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19ème édition du Concours International d’arbitrage de Montpellier "Serge Lazareff".

Si l’épreuve du « grand oral » sera une nouveauté pour les prochains bacheliers, les étudiants de l’enseignement supérieur savent quant à eux déjà qu’ils doivent prouver leur capacité oratoire pour rentrer dans la vie professionnelle. Fort de ce constat, les concours de plaidoirie et d’éloquence ont fleuri, et en être lauréat est un point fort sur son CV.
Parmi les concours qui ont le vent en poupe, le Concours International d’Arbitrage francophone de Montpellier (CIAM) « Serge Lazareff » [1].

Le Village de la Justice s’est entretenu avec Camille Dutheil, ancienne lauréate, et avec Malo Depincé, Maître de conférence, tous deux membres du comité d’organisation du concours.

Camille Dutheil, Vous avez participé au CIAM en 2014 : quelles étaient alors vos motivations ?

"J’ai participé à la 15ème édition alors que j’étais en Master 2. L’objectif était évident : bénéficier des avantages d’un exercice pratique. Bien que les formations de fin de cursus proposent de plus en plus de simulations, de consultations et de cas pratiques, un concours d’une telle envergure est particulièrement formateur. Il s’agit d’un projet qui s’étend sur plusieurs mois, avec un échange d’écritures et l’aboutissement au travers d’une semaine de plaidoiries. Chaque étudiant devrait pouvoir bénéficier d’une telle expérience dans son cursus universitaire."

Vous faites désormais partie du comité d’organisation de ce concours pour sa 19ème édition : là encore, quelles sont vos motivations ?

"Pour ma part, ma mission est de vérifier qu’aucun point n’a été délaissé par l’équipe organisatrice, composée d’étudiants qui épaulent Monsieur le Professeur Daniel Mainguy ainsi que Messieurs Depincé et Respaud en charge de l’organisation de l’événement, et éventuellement servir d’intermédiaire entre les étudiants et le comité de direction. L’ambition de tous est de faire que l’édition à venir soit toujours meilleure que la précédente. C’est ce qui permet au concours d’avancer."

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Camille Dutheil

Quelle est la spécificité du concours Lazareff au regard des nombreux autres concours qui s’organisent en France ?

"Chaque concours à ses atouts et ses spécificités. S’agissant du concours Serge Lazareff, il s’agit certainement de celui qui laisse le plus de chances à ses participants.

En effet, la plupart des concours français mettent en place une sélection dès les phases écrites. C’est un parti pris qu’il faut respecter et qui se justifie pleinement, néanmoins ce n’est pas le nôtre. Il n’y a pas de sélection avant la fin du deuxième jour de plaidoirie. Toutes les équipes échangent leurs mémoires pendant trois mois puis elles se retrouvent toutes au mois de mai afin de s’affronter à l’occasion des plaidoiries.
L’organisation de la semaine arbitrale permet à chaque équipe de plaider au moins quatre fois. Pour les étudiants c’est un avantage incroyable car chaque « match » est un moyen de progresser. Les jurés prennent le plus de temps possible pour conseiller les étudiants et ainsi les aider à s’améliorer en prévision du match suivant. C’est une formation accélérée mais particulièrement efficace !
Bien que la rédaction des mémoires soit indispensable et déterminante, c’est au travers de l’exercice oral que les progrès sont les plus flagrants."

Quel est l’avenir du concours Serge Lazareff ?

"L’avenir du concours est prometteur. Chaque année nous comptons des équipes supplémentaires et de nouveaux partenariats, comme ceux déjà en place depuis plusieurs années avec le Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris et le Conseil National des Barreaux.

"Ces étudiants (participants) sont en réalité les collaborateurs de demain."

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que ce type d’événement est indispensable pour les étudiants en fin de cursus universitaire. Tous les acteurs du concours, qu’ils soient organisateurs ou partenaires, mais également jurés, qui nous font confiance depuis plusieurs années désormais, ont conscience que ces étudiants sont en réalité les collaborateurs de demain et qu’il est tout à fait nécessaire que ces événements perdurent afin de parfaire leur formation."


Malo Depincé [2], pourquoi organiser un concours sur l’arbitrage, qu’apporte-t-il aux étudiants et professionnels du droit ?

"Un concours d’arbitrage permet de faire découvrir aux étudiants ce mode alternatif de règlement des contentieux, l’arbitrage, qu’ils connaissent souvent mal.
Il s’agit donc à la fois d’élargir le nombre de praticiens compétents et d’encourager ceux qui ne pratiquent pas la matière à prévoir dans les contrats qu’ils rédigent ce mode de règlement. Pour les professionnels, le concours leur permet de rencontrer des étudiants, futurs praticiens, mais également d’autres professionnels afin de discuter des actualités et de la pratique de l’arbitrage."

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Malo Depincé

Que se passe-t-il à Montpellier en matière d’arbitrage ?

"Montpellier est une faculté de droit particulièrement reconnue et notamment en droit des affaires ce qui nous légitime à discuter d’arbitrage.
De plus, Montpellier prend une place très importante dans le monde de l’arbitrage avec la création d’un diplôme universitaire en arbitrage, formation à distance, dirigé par le Professeur Carine Jallamion et Maître Caroline Duclerq."

"Ce mode de règlement peut permettre d’écarter le règlement d’une zone de conflit."

Quels sont les enjeux à venir de l’arbitrage international, notamment dans un cadre de relations à la fois mondialisées et chaotiques ?

"L’arbitrage est un mode alternatif de règlement des litiges qui laisse, dans la limite de l’ordre public, une certaine liberté aux parties dans l’organisation du règlement de leur litige. Ainsi, ce mode de règlement peut permettre d’écarter le règlement d’une zone de conflit, en fixant le lieu de déroulement de l’arbitrage hors de la zone de conflit par exemple.
Pour toute information supplémentaire et pour tout contact : http://www.ciam-concoursmontpellier... et nous contacter sur l’adresse mail suivante : ciam.montpelliercontact chez gmail.com.
Nous souhaitons remercier le site Village de la justice pour nous permettre de faire connaître davantage notre concours ainsi que tous les partenaires qui nous apportent chaque année leur soutien sans lequel nous ne pourrions offrir aux étudiants cette formidable expérience."

La semaine arbitrale durant laquelle toutes les équipes plaideront se déroulera à Montpellier du 14 au 18 mai prochains. Les équipes inscrites connaissent depuis le 12 février le sujet sur lesquels elles s’affronteront.

Propos recueillis par la Rédaction du Village de la Justice.

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Notes :

[1organisé par le Centre de Droit de la Consommation et du Marché de Montpellier (avec la participation de la Faculté de droit de Versailles Saint-Quentin).

[2Malo Depincé est Maître de conférences en droit privé, Docteur en Droit, Titulaire de l’Habilitation à diriger des Recherches (HDR), Avocat et Membre du comité d’organisation du Concours international francophone d’arbitrage de Montpellier Serge Lazareff.