Rédaction du Village de la Justice.

 
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  • Parution : novembre 2020

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Elections au CNB pour les avocats, "so what" ?

Le 24 novembre 2020 se dérouleront les élections des représentants des avocats au niveau national, un événement important pour la profession. Depuis 1992, le Conseil national des barreaux est l’institution représentative de l’ensemble des avocats de France [1]. Comment les avocats perçoivent-ils cette institution ? Qu’apporte-t-elle de plus par rapport aux Ordres des Barreaux locaux ? Est-il important pour un avocat de prendre part à cette élection nationale ? Il nous semble que oui ; aussi nous vous proposons quelques éléments de réponses.

Le Conseil National des barreaux est toute jeune (28 ans) pour une profession d’avocat très ancienne, en pleine évolution si on la compare à d’autres institutions représentatives des professionels du droit. Cette jeunesse peut la pénaliser, car elle doit trouver sa place aux côtés des Barreaux pré-existants, qui, pour certains, ont une forte influence.

Le CNB peut en effet sembler, aux yeux de certains avocats, être une couche représentative supplémentaire, trop lointaine et se superposant peu utilement aux Ordres. Ceux-ci, par le périmètre régional d’action, seraient plus accessibles et plus proches des préoccupations des praticiens... Ils seraient donc bien suffisants pour gérer les problématiques collectives, sans besoin d’une instance supérieure pour assurer une gouvernance à distance. Or, on le sait la profession d’avocat est parfois très indépendante (une des conséquences du statut d’avocat libéral notamment). Et pour homogénéiser les choses à l’égard des Barreaux en région et "incarner l’Ordinalité en mouvement", la Conférence des Bâtonniers, créée il y a 110 ans, serait bien suffisante.

La portée nationale du CNB est un atout majeur.

En réalité, la portée nationale du CNB est un atout majeur. Comme le précisait Jean-Marie Burguburu en 2018 [2], le CNB n’est pas là pour remplacer les Ordres qui sont essentiels, car proches territorialement des avocats ; il coexiste avec eux pour les représenter et agir au niveau national auprès des pouvoirs publics. Pour que les propositions d’évolutions et "revendications" aient du poids auprès des instances gouvernementales, l’institution doit être forte. Pour qu’elle soit forte, il faut qu’elle soit représentative. Pour qu’elle soit représentative, elle doit s’appuyer sur de nombreux votes.

Sa jeunesse peut aussi être perçue comme une force, car elle donne au CNB un dynamisme qui lui permet de faire face aux difficultés et évolutions que vit la profession. Porté par des personnes qui croient en son utilité (citons par exemple Thierry Wickers, Jean-Marie Burguburu ou encore Christiane Féral-Schuhl, Présidente sortante), le CNB semble ces derniers temps, avoir trouvé sa place et marqué son rôle au-delà du fait de recouvrer des cotisations, à l’instar de ce que peuvent ressentir certains praticiens.

Les missions du CNB sont bien précises et fixées par la loi.
Depuis sa création, et par le travail de ses commissions, le CNB œuvre pour l’unification et l’adaptation du Règlement Intérieur National, pour l’évolution de la formation initiale et continue, pour l’uniformisation et le développement harmonieux des pratiques, dans le respect de la déontologie. Il a mis en place le RPVA, les plateformes e-barreau et avocat.fr et leurs nombreuses fonctionnalités. Il a amplement contribué à créer l’acte d’avocat, pour ne citer que l’une des réformes ayant sensiblement modifié nos procédures.

Le CNB est force de proposition et d’action concernant la transformation de la profession d’avocat.

Le CNB est force de proposition et d’action concernant la transformation de la profession d’avocat, en y incorporant par exemple le numérique et la cybersécurité, la coopération professionnelle (par exemple citons le tout récent travail sur l’inter-professionnalité et les plateformes numériques indispensables à une profession reliée au système judiciaire).
On a par ailleurs pu constater le poids du CNB à travers les crises très récentes, grèves, confinement et pandémie, où il a fallu "faire corps" et "agir avec unité" pour réussir, peu ou prou, à faire entendre la voix des avocats.

Les avocats ont l’opportunité d’avoir une institution qui les représente au niveau national, voire international. Il leur appartient de la modeler à leur image, en y participant, en votant pour des listes porteuses de projets correspondant à leurs attentes, et de transmettre les idées et orientations pour faire vivre la profession et assurer son avenir. Christiane Feral-Schuhl le disait lors de l’assemblée générale dématérialisée du 13 novembre 2020, celui qui ne vote pas, ne peut pas, ensuite, venir se plaindre des décisions qui sont prises.

La procédure des élections du CNB est marquée d’une certaine complexité... L’institution propose une infographie pour rendre cet événement à la fois plus accessible, notamment pour les jeunes avocats, et plus compréhensible pour tous. Vous pouvez la retrouvez ci-dessous.

[SAVE THE DATE] et n’oubliez pas de voter !

Notes :

[1Le Conseil national des barreaux (CNB) est un établissement d’utilité publique doté de la personnalité morale, crée par la loi n°190-1259 du 31 décembre 1990.

Rédaction du Village de la Justice.

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