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Avocats : quand l’innovation réinvente la profession...

C’est un fait : notre monde professionnel subit actuellement une mutation fulgurante et sans précédent grâce à l’avènement des réseaux sociaux et du travail 2.0. De nos jours, privilégier le travail collaboratif et l’échange est devenu incontournable pour mener son activité à bien. Le métier d’avocat ne déroge pas à la règle avec un passage obligatoire par tous les nouveaux domaines technologiques afin d’exceller, de se démarquer de la concurrence et évidemment d’aller à l’essentiel : défendre ses clients de la meilleure des manières.

L’automatisation des tâches a le vent en poupe

Les chiffres ont de quoi interpeller : la moitié des tâches des avocats qui débutent sont automatisables, plus de la moitié des juristes en entreprises veulent se tourner vers des solutions numériques et plus de 8 clients sur 10 trouvent que leur avocat propose des prestations au-delà du raisonnable financier. Ces données soulèvent une question fondamentale pour l’avenir du métier d’avocat : la solution robotisée est-elle à envisager dans un avenir proche pour révolutionner la profession ? Une interrogation qui aurait pu prêter à sourire il y a quelques décennies lors des premiers balbutiements d’internet, mais qui demeure désormais très sérieuse. En effet, le développement de nouveaux modes de communication robotisés remettent fortement en cause les méthodes de travail traditionnelles. Ainsi, l’explosion actuelle des « chatbots » – ou modules de communication et d’interaction avec un ordinateur sans intervention humaine, la gestion automatisée des données ou les méthodes de gestion intuitives de la connaissance (ou « machine learning ») bouleversent la vision du métier d’avocat. Outre la manière de gérer les données, on peut tout à fait imaginer dans un avenir proche la prise en compte des émotions dans le processus d’interaction entre le client et l’outil. Une autre manière d’appréhender la consultation en ligne incarnée par Ross et Peter, deux robots actuellement en test qui sont techniquement capables – selon leurs créateurs - de donner une réponse précise à toutes les questions juridiques posées par les particuliers ou les entreprises.

La relation avocat-client est en constante évolution

Ainsi, toutes ces nouvelles conceptions modifient considérablement la manière d’exercer le droit pour les avocats, mais également le comportement des consommateurs. En effet, ces nouvelles technologies ouvrent le champ des possibles en matière de réactivité, d’efficacité et de transparence. Ce qui n’est évidemment pas pour lui déplaire. C’est pourquoi on constate actuellement une explosion significative des consultations d’avocats en ligne. En effet, les plate-formes spécialisées dans le droit remportent un succès phénoménal grâce à leur simplicité. Ainsi, le métier classique d’avocat en est fortement bouleversé, les codes et les méthodes de travail étant en perpétuelle évolution. Ici, l’avocat se doit d’être d’une réactivité sans faille grâce à l’automatisation des processus de travail, tout comme n’importe quel autre service. Ainsi, ce dernier doit être en perpétuelle adaptation, ajustant sa tarification, délaissant les affaires à faible rendement et affûtant ses solutions juridiques.
De son côté, le consommateur devient de plus en plus exigeant, notamment grâce à la possibilité de noter le service acheté, à l’instar de tous les sites marchands sur la toile.
Ainsi, on assiste à une réelle remise en question du métier grâce à des outils qui poussent les professionnels dans leurs retranchements. La révolution numérique a balayé les certitudes acquises depuis l’existence traditionnelle du métier grâce à des outils qui poussent l’exigence du client à son paroxysme. Des outils qui ouvrent au monde de la connaissance infinie. Une arme à double tranchant, puisque l’avocat ne détient plus le monopole du savoir. En effet, le partage des données à outrance ne lui permet plus de justifier son statut d’expert puisque l’information circule à vitesse grand V sur le Net. Cependant, et heureusement pour lui, le mode collaboratif permet d’engranger d’autres connaissances bien plus rapidement qu’auparavant.

L’avocat, un être humain avant tout

Pourtant, il est évident que le métier d’avocat ne doit pas se substituer à la robotisation à outrance. En effet, le défenseur des droits se doit d’être l’acteur principal de son activité malgré l’évolution exponentielle des nouvelles technologies et de l’infinité de législations qui en découle. Que les professionnels juridiques se rassurent : la déontologie, la transparence et l’indépendance ne seront jamais remplacées par des machines. En effet, l’avocat s’adaptera graduellement et constamment à cette mue technologique pour, à terme, en faire un atout. Un avantage non négligeable, puisqu’apprivoiser les nouveaux outils est synonyme d’absence de lourdeurs administratives pour se concentrer sur les qualités humaines et la productivité.

Pour ce faire, de nombreuses solutions sont déjà à sa disposition. Parmi elles, les outils de dématérialisation des données. Ultra-efficaces, ces derniers permettent le partage d’un maximum d’informations avec tous les membres de son cabinet sans la moindre feuille de papier. Une stratégie qui permet de collecter la connaissance et la redistribuer au plus grand nombre pour une efficacité de traitement et une émulation collective sans équivalent. Ces nouvelles méthodes permettent d’anticiper l’issue des procédures et de créer un précieux capital-temps pour se consacrer au conseil de ses clients. Ainsi, la technologie permet d’humaniser le métier contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer. En effet, coupler l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine fait littéralement exploser la productivité, puisque l’une complète l’autre.

Avocat : le métier réinventé

Ces nouvelles perspectives technologiques vont bouleverser la manière d’apprendre le métier. De nos jours, un avocat est un expert du droit, et non un expert de ces nouveaux outils qui modifient considérablement l’approche de l’activité. C’est pourquoi, à terme, la formation va subir de profondes évolutions afin d’appréhender au mieux cette mutation des méthodes de travail. Ainsi, l’avocat ne sera plus un simple détenteur de connaissances mais un véritable vecteur de savoirs pour élaborer avec son client la meilleure stratégie de défense.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la nouvelle génération de professionnels refuse les organisations hiérarchiques traditionnelles dans les cabinets d’avocats. Jugés trop archaïques et peu rentables, les systèmes pyramidaux n’ont plus le succès escompté. Désormais, les nouveaux arrivants revendiquent des relations internes de qualité, une flexibilité accrue des horaires et de la mobilité, des objectifs concrets à atteindre et une circulation d’informations fluide. Une toute nouvelle organisation managériale qui favorise l’horizontalité et le collectif. Preuve que la profession a encore de très beaux jours devant elle.

Karima Az zékraoui
Co-fondatrice @getatty.com

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