elle ne pouvait ignorer les dangers liés à l’inhalation des poussières d’amiante et qu’elle n’a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver ses salariés.

Ainsi, les juges ont prononcé la majoration maximale de la rente allouée au conjoint survivant, dans la limite du salaire annuel du défunt.

Et compte tenu de la durée de la maladie avant le décès, des souffrances liées à ce type de cancer et des liens familiaux existants entre les parties, les Juges ont évalué et fixé les préjudices à :

- 20.000 Euros le préjudice propre du défunt, dans le cadre de l’action successorale
- 35.000 Euros de préjudice moral de la veuve
- 12.000 Euros le préjudice moral de chacun des enfants majeurs
- 8.000 Euros le préjudice moral du petit fils

CA Nîmes 11 mai 2006 Numéro JurisData 2006-310171

Éric ROCHEBLAVE

Avocat Spécialiste en Droit Social au Barreau de Montpellier

http://www.rocheblave.com

facebook
facebook
Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et salariés, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, fiscalistes, RH, experts et conseils etc
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS général du Village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...
Legiteam

CV
Sophie, Assistante juridique bilingue, est sur la cvthèque du Village de la justice.
Placements
Transmettre en franchise d'impôt grâce à l'assurance-vie
Management des avocats
Faire face à la crise et rebondir ! Retours du Congrès Eurojuris 2012.
Bureautique
L'Offre spéciale Fnac Pro sur le Village de la justice...
Technologies
LawTech Futures 2012 - Le futur de la technologie juridique et de l'organisation des métiers du droit est peut-être là ?
Emploi
Statistiques sur l'emploi dans les métiers du droit