Accueil Mairie du Village L’édito du mois

L’année où les avocats ont développé les services ’Add-on’...

La recherche de valeur ajoutée est l’actuelle quête de tous les cabinets d’avocats qui s’interrogent, pour se différencier, mieux accompagner leur clientèle, ou encore lutter contre les concurrences (d’autres professions, de legaltech, etc).
La motivation est double, à la fois développer son chiffre d’affaires... et survivre demain, tant l’environnement actuel est en pleine ébullition.
Les services "Add-on" sont arrivés [1], par opposition aux "Add-in" [2], et c’est en 2017 que le mouvement a vraiment démarré.

La profession s’est mise en route, et à l’image d’autres (experts comptables, notaires, huissiers...) fait assaut d’initatives pour développer son offre et trouver des relais de croissance.

De nombreux cabinets développent ainsi la démarche "Add-in", qui consiste à ajouter de nouveaux services proposés aux clients dans le cadre d’une consultation juridique plus ou moins renouvelée (on ajoute "dans" l’offre).
Cela peut être une prestation proche du conseil juridique, et pour cela il est souvent nécessaire d’automatiser le service, d’utiliser des données, en changeant parfois la méthode de rémunération. La Legaltech est ici au coeur du sujet : on propose des outils d’automatisation de contrats ou de process par exemple, ou bien encore des simulations basées sur l’approche prédictive, des intranet collaboratifs, etc.

D’autres ont choisi une autre approche encore peu consensuelle : l’offre de services "Add-on", qui consiste à proposer des services optionnels aux prestations traditionnelles du cabinet (on ajoute "à côté" de l’offre). On ne parle plus ici d’augmenter l’effectif du cabinet pour un nouveau domaine du droit, ni de trouver une nouvelle méthode de travail pour séduire les clients, mais plutôt de créer de nouvelles offres liées au droit, autonomes.

Citons par exemple le cabinet d’avocats d’affaires Redlink qui vient de lancer RedlinkSafe, un service de signature électronique et de coffre-fort numérique... pas seulement proposé à ses clients mais à tout le monde, en ligne. Ici les avocats concurrencent les sociétés technologiques en y ajoutant leur caution sur un sujet tout à fait lié au droit qui intéressera fatalement les clients, la sécurité des informations et leur authentification.
Citons aussi le cabinet Staub & Associés et son offre "Privacy on track" (pour la mise en conformité à la GDPR), Audito [3] qui aide les éditeurs de sites internet à être en conformité avec les recommandations de la CNIL sur les cookies, ou encore Gino The Bot du cabinet Ginestié...

Le but est d’augmenter la facturation et la base de clients en ajoutant des "produits" proposés aux clients, monétisés différemment, et très automatisés. On n’est plus dans la consultation juridique.

Peu d’avocats ont aujourd’hui fait ce choix d’une approche "Add-on", qui est bel et bien une nouvelle piste de développement, une autre façon de créer un service de valeur avec la caution et la compétence de la profession qui légitiment le conseil élargi.

Quand les Avocats disruptent d’autres marchés, le jeu devient de plus en plus intéressant...

Christophe Albert
Cofondateur du Village de la Justice

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article : L’avez-vous apprécié ?

10 votes

Notes :

[1Services ajoutés à côté de la prestation juridique.

[2Ajout de domaines de conseil juridique à son offre.

[3Créée par Maître Tiffany Dumas