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Le burn-out chez les professionnels du droit : signaux et symptômes.

Par Marina Bourgeois.

Les professionnels du droit sont nombreux à être touchés par l’épuisement professionnel, désormais plus connu sous l’appellation « burn-out ». Avocats, juristes, notaires et même les étudiants en droit...
Surcharge de dossiers, organisation non rationalisée, absence de cloisonnement entre vie privée et vie professionnelle, surinvestissement menant à la perte de sens, rigueur exacerbée... autant de raisons qui, combinées les unes aux autres, peuvent conduire à un épisode d’épuisement. Bien souvent, les personnes concernées n’ont pas conscience d’être en « surchauffe ». Parce que les conséquences peuvent être extrêmement graves et entraîner de surcroit une inactivité de longue durée (particulièrement problématique chez les professionnels libéraux), Marina Bourgeois-Bertrel propose ici une liste exhaustive des signaux et symptômes du burn-out.

Les signes annonciateurs du burn-out, tout comme ses symptômes, sont nombreux et se confondent parfois. Tenter de les dissocier s’avère être un exercice délicat tant les signaux d’alerte et le ressenti varient d’un individu à l’autre. Un signal sera un symptôme pour l’un, et inversement pour l’autre. Voici toutefois la synthèse des travaux menés dans le cadre de la 2ème édition parisienne des Samedis du Burn-out (SBO).

Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que cette typologie ne vaut évidemment pas avis médical. Elle doit être prise pour ce qu’elle est : une liste exhaustive de ce qu’il est possible de ressentir à l’approche d’un burn-out ou dans une situation d’épuisement professionnel.

Dans un souci de clarté pédagogique, nous dissocions ici les symptômes physiques (I) des symptômes psychiques (II), avant de dresser une typologie des signes et symptômes comportementaux (III).

I. Les signes et symptômes physiques du burn-out

  • fatigue physique persistante (vacances et temps de repos inefficaces) ;
  • manque d’énergie ;
  • troubles du sommeil (sommeil non réparateur, difficultés d’endormissement, insomnie, réveils nocturnes, cauchemars récurrents liés ou non au travail, bruxisme nocturne, hypersomnie) ;
  • bâillements incessants ;
  • troubles de l’alimentation (perte d’appétit, perte ou prise de poids, fringales répétées, nausées, anorexie, boulimie) ;
  • troubles digestifs (désordres intestinaux et gastriques, colopathie, diarrhées, constipation) ;
  • problèmes musculaires (crampes répétées, sensation de « mal partout » persistante, raideurs, douleurs dorsales, lombalgies répétitives, lumbagos fréquents, torticolis, nuque raide, douleurs aux jambes rendant parfois la marche difficile, mâchoire crispée, TMS, etc) ;
  • maux de tête, migraines ;
  • acouphènes ;
  • vertiges, évanouissements ;
  • baisse des défenses humanitaires (sensibilité plus importante aux virus qu’à l’ordinaire : ainsi, les rhumes et les états grippaux semblent plus fréquents et durent plus longtemps) ;
  • cicatrisation des plaies plus longue ;
  • palpitations cardiaques, manifestations cardio-vasculaires, hypotension, hypertension ;
  • ulcère ;
  • transpiration, gorge sèche, hyper-ventilation ;
  • perte de cheveux/pelade ;
  • intolérance au bruit et/ou à la lumière, troubles visuels ;
  • problèmes de peau inhabituels, boutons de fièvre, eczéma, psoriasis ;
  • infections urinaires à répétition chez la femme ;
  • dérèglement du système hormonal et du cycle menstruel chez la femme ;
  • anorgasmie chez l’homme et la femme ;
  • éjaculation précoce.

