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  • Juillet 2015
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Témoignages sur l’installation des avocats (2nde partie).

Vous souhaitez vous installer à votre compte, mais vous vous posez des questions sur les coûts à prévoir, sur les démarches à réaliser pour réussir votre installation ?
Après avoir fait le tour de "ce qu’il faut absolument savoir" dans la première partie de ce dossier, Le Village de la Justice a recueilli pour vous des témoignages d’avocats s’exprimant sur leur installation.


Voici les témoignages de trois membres actifs du Village de la justice, qui ont accepté de présenter leur retour d’expérience. Merci à eux !

Interview de Benjamin Brame, récemment installé.

Benjamin Brame.
Profil Membre du Village ici

Avocat inscrit au barreau de Paris, Benjamin Brame est spécialisé en Droit des contentieux publics et Droit des étrangers. Il est un membre actif du Village de la Justice.

Benjamin Brame, avez-vous préparé un business plan pour votre installation ?
"Non, réellement je n’ai préparé aucun business plan."

Pouvez-vous nous donner une fourchette de prix concernant les locaux de votre cabinet ?
"Je suis en location et cela représente 980 euros pour un bureau de 20 m2, mais je peux me servir des parties communes et le cabinet fait 300 m2."

Quelles sont les charges relatives à la retraite et maladie ?
"Cela représente 3000 euros par an."

Quelles sont les cotisations pour l’Ordre et le CNB ?
"Il faut compter 800 euros d’inscription, puis 400 euros par an."

Quels sont les moyens logistiques indispensables à posséder lors de son installation et leur coût ( équipement mobilier, numérique, conception de site Internet...) ?
"Mobilier : pour moi environ 1000 euros (car j’ai fait de la "récup." pour 90% du bureau)
Numérique : 1000 euros
Conception site internet : 1000 euros."

Est-il indispensable de recourir à un expert-comptable ? Quel en est le coût ?
"Je considère en effet l’expert comptable indispensable. Le coût : 800 euros par an."

Quel est le coût pour accéder à une base juridique par mois ? Peut-on s’en passer ?
"Je m’en passe sans problème... Aujourd’hui, on peut tout trouver gratuitement et si on a des réseaux... le système d’entraide permet d’avoir des jurisprudences d’autres confrères."

Quel coût représente l’achat des livres juridiques (Codes et autres) ?
"Personnellement 0 euro... tout est sur le net (legifrance etc...)."

Concernant la communication, quel budget y consacrez-vous (être référencé sur un site, achat de mot clés sur google, etc.) ?
"Pour moi seulement 300 euros par an (hébergement)."

***

Interview de Vincent Luchez, récemment installé.

Avocat spécialisé en Droit public et dans le domaine de la sécurité intérieure, Vincent Luchez est inscrit au Barreau de Paris. Il est un membre actif du Village de la Justice.

Vincent Luchez, quelles ont été les étapes de la mise en place de votre projet d’installation ?
"L’envie de m’installer est née deux ans avant l’installation elle-même, alors que j’étais avocat collaborateur. J’ai alors entamé une réflexion de type entrepreneuriale (marché, offre, évolution de la profession, prospective, etc.), commencé à me documenter pour structurer cette réflexion (je recommande le livre de Dominique Jensen) et à échanger avec des confrères sur leur façon d’exercer et de se projeter.
Neuf mois avant l’installation, j’ai formalisé mon projet (choix d’un secteur, étude de marché, définition de mon offre, étude et analyse du secteur, calendrier de développement et relations publiques, etc.).
Six mois avant l’installation, j’ai commencé à faire des relations publiques pour introduire ma « marque » sur le secteur."

Avez-vous réalisé un plan de financement pour votre installation ?
"Non. Je n’avais pas de doute sur le potentiel d’activité. Le doute est venu après… puis reparti."
 
Quels sont les moyens, outils logistiques qu’il est fondamental de posséder au moment de son installation ?
"Cela dépend du projet d’entreprise. Si l’on se lance seul sans moyens ni clients, on peut bricoler la première année, mais le système atteint vite ses limites et demande une grande rigueur. Si l’on se lance en équipe et/ou avec une clientèle, on peut consentir des investissements et/ou mutualiser les coûts de fonctionnement."
 
Pouvez-vous a posteriori estimer le coût de votre installation (locaux, achat de la robe, codes, outils informatiques, numériques...) et nous indiquer une fourchette de prix ?
"Locaux : 300 euros de sous-location pour une mise à disposition de bureau à temps partiel.
Robe déjà acquise. Pas de codes papier mais quelques manuels. Une imprimante scanner, un PC portable, des fournitures."
 
