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L’accord dit de « modernisation du contrat de travail » que s’apprêtent à signer les organisations syndicales n’est en fait qu’une machine destinée à brider les salaires tout en faisant croire aux titulaires de contrat à durée indéterminée qu’ils sont à l’abri de toute mauvaise surprise.
En effet, en contrepartie de l’allongement de la période d’essai, de la création d’un nouveau type de contrat de travail dit de « missions » et de la mise en place de la résiliation conventionnelle du contrat de travail, les syndicats et le patronat ont décidé de doubler l’indemnité de licenciement.
Ainsi, en cas de licenciement ou de rupture « amiable » du contrat de travail, le salarié aura droit à une indemnité de licenciement égale à 1/5ème de salaire mensuel par année d’ancienneté au lieu d’1/10ème jusqu’à ce jour. Ainsi présenté, les titulaires d’un contrat à durée indéterminée apparaissent comme les privilégiés, les nantis d’un système destiné à favoriser la production et l’économie.
En réalité, l’indemnité de départ étant calculée en proportion du salaire, cette opération va dissuader les entreprises d’augmenter les salaires voire d’accorder des primes. En effet, le salaire servant de base de calcul à l’indemnité de licenciement est la moyenne des 12 mois de salaire perçus chaque année et comprend les primes accordées. Aussi, on comprendra que tout chef d’entreprise qui sait qu’il risque de devoir faire face à des licenciements ou des départs ne pourra se permettre d’augmenter les salaires sous peine de rendre onéreux tout ajustement de personnel.
Ainsi, à l’instar des 35 heures les partenaires sociaux sont sur le point de mettre en place un système défavorable à toute augmentation de salaire et donc de pouvoir d’achat. Il s’agit donc bien de la mise en place d’un contrat de travail « bling-bling » dont la richesse apparente ne pourra masquer longtemps la paupérisation à venir de l’ensemble des salariés du privé.
Jean-Louis Gabriel
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