Votre métier en 5 points clefs, c’est...
1) Un enjeu.
« Faire entrer l’IA dans la pratique du droit, rien que ça ! Les métiers du droit – qu’ils soient exercés en cabinet ou en entreprise – sont sous pression : complexité croissante, volume de documents, attentes clients toujours plus fortes. L’IA générative, bien utilisée, est une réponse concrète à ces tensions et une opportunité business notamment pour les cabinets d’avocats. Elle permet de travailler plus vite, de façon plus structurée, et de se concentrer sur la vraie valeur : la stratégie, le raisonnement, l’humain. Son impact est immense mais encore faut-il savoir s’en servir ! »
2) Une compétence.
« Poser la bonne question. C’est la base du droit... mais aussi de l’IA. On n’avance pas dans un dossier sans se poser la bonne question. Les réponses sont plutôt faciles en comparaison. C’est la même chose pour moi. Trouver la bonne question est la clé. Une IA, aussi puissante soit-elle, ne sera pertinente que si elle est guidée avec précision. De la même manière, un prospect ne deviendra client que si nous nous posons les bonnes questions ensemble. Cette compétence prend donc une triple importance pour moi : elle a été la base de ma formation professionnelle, elle détermine la réussite des utilisateurs de ma legaltech, mais aussi la réussite de notre plateforme en France. C’est souvent ce qui fait la différence... »
3) Une tech’.
« Legora, bien sûr ! Une réponse facile puisque c’est la legaltech que je dirige, mais c’est un outil que j’utilise vraiment au quotidien. La traduction, la rédaction, la gestion de redlines, les démos — c’est toujours ouvert sur mon bureau et je ne pourrais plus m’en passer. Je mets souvent en garde en précisant que "la première dose est gratuite" ! Et en dehors de notre propre produit, on travaille énormément sur Slack. Mention spéciale pour Notion, Loom et Cal. »
4) Une bonne pratique.
« Tester l’outil sur ses vrais cas d’usage. Trop souvent, on adopte une solution technologique en espérant un gain immédiat, sans avoir vérifié qu’elle correspond à sa manière de travailler. Or, c’est en testant l’outil sur un contrat réel, une base documentaire, un vrai dossier, une négociation en cours, qu’on mesure sa valeur. Ce réalisme méthodologique est clé : l’IA, comme tout outil juridique, doit être confrontée au terrain pour convaincre. »
5) Un terme juridique.
« Je m’éloigne de la pratique du droit comme je peux, mais le droit semble me poursuivre... je vais tenter une dernière esquive en répondant "ROI". Ce n’est pas forcément enseigné en première année de droit, mais l’impact de cette technologie est tellement fort que l’IA remet en cause certaines pratiques, activités et modèles économiques. Le ROI de l’IA devrait être l’obsession de chacun d’entre nous. Le sujet n’est plus de savoir si l’IA est innovante, impressionnante ou dans l’air du temps – elle l’est, sans question – mais plutôt si telle ou telle fonctionnalité permet, concrètement, de gagner du temps, ou d’augmenter la qualité du service rendu. »


