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Le monde entier se réjouit de la victoire de Barack Obama en ce compris la France et son président Nicolas Sarkozy. Cependant, plus que des félicitations cette victoire devrait inciter les français et leur président à tirer les leçons de cette élection notamment en matière institutionnelle.
La première est que la victoire de Barack Obama a eu lieu dans un pays où les institutions, a commencer par la Constitution, sont stables et non sujet à des modifications incessantes. En France, à l’inverse, on n’a de cesse que de modifier constamment les institutions et à revenir en arrière quand on se trouve dans une impasse.
Ainsi, Nicolas Sarkozy vient à peine de faire adopter sa modification de la Constitution qu’il a confié à Edouard Balladur la mission de préparer la fusion entre les Conseils Généraux et les Conseils Régionaux, autrement dit de préparer la prochaine réforme et de revenir sur une politique – la décentralisation – débutée il y a à peine 26 ans.
La seconde est que la victoire d’Obama est la preuve que l’avenir politique passe par une fréquence accrue des scrutins et non l’inverse. En effet, la particularité du système américain est qu’il existe une élection majeure tous les deux ans puisque la Chambre des Représentants est renouvelée tous les deux ans. Cela explique pourquoi nombre d’électeurs peuvent ne pas hésiter à voter pour quelqu’un de « différent » (noir, femme, gay...) puisqu’ils savent que s’il ne convient pas ils pourront, deux ans plus tard, le mettre en cohabitation avec la Chambre des Représentants.
A l’inverse, les dernières modifications de la Constitution française n’ont eu comme seule objectif que d’éviter que ce mécanisme devienne celui des institutions françaises. En effet, obsédé par le culte du chef et des pleins pouvoirs, les « cohabitations » ont été jugé, tant par la droite que par la gauche, néfaste pour notre pays.
C’est pourquoi , aujourd’hui, grâce à la réduction du mandat présidentiel à cinq ans et la concomitance institutionnelle de l’élection présidentielle et de l’élection législative, le parti politique vainqueur des élections est assuré des pleins pouvoirs pendant cinq ans et ce au mépris de l’évolution de la volonté de la majorité des citoyens et donc au mépris de la démocratie et du principe de la séparation effective des pouvoirs législatif et exécutif.
La victoire de Barack Obama démontre ainsi que par ses dernières réformes institutionnelles la France a tourné le dos à l’avenir démocratique pour retomber dans ses vieux démons du culte du chef suprême et des pleins pouvoirs empêchant toute évolution démocratique et aboutissant, le plus souvent, à une crise majeure voire une « révolution » obligatoirement violente et traumatisante pour le pays.
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