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La prestation compensatoire et le divorce par consentement mutuel. Juliette Daudé, Avocat


22704 lectures.

Pourquoi choisir la procédure de divorce par consentement mutuel lorsqu’il est question d’une prestation compensatoire ?

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>> 5 commentaires

La prestation compensatoire intrigue souvent, provoque parfois l’incompréhension et la colère, et ne laisse jamais indifférent.

Il s’agit en effet d’une somme d’argent qui peut être versée alors même que celui qui la perçoit a commis une faute à l’égard de son époux.

Le code civil a prévu le versement d’une telle prestation pour compenser les disparités entre les situations financières des époux, lorsque ces disparités sont liées à des choix communs faits pendant le mariage (et non pour niveler les fortunes des époux qui divorcent).

Elle est ainsi fondée sur des critères tels que le nombre d’années de mariage, l’âge et l’état de santé des époux, leurs situations professionnelles, les conséquences des choix professionnels faits pendant la vie commune pour l’éducation des enfants et du temps qu’il faudra encore y consacrer, ou encore pour favoriser la carrière de son conjoint au détriment de la sienne, et aussi la situation prévisible au regard de la retraite (article 271 du code civil).

- L’avantage de trouver un accord relatif à la prestation compensatoire

Lorsqu’il apparait, dans le cadre des discussions antérieures à toute procédure de divorce, que le principe d’une prestation compensatoire est peu discutable, il est préférable de s’orienter vers une procédure amiable et de trouver un terrain d’entente.

En effet, il faut avoir à l’esprit qu’il vaut mieux parvenir à une solution qui satisfasse globalement les deux parties, plutôt que de se lancer dans une bataille judiciaire longue, coûteuse et douloureuse, qui aboutira à une solution imposée ne satisfaisant personne.

Toutefois, si les époux s’accordent sur le principe du versement d’une telle prestation, encore doivent-ils aussi s’accorder sur son montant et ses modalités.

Or, la procédure de divorce par consentement mutuel laisse une liberté appréciable aux époux dans le choix de ces modalités. La seule limite posée en la matière par le Code civil est le respect de l’équité dans la fixation des droits des époux (article 278 du code civil).

Les époux peuvent donc, par ce biais, trouver un mécanisme qui leur convient pleinement.

- Les différentes possibilités de versement d’une prestation compensatoire

La prestation compensatoire peut être versée sous différentes formes, ce qui laisse une certaine liberté aux époux pour en prévoir les modalités.

o Un capital dans l’année qui suit le divorce (article 274 1° du code civil)

La solution la plus classique est celle du versement d’un capital, c’est à dire d’une somme d’argent, dans l’année qui suit le divorce. Dans cette hypothèse, le bénéficiaire de la prestation ne sera pas imposable sur cette somme et le débiteur bénéficiera d’une réduction fiscale de 25 %.

o Un versement échelonné (article 275 du code civil)

Il est possible de prévoir un versement échelonné, par trimestre, ou par mois, de la prestation compensatoire. Ainsi, la convention de divorce doit chiffrer la prestation en tant que capital et prévoir ces échelonnements (par exemple une prestation d’un montant de 50.000 euros qui sera versée pendant 8 ans à hauteur de 521 euros par mois). Cet échelonnement ne peut être prévu que pour une durée de huit ans. Dans cette hypothèse, le créancier devra déclarer ces sommes qui seront imposables comme une pension alimentaire, et le débiteur bénéficiera d’une déduction fiscale.

o Une rente viagère ou limitée dans le temps (articles 276 et 278 du code civil)

A titre exceptionnel, si l’âge ou l’état de santé du créancier ne lui permettent pas de subvenir à ses besoins, la prestation compensatoire peut prendre la forme d’une rente viagère. Elle sera alors indexée comme une pension alimentaire (article 276-1 du code civil).

Par exception, le code civil permet, exclusivement dans le cadre de la procédure de divorce par consentement mutuel, la possibilité de prévoir une rente, non viagère, limitée dans le temps (qui n’est pas l’échelonnement d’un capital). Elle peut être limitée par une durée précise (par exemple pour dix ans) ou par un terme déterminé, tel que le remariage du créancier ou le départ en retraite du débiteur. Il n’est en revanche pas possible de prévoir une rente limitée par un terme indéterminé ou encore par une condition suspensive.

o Un droit de propriété, d’usage ou d’habitation chiffré (article 274 2° du code civil)

Il est aussi possible de prévoir une solution plus originale, qui est souvent utile lorsque le créancier dispose d’un patrimoine immobilier important, justifiant la disparité des situations financières, mais ne dispose pas de revenus conséquents. Ainsi, la prestation compensatoire peut prendre la forme de :