II. Les signes et symptômes psychiques du burn-out :

  • fatigue émotionnelle importante, « vide » intérieur, abattement ;
  • sentiment de surcharge, de stress ou d’ennui au travail ;
  • sentiment d’être débordé(e) par toute demande professionnelle ou extra-professionnelle ;
  • sensation de toute puissance, de pouvoir tout gérer ;
  • sentiment d’être dans le "speed" 24h/24 ;
  • difficultés à traiter les différentes tâches, aussi bien au travail qu’à la maison ;
  • désintérêt, désengagement progressif pour le travail ou, à l’inverse, incapacité à s’arrêter de travailler ;
  • impression de “glisser”, de “perdre pied” ;
  • impossibilité de se détendre à la maison ;
  • impossibilité de ne plus penser au travail en rentrant chez soi ;
  • ne plus différencier vie privée et vie professionnelle ;
  • humeur changeante (agacement, irritabilité, hypersensibilité, tristesse, froideur, pleurs, colère, etc) ou dépressive ;
  • tension nerveuse ;
  • patience altérée ;
  • détachement émotionnel, dépersonnalisation ;
  • sensation d’être décentré(e), “être là sans être là” ;
  • sentiment de perdre son identité ;
  • boule au ventre sur le chemin du travail ;
  • crises d’angoisse, spasmophilie ;
  • anticipation et appréhension exacerbées de tout évènement professionnel ou extra-professionnel non prévu ;
  • attitude générale pessimiste ;
  • baisse de moral, tristesse ;
  • crises de larmes ;
  • mutisme ; difficultés d’élocution ;
  • découragement, abattement ;
  • perte de sens, tout semble « mission impossible » ;
  • déception de soi, manque d’estime de soi et d’estime pour son travail (dépréciation du travail réalisé et de ses compétences) ;
  • culpabilité de ne pas tenir le choc et de ne pas être efficace (au travail et/ou à la maison) ;
  • impression de ne faire que courir toute la journée, sans pour autant avoir la sensation d’avoir avancé ;
  • sensation d’être pris(e) dans une spirale infernale ;
  • sensation d’être pris(e) au piège ;
  • incapacité à prendre des initiatives ;
  • procrastination (remise systématique de ses actions au lendemain) ;
  • sentiment d’échec ;
  • perte des idéaux ;
  • perte de confiance en ses compétences ;
  • résignation ;
  • résistance pour se rendre au travail ;
  • sensation de solitude.

III. Signes et symptômes comportementaux du burn-out

  • horaires à rallonge (arriver plus tôt que d’habitude au travail et en repartir plus tard durant plusieurs semaines) ;
  • travail mécanique (impression de passer en « pilotage automatique ») ;
  • repas décalés ou oubliés ;
  • attitude négative, détachée, dure, disproportionnée ou cynique envers les autres (collègues, collaborateurs, clients, etc) ;
  • non-écoute des mises en garde de l’entourage et/ou du médecin ;
  • sur-contrôle, difficulté à déléguer ;
  • sensation de ne plus rien contrôler ;
  • passer d’un sujet à un autre, sans jamais terminer ou clore une discussion ;
  • indécision prononcée ;
  • repli sur soi, isolement, évitement ;
  • abandon des activités extra-professionnelles usuelles (sport, loisirs, sorties, etc) ;
  • annulation des rendez-vous médicaux faute de temps ;
  • diminution très nette des interactions sociales (amis, famille, etc) ;
  • consommation accrue de tabac, café, alcool, vitamines et/ou produits stimulants ;
  • augmentation des comportements à risque (imprudences) ;
  • diminution de la tolérance à la frustration ;
  • impulsivité démesurée, hostilité, agressivité ;
  • jalousie ou cynisme envers les personnes ayant en apparence une vie moins chargée ;
  • diminution de l’empathie (les problèmes des autres touchent moins), déshumanisation ;
  • paranoïa, agitation vaine ;
  • entourage impuissant ou non écouté ;
  • pensées suicidaires.

Nous vous rappelons que la 1ère des choses à faire si vous ressentez plusieurs de ces symptômes est de consulter votre médecin traitant dans les plus brefs délais.

Marina Bourgeois - Oser Rêver Sa Carrière

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Vos commentaires

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  • Dernière réponse : 23 juillet à 22:32
    Le 22 juillet à 20:35 , par Benoît Van de Moortel
    Coquille (mais pas vide)

    Merci pour votre article et vos conseils.
    Mais, parmi tous les symptômes énumérés, la "baisse des défenses humanitaires", à craindre en effet chez les avocats, n’a-t-elle pas d’autre explication que le burn out, ni d’autre remède que la médecine ?
    Bon, le lecteur aura rectifié lui-même, mais cette sympathique coquille pourrait être l’occasion d’intéressants débats.
    Bien respectueusement.

    • Le 23 juillet à 22:32 , par marina Bourgeois
      (Jolie) coquille

      Bonsoir Benoît,
      Merci de m’avoir signifié cette jolie coquille qui pourrait, en effet, ouvrir le débat ;-).
      Bien respectueusement,
      Marina Bourgeois