Les professions du Droit se sont-elles emparées de l’IA ?
La réponse est Oui sans aucun doute, avec 39% des participants qui disent ne plus pouvoir s’en passer (signe d’une intégration complète au quotidien professionnel), et 43% qui l’utilisent mais pensent pouvoir encore s’en passer éventuellement. Ils ne sont que 18% à ne pas du tout l’utiliser :

Intéressant à noter dans le détail : les avocats sont 47% à déclarer ne pas vouloir s’en passer (donc au-dessus de la moyenne) ; les juristes sont dans la moyenne avec 39%. Les fonctions support quant à elles ne sont que 30% à juger l’IA indispensable (une bonne part de leur activité est directement touchée par l’arrivée de l’IA, on pense aux travaux sur les documents, traduction, synthèse... ce qui peut nourrir évidemment des doutes et des craintes).
Reculons d’un pas et reprenons ce chiffre : 47% des avocats disent ne plus pouvoir se passer de l’IA, soit par l’utilisation qu’ils en font, soit en anticipant le futur de leur métier. Qui l’aurait dit il y a 2 ans ? La vitesse d’adoption est énorme pour cette profession.
Généralistes ou spécialisées, quelles IA utilisent-ils ?
En plein débat sur la sécurité de l’information, sur la souveraineté, sur la qualité des bases d’informations proposées par les IA de toutes sortes, nous avons mesuré la part de l’utilisation des IA généralistes versus celle des IA juridiques spécialisées, gages d’une meilleure documentation et de moins d’erreurs d’analyse.
Ils sont 37% à n’utiliser que des IA généralistes (adaptées pour de nombreux travaux mais pas tous), donc 63% utilisent uniquement ou partiellement des IA spécialisées ; c’est plutôt rassurant pour l’information juridique professionnelle :

Les avocats utilisent bien plus les IA spécialisées que les juristes en première utilisation (41% des avocats, 26% des juristes et 19% des fonctions support) ; ils ne sont que 23% à n’utiliser que des IA généralistes (contre 42% des juristes et 56% des fonctions support, lesquelles ont moins d’outils spécialisés).
Estiment-ils être assez informés et formés ?

69% des personnes interrogées sont demandeuses de davantage d’informations et de formation, un sujet que les médias (dont le Village de la justice), les formateurs et éditeurs juridiques et organisateurs d’évènements [2] ont pleinement pris en main !
Est-il nécessaire en conclusion de formaliser davantage que l’adoption est là ? Que les éditeurs de solutions spécialisées sont en train de réussir à prendre leur place avec leurs outils adaptés et plus sûrs ? Et que l’IA soulève un intérêt qu’aucune technologie n’a provoquée avant elle dans les métiers du droit ?
À lire aussi dans le N°111 du Journal du Village de la Justice, l’enquête "L’utilisation de l’IA dans les cabinets d’avocats".