• l’attribution en pleine propriété d’un bien à un époux, • un droit temporaire ou viager d’usage et d’habitation sur un bien (peut être limité dans le temps) • l’usufruit d’un bien (peut être limité dans le temps)

Pour chacune de ces possibilités, la prestation compensatoire devra être chiffrée.

o Un panachage

La convention de divorce peut prévoir un panachage de ces différentes solutions. Ainsi, il est possible de prévoir que la prestation compensatoire prenne la forme suivante : • une partie du capital allouée dans l’année qui suit le divorce, alors qu’une autre partie sera échelonnée pendant huit ans, • un capital versé dans l’année qui suit le divorce, et une rente viagère ou limitée dans le temps (ce qui n’est pas possible dans une procédure autre qu’un divorce par consentement mutuel), • l’attribution d’un bien en nature et le versement d’un capital par échéances mensuelles pendant huit années…

- Les possibilités de révision de la prestation compensatoire fixée dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel

Si le code civil accorde plus de souplesse à la révision de la prestation compensatoire prévue par une convention de divorce par consentement mutuel, il reste néanmoins ferme sur un principe : dès lors que la convention ne prévoit pas de prestation compensatoire, il n’est pas possible de solliciter la fixation d’une telle prestation une fois la convention homologuée devenue jugement de divorce.

L’avantage de convenir d’une prestation compensatoire dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel est que les époux peuvent prévoir une clause de révision (article 279 alinéa 3 du code civil).

Cette clause précise que chacun d’eux pourra demander au juge de réviser le montant de la prestation compensatoire en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’une ou l’autre des parties.

En l’absence de clause de révision, il est possible de saisir le Juge aux Affaires Familiales dans les cas suivants (article 279 alinéa 3 du code civil) :

- lorsque la prestation compensatoire prend la forme d’une rente viagère ou temporaire, celle-ci sera révisable en cas de changement important dans la situation de l’une des parties, - lorsque la prestation compensatoire prend la forme d’un capital à versement échelonné, seul le débiteur, dans l’hypothèse d’un changement important de sa situation, pourra saisir le Juge pour réviser le montant de la prestation compensatoire.

Il apparaît donc qu’opter pour une procédure de divorce par consentement mutuel lorsque le versement d’une prestation compensatoire est peu discutable est avantageux.

Cette procédure amiable laisse en effet une plus grande liberté en terme de choix des modalités de versement et en terme de révision de la convention initiale.

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5 Messages de forum

  • En réponse à... La prestation compensatoire et le divorce par consentement mutuel. Juliette Daudé, Avocat 31 janvier 22:20, par zabeu

    Moi je veux bien tout cela, mais concrètement, mon mari vient de me quitter pour une autre, J’ai 48 ans. Compte tenu que nous vivions ensemble depuis 23 ans, avons 3 enfants dont l’ainé à 20 ans et la dernière 6 ans, mais ne sommes mariés que depuis 2004, soit depuis 8 ans. Considérant que j’ai arrêté de travailler pendant plus de 12 ans pour élever nos 2 premiers enfants, dans un choix commun. Je me retrouve aujourd’hui ayant repris une activité professionnelle au bas de l’échelle il y a 5 ans, salaire juste plus élevé (1200 net) que le smic et qui plus est contractuelle dans une adm. Je me retrouve donc aujourd’hui sur le carreau avec une prestation compensatoire payée seulement pendant 8 ans ? Et une pension pour moi afin de ne pas trop perdre la qualité de vie que nous avions ? Et ma retraite alors ? Il y a vraiment quelque chose qui m’échappe, pourquoi le conjoint partant n’est il pas tenu de maintenir au conjoint restant (abandonné) le même train de vie que le sien, retraite comprise, ou jusqu’au cas d’un remariage de celle ci si il y a remariage ??
    Au bout du compte, on s’installe, on fait des enfants, on décide ensemble que la maman s’arrête de travailler pour les élever, on se mari au bout de 15 ans pour finaliser la famille, et quelques années après, le mari s’en va pour une autre et le fait de n’avoir été marié que 8 ans ne jouera pas en ma faveur. Il aurait fallu se marier il y a 22 ans, là cela aurait été plus avantageux. Dommage que l’on ne pense pas à tout ça avant !

    Répondre à ce message

  • En réponse à... La prestation compensatoire et le divorce par consentement mutuel. Juliette Daudé, Avocat 28 janvier 23:16, par Serge CONTARD

    Le point important que vous n’abordez pas bien dans votre article est celui du principe de "la compensation de disparité née du divorce", notion sur laquelle repose la prestation compensatoire. Concept créé en 1975, merci VGE, et jamais mis en cause 38 ans après. En 1975, pas de RSA, un RMI embryonnaire, pas d’APL, pas de CMU. Peut être fallait il aider les divorcés(eès) en 1975 mais en est il de même en 2013 ? On peut en discuter. Certains veulent un mariage pour tous, il faudrait aussi discuter un divorce pour tous pour pouvoir se quitter sans un boulet à trainer, un capital à verser immédiatement ou en 96 mois, et pire une rente viagère dont les montants sont disproportionnées par rapport au régime créé depuis 2000. Car la prestation compensatoire créé un jack pot, un effet d’aubaine pour les ex et une double peine pour les autres, hommes à 99%. Je te quitte, sans motif, assurée de pouvoir percevoir une bonne PC... Pacsez vous, vivez en union libre mais ne vous mariez pas !!!

    Serge CONTARD
    Président Collectif Divorces & Prestation Compensatoire

    Répondre à ce message

    • Le point important que vous n’abordez pas bien dans votre article est celui du principe de "la compensation de disparité née du divorce", notion sur laquelle repose la prestation compensatoire. Concept créé en 1975, merci VGE, et jamais mis en cause 38 ans après. En 1975, pas de RSA, un RMI embryonnaire, pas d’APL, pas de CMU. Peut être fallait il aider les divorcés(eès) en 1975 mais en est il de même en 2013 ? On peut en discuter. Certains veulent un mariage pour tous, il faudrait aussi discuter un divorce pour tous pour pouvoir se quitter sans un boulet à trainer, un capital à verser immédiatement ou en 96 mois, et pire une rente viagère dont les montants sont disproportionnées par rapport au régime créé depuis 2000. Car la prestation compensatoire créé un jack pot, un effet d’aubaine pour les ex et une double peine pour les autres, hommes à 99%. Je te quitte, sans motif, assurée de pouvoir percevoir une bonne PC... Pacsez vous, vivez en union libre mais ne vous mariez pas !!!

      Serge CONTARD
      Président Collectif Divorces & Prestation Compensatoire

      Entièrement d’accord avec le récit de M CONTARD .

      je suis dans cette situation, mon épouse a pris son appartement depuis 5 mois, la maison partage a 50/50 ou je paie le crédit depuis se temps la ainsi de m’occuper mon fils de 15 ans qu’elle ne prend pratiquement jamais pas grave je m’entend bien avec lui.

      Partage de la vente a 50/50 je lui demande pas la part de se qu’elle me doit depuis son départ et lui propose 100e pension alimentaire.

      Madame veut plus que je lui verse une pension compensatoire pendant 15 ans sachant que nos revenus diffère de 300e et qu’elle va toucher toute les aides prévu par l’état a la fin elle touchera plus que moi je trouve ça pas normal.
      Je voulais un consentement mutuel et que les choses soit vite réglée mais elle est trop gourmande.

      Répondre à ce message

    • Merci Mr .Contard
      Votre récit m’encourage à exposer ma situation :En divorce depuis plus de 6 ans ;Après 38 ans de mariage,nous étions d’accord pour divorcer,sous des prétextes futiles et sans motifs sérieux .La non conciliation,par manque de jugement équitable ,m’a mis sur la paille ne moins de 20 jours et,à la veille d’être retraité pour 1000E par moi.J’ai du engager toutes sortes de procédures pour faire baisser la prestation compensatoire,qui est de 96000EUn divorce sans tenir compte des conséquences financières.Ma femme a u 6 mois pour trouver un appartement,RMI-APL.Il ni a u aucun litige pour le partage des biens.Après la vente de la maison nous avons partagé 76000E Malgré mon faible niveau de retraite je suis saisie depuis 4 ans de:300Epar moi.Le jugement pour divorce a enfin été prononcé ne mai 2010,et a reconnu qu’il ni avait pas de fautes graves mais,plutôt que de prononcer le divorce , nous avons été
      débouté. !
      J’ai engager a mon tour une procédure pour séparation depuis plus de 2 ans.Une audience devant le substitut,n’a pu aboutir car l’avocate de ma femme veu que je continue a payer .J’ai du fournir une attestation de voisinage qui dit que je n’ai pas de femme chez moi.Maintenant mon avocate m’informe de multiples séances de mise en état et,j’ attend .La justice c’est quand ??? .

      Répondre à ce message

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