Par Stéphanie Bertacchini et William Cargill, anciens avocats, coachs certifiés HEC Pari
Associée et fondateur de Deinceps, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des avocats (bilans de compétences, coachings et formations).

 
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  • 1re Parution: 18 avril 2022

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Guide de lecture.
 

Avocats, pourquoi faire un bilan de compétence et comment le financer ?

« Un bilan de compétences, c’est uniquement réservé aux salariés » ; « ça coûte cher » ; « je n’en vois pas l’intérêt puisque je suis sûr(e) de vouloir rester avocat(e) »...

On pense souvent qu’un bilan de compétences est une étape réservée aux salariés qui veulent changer de voie, se reconvertir ou valider des acquis.
Bonne nouvelle, cette croyance est fausse !

Des bilans par et pour les avocats

Des bilans de compétences spécialement conçus par et pour les avocats existent. S’ils concernent au premier plan des sujets de reconversion et de réorientation professionnelle, ils ne s’y limitent pas et répondent à bien d’autres problématiques.

Notre vécu d’anciens avocats et notre expérience dans l’accompagnement de la profession au quotidien depuis plus de 20 ans nous permettent de dire ô combien les avocats se sentent démunis et isolés face aux nombreux questionnements qui les traversent.
Comment retrouver de la motivation, comment me redynamiser ? Je suis arrivé(e) au bout d’un cycle, je ne sais pas quelle direction prendre ? Comment savoir si les difficultés que je rencontre sont liées à la profession ou à la manière dont je l’exerce ? Suis-je encore sûr(e) de vouloir exercer cette profession ? Comment solidifier ce que j’ai réussi à construire ? Je suis à la croisée des chemins, quelle direction prendre, m’installer, m’associer, chercher une autre collaboration, quitter la profession ? Je ne me sens pas épanoui(e), quelle conclusion en tirer ? J’ai besoin de retrouver du sens, comment faire ? Je suis bloqué(e), comment reprendre confiance ? Je tourne en rond, comment casser cette spirale ?…

Le sentiment de tourner en rond et de ne pas trouver de réponses

Le sentiment de subir et de ne pas savoir par quel bout prendre le problème est parfaitement légitime et fréquent.

Ce sentiment de subir et de ne pas savoir par quel bout prendre le problème est parfaitement légitime puisque :

1) Nous n’avons pas eu l’occasion de définir en amont nos attentes réelles par rapport à la profession, d’interroger et de cerner nos modes de fonctionnement préférentiels, de définir nos priorités, de conscientiser nos qualités, savoirs faire et savoirs être, d’opérer un choix éclairé sur une direction à prendre…

2) On ne s’autorise pas facilement à faire part des difficultés que l’on rencontre, des questionnements, des doutes que l’on a, par manque de temps et / ou par peur que ce soit interprété comme une marque de faiblesse. Il faut paraître « fort » dans la profession.

Pourtant, ces questionnements sont bien plus partagés que l’on voudrait le croire. Et malgré tous nos efforts pour les faire taire, ils sont là, ils sont comme une petite musique en fond.

Le bilan de compétences est l’occasion d’écouter cette petite musique, de lui accorder de l’importance, et de (re)devenir son chef d’orchestre.

Le bilan : un moment pour soi, pour prendre du recul

Il est l’occasion de prendre le temps de répondre aux questions que l’on se pose, il permet de se recentrer, de prendre du recul sur son activité, sur son mode de fonctionnement, de lever des blocages, de marquer un temps d’arrêt lorsqu’on a l’impression d’avoir toujours la « tête dans le guidon », de (re)définir ses priorités, de (re)prendre confiance en ses qualités, en ses compétences, ses savoirs faire et ses savoirs être, de définir de nouveaux projets, de se redynamiser, de retrouver un nouvel élan…
Le bilan de compétences est un temps pour soi, il est un rendez-vous avec son avenir.