Selon vous, des structures comme La Pépinière ou les espaces de coworking représentent-ils des solutions lors d’une installation ?
"Ce sont des outils, et les outils ne sont que la déclinaison d’un projet d’entreprise. Donc tout dépend de ce projet. Tout cela peut être utile, peut même être pérenne si l’on a en tête un modèle d’entreprise fluide et/ou une démarche de « cost killer », mais à fuir s’ils signifient qu’on se lance sans perspective en prévoyant de se serrer la ceinture pour longtemps."
 
Quels conseils techniques donneriez-vous à un(e) avocat(e) souhaitant s’installer à son compte ?
"Pas de conseil technique. Anticiper au maximum, mais garder de la souplesse et accepter la prise de risque. Si possible se lancer une fois acquise une clientèle minimale permettant d’éviter l’angoisse du mois sans chiffre d’affaires. Penser en créateur d’entreprise, puis en avocat."
 
S’il vous était possible de recommencer, procèderiez-vous de la même façon ?
"Totalement."

Voyez-vous un autre point que vous jugeriez utile d’évoquer au sujet de l’installation ou de son coût ?
"Les jeunes avocats qui s’installent devraient essayer de s’approprier la culture du créateur d’entreprise, sans renier la spécificité de la profession. Ils vivraient mieux et leurs clients aussi."

***

Interview d’Arnaud Boix, récemment réinstallé dans un nouveau cabinet.

Arnaud Boix.
Profil Membre du Village ici

Avocat inscrit au Barreau de Lille, Arnaud Boix intervient principalement en Droit des entreprises. Il est aussi membre actif du Village de la Justice.

Arnaud Boix, vous venez de créer le cabinet Eloquence. Une nouvelle installation se prépare t’elle comme une première installation ?
"En effet, le cabinet Eloquence a réinstallé son cabinet lillois en ce début du mois de mai 2015, conservant en l’état son implantation à Paris.
Installation et réinstallation ? Il y a de nombreux points communs aux deux situations : la recherche de locaux, d’une dénomination, d’une marque, de trésorerie – mais la différence essentielle la relation avec la clientèle existante , il faut à chaque étape privilégier la relation client dans chacun de ses choix et éviter tout traumatisme. Il faut également penser à la relation technique de travail avec nos différents partenaires qu’il faut également préserver." 

Est-ce plus simple ? 
"Oui, puisque ce n’est pas la première fois, donc nous évitons les écueils inévitables d’une première installation. En outre l’existence d’une clientèle rend les choses, il faut le reconnaitre plus faciles sur le plan économique sous l’éminente contrainte de préserver la qualité de la relation, la réactivité de nos interventions, de la satisfaire quelle que soient vos conditions de travail, en résumé de ne pas dégrader la qualité des interventions et de la réactivité qui font les caractéristiques du cabinet Eloquence."

Quelles ont été les étapes de votre installation ?
"Il a fallu penser à une nouvelle marque, Eloquence, qualificatif qui vaut tant pour le conseil que pour le judiciaire. La marque Eloquence a été une évidence au regard de notre stratégie professionnelle et de notre clientèle. Puis il a fallu penser à un nouveau site internet, à de nouveaux locaux, de nouveaux prestataires en téléphonie et informatique notamment. Tous les outils de communication et de gestion ont été pensés afin de faciliter l’accès du client au cabinet, à l’avocat, à son information, en un mot à sa satisfaction."

Pour une installation, quels sont les gros postes de dépenses à prévoir ?
"Les deux gros postes d’engagements financiers ont été : d’une part les investissements à réaliser en relation avec notre nouvelle identité (marque, logo, site internet, communication..). Poste dans lequel j’inclus le local, car son emplacement et sa configuration sont déterminants, pour l’ensemble des avocats du cabinet qui ont un vrai plaisir à venir y travailler, mais surtout pour notre clientèle qui dans son ensemble à fortement appréciée notre nouveau cabinet (accueil, parking privé, configuration fonctionnelle et moderne) en adéquation avec la volonté du cabinet Eloquence.
Et d’autre part le poste informatique et téléphonie tant en liaisons qu’en matériels."

Pouvez-vous indiquer une fourchette de prix pour chacun de ces postes ?
"Dans l’ensemble et à titre indicatif il faut envisager 50KE."

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?
"Concilier le temps de produire et de réaliser le transfert, mais les principales difficultés ont été liées au contexte de départ des précédents locaux."

Quel budget votre cabinet alloue-t’il à la communication ?
"En terme de budget annuel de communication, nous allouons entre 10 et 30 Ke.
Certainement que ce budget n’est pas suffisant. Nous envisagegeons de nouvelles actions de communication pour la rentrée de septembre, notamment autour d’un fort partenariat avec un incubateur de start up de la région Nord-Pas-de-Calais dont le cabinet Eloquence a été choisi pour être le partenaire en conseils juridiques."

Propos recueillis par Reginald Leplenier et Marie pour le Village de la Justice.

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