Rémunération variable : comment bénéficier du paiement intégral de son bonus ?

Par Cyrille Catoire, Avocat.

612 lectures 1re Parution: 4.97  /5

Explorez aussi: # rémunération variable # bonus # contrat de travail # droit du travail

Ce que vous allez lire ici :

Le bonus, souvent prévu dans les contrats de travail, récompense les salariés pour des résultats atteints. Sa validité dépend de critères objectifs, clairs, et ne doit pas affecter le salaire en dessous des minima. Les erreurs fréquentes des employeurs peuvent entraîner des litiges, nécessitant une rédaction soignée des objectifs.
Description rédigée par l'IA du Village

Le bonus, aussi régulièrement appelé rémunération variable, constitue une partie significative de la rémunération de nombreux salariés, notamment cadres.

Sujet très sensible régulièrement débattu devant les juridictions prud’homales, il est temps de mieux comprendre les règles le concernant et les possibilités d’obtention de l’intégralité de son bonus dans certains cas spécifiques.

-

La notion de bonus et sa validité.

Au salaire dit de base, visant à rémunérer le salarié en contrepartie du travail fourni chaque mois, il n’est pas rare de prévoir, dans le contrat de travail ou de manière unilatérale, un bonus.

La vocation du bonus est en général de récompenser un salarié ayant obtenu a minima des résultats satisfaisants liés à des objectifs fixés.

Il sera précisé que nous n’évoquerons pas ici le cas du bonus discrétionnaire qui présente la particularité d’être à la discrétion de l’employeur.

Les modalités des règles d’attribution du bonus peuvent être très variées mais doivent néanmoins respecter quatre conditions incontournables :

  • Le bonus doit être fondé sur des éléments objectifs, réalisables et indépendants de la volonté de l’employeur [1]. Il faut tenir compte de la situation économique du secteur professionnel, des compétences du salarié et des moyens dont il dispose.
  • Les objectifs doivent être rédigés en français, et ce même si le salarié est bilingue et utilise l’anglais au quotidien, sauf à ce que les objectifs proviennent de l’étranger ou que le salarié soit étranger [2].
  • Le salarié n’a pas à supporter les risques liés à l’entreprise. La variation ne doit jamais aboutir à faire subir au salarié les pertes d’exploitation de l’entreprise. Ces pertes ne doivent pas aboutir à modifier à la baisse sa rémunération variable.
  • Le bonus ne peut pas avoir pour effet de réduire la rémunération d’un salarié au-dessous des minima légaux et conventionnels.

Il conviendra donc d’être particulièrement vigilant dans la rédaction des clauses afférentes au bonus et aux objectifs associés.

Les erreurs classiques commises par l’employeur permettant d’obtenir le paiement intégral de son bonus.

Malgré une jurisprudence désormais bien établie, les erreurs commises par les entreprises en matière de bonus sont encore légion et entraînent de très régulières condamnations devant les juridictions prud’homales.

S’il fallait résumer les exemples les plus courants, nous pourrions citer :

  • Le cas d’une entreprise ne fixant pas les objectifs à atteindre en début d’année lors d’un entretien faisant l’objet d’un compte-rendu clair, rendant soit la fixation des objectifs trop tardive ou inexistante, soit la fixation des objectifs non étayée par un document [3].
  • Le cas d’objectifs totalement flous et incompréhensibles aussi bien pour le salarié que pour un juge, impliquant le paiement intégral du bonus à défaut de compréhension des objectifs à atteindre.
  • Le cas d’objectifs rédigés en langue étrangère alors même qu’ils émanent de la France [4].
  • Le cas d’objectifs totalement irréalistes, l’employeur ayant fixé des objectifs dont il sait d’avance qu’aucun salarié ne pourra les atteindre [5].
  • Le cas d’un employeur totalement incapable de justifier du calcul réalisé pour fixer le bonus, alors même qu’il doit être à même de fournir les éléments pour permettre au salarié de vérifier le calcul du bonus [6].

Loin d’être rares en pratique, ces exemples montrent que la fixation d’un bonus à ses salariés nécessite du chef d’entreprise une bonne organisation et un bon suivi pour éviter toute difficulté judiciaire.

Cyrille Catoire
Avocat à la Cour
Barreau de Paris
cc chez catoireavocat.fr
www.catoireavocat.fr

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

1 vote

L'auteur déclare ne pas avoir utilisé l'IA générative pour la rédaction de cet article.

Cet article est protégé par les droits d'auteur pour toute réutilisation ou diffusion (plus d'infos dans nos mentions légales).