Être accompagné(e) pour ne pas rester seul(e) face à ses questionnements

Le fait d’être accompagné par un tiers neutre, connaissant parfaitement la profession d’avocat, permet :

1) de casser la spirale des questionnements sans fin : si l’on met les mêmes informations dans le même logiciel en lui faisant faire les mêmes séquences, il produira nécessairement les mêmes résultats. En modifiant les questions et les séquences, on ouvre le champ des possibles et on modifie son regard sur sa situation
2) de se sentir soutenu
3) de se sentir en sécurité pour aller au bout de ses questionnements et prendre du recul sur sa situation
4) de se sentir libre de partager sans avoir peur d’être jugé
5) d’être dans une logique d’engagement avec soi-même

Quel rythme pour un bilan de compétences ?

« Fais le bilan, calmement »

Un bilan de compétences se décompose généralement en 6 séances espacées d’une quinzaine de jours afin de répondre à deux impératifs opposés : un besoin de rythme, nécessaire pour rester dans une dynamique féconde et le besoin de donner du temps au temps, afin qu’un travail de digestion / maturation puisse se faire entre chaque séance. La démarche s’étend donc sur 3 mois.

Un bilan, comment ça se passe ?

Le bilan de compétences se décompose en quatre phases.

Une première phase qui permet, d’une part, de créer l’alliance avec la personne qui vous accompagne, de revenir sur votre contexte, sur votre situation professionnelle et personnelle et, d’autre part, de définir avec elle des objectifs individuels précis et clairs par rapport au bilan entrepris.

Une seconde phase qui a pour objectif de revenir sur les événements marquants de votre vie, d’ancrer des expériences vécues, de capitaliser sur vos points forts, sur vos compétences, vos talents, de définir vos envies et vos priorités, de travailler sur vos croyances limitantes, vos freins et vos blocages. Elle a également pour objectif d’identifier vos modes de fonctionnement préférentiels, vos zones de confort, vos zones d’inconfort, vos angles morts.

Une troisième phase qui permet de définir concrètement votre / vos projet(s) ainsi que les étapes de mise en œuvre, d’établir un rétro-planning, de travailler sur votre pitch (votre CV et lettre de motivation le cas échéant), de travailler sur votre posture. Bref, de construire votre demain, pierre après pierre, afin que votre projet ne reste pas au stade de l’idée, afin de ne pas aller trop vite, et afin de faire grandir l’envie d’y aller.

Une dernière phase de conclusion qui formalise les étapes parcourues et qui vous permet de repartir avec une feuille de route détaillée permettant la mise en œuvre concrète de votre projet.

Un bilan : avec quels outils ?

L’outil n’est pas l’objectif, mais un moyen de parvenir à un résultat. Le principal outil utilisé est la méthode d’accompagnement. Elle vise à vous permettre d’avancer, étape par étape, en questionnant un champ précis à chaque franchissement de palier, un peu à l’image d’un train à crémaillère.

Ce cheminement structurant permet de questionner aussi bien le sens que l’on souhaite donner à sa vie, la direction que l’on souhaite prendre et des points très concrets liés au paiement de ses factures, à la gestion de ses charges, à la rentabilité de son activité. Il s’agit de trouver le juste écart entre les deux pointes d’un même compas pour tracer le cercle au centre duquel nous allons être à notre place.

Les outils suivants sont également utilisés en fonction des situations rencontrées : questionnements, écoute active et reformulation, inventaires de personnalité, outils de pratique narrative, outils d’analyse transactionnelle, outils de PNL… L’objectif est de faire entrer dans le logiciel (votre cerveau) d’autres données que celles avec lesquelles il a l’habitude de composer (l’écrit, l’analyse, la pensée structurée) afin qu’il en ressorte d’autres réponses et que cette petite musique lancinante n’ait été que les premières notes d’une belle composition qui vous ressemble.

« Un bilan de compétences, ça coûte cher » ?

Ce que les avocats ignorent souvent, c’est qu’ils disposent d’un compte professionnel de formation (CPF) avec des droits en euros qu’ils peuvent utiliser pour financer tout ou partie du bilan de compétences. Il suffit de suivre ce lien pour créer son compte et connaître le montant de ses droits.

En guise de conclusion, nous vous encourageons à repenser demain et vous laissons avec cette belle citation du poète persan Rumi : « Dès que tu commences à marcher sur le chemin, le chemin apparaît  ».

Par Stéphanie Bertacchini et William Cargill, anciens avocats, coachs certifiés HEC Pari
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