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Pierre Olivier Sur assume son rôle de lobbyiste pour l’ensemble des avocats parisiens.

Pierre-Olivier Sur, bâtonnier et Laurent Martinet, vice-bâtonnier ont décidé de développer l’activité lobbyiste du Barreau de Paris en le dotant d’une direction des Affaires publiques.

Le Barreau de Paris souhaite échanger de façon ouverte, transparente et régulière avec les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile.
Pour atteindre cet objectif, une direction des affaires publiques a vu le jour et devrait permettre au Barreau de contribuer à l’élaboration des positions sur les réformes de la justice et les questions de société. Par ce geste, les premiers avocats de Paris montrent la détermination de l’Ordre de Paris à vouloir participer au débat public sur les questions d’accès au droit comme sur les grand choix de société. Ce nouvel organe a été confié à Louis Degos, membre du Conseil de l’Ordre de Paris, délégué du bâtonnier aux affaires publiques et Nicolas Corato, directeur de la communication de l’Ordre des avocats de Paris depuis 2011.

La réflexion sur la justice du XXIème siècle sera le premier dossier de la direction des affaires publiques. La réforme pénale permettra au Barreau de Paris d’œuvrer pour les libertés fondamentales et les droits de la défense. La réforme fiscale voulue par Jean-Marc Ayrault ou encore l’exclusion des avocats de l’action de groupe devraient mobiliser la direction des Affaires publiques du Barreau de Paris.

Cette initiative n’est pas la première à être mise en place. Sous le bâtonnat de Jean Castelain, l’Association des avocats lobbyistes, créée en mai 2011 par 5 grands cabinets d’avocats d’affaires a vu le jour. Cette association a pour objet de promouvoir le rôle de l’avocat lobbyiste dans la représentation d’intérêts, tout en lui donnant un cadre afin qu’elle soit en accord avec la déontologie de la profession.

Selon Arnaud Rougeau Mauger, Avocat et membre de l’association, « la représentation d’intérêts peut se définir comme l’activité visant à influencer l’élaboration des politiques et des processus décisionnels des décideurs et des institutions.  ».
Il ajoute que « l’influence se doit ici d’être entendue comme le moyen d’action permettant de faire réfléchir et agir autrui selon son point de vue sans utiliser de moyens coercitifs ou rémunération quelconque. ».

Au-delà, des voies judiciaires classiques qui consistent à obtenir une décision favorable à son client, l’avocat peut aussi par son action de lobbyiste, influencer sur l’évolution d’une règle devenue obsolète, sur la création ou la suppression d’une règle de droit. L’avocat, de par son rôle de conseil, de défense et d’information de ses clients, maitrisant le verbe et la plaidoirie est particulièrement à même de remplir cette mission de lobbying. En effet, il connaît la loi, les procédures, il sait s’informer, débattre, expliquer, convaincre et il est soumis à des règles déontologiques fortes qui en font un acteur légitime.

Bien que l’activité de lobbying de la profession peine à émerger, elle rencontre malgré tout un certain succès. Nous pensons notamment à la suppression de la taxe de 35 euros, qui a mobilisé les institutions de la profession ou encore du retrait, au sein de la loi finance, de l’obligation de déclaration préalable des schémas d’optimisation fiscale obtenu par le Conseil National des Barreaux.

Réginald Le Plénier
Rédaction du Village de la justice

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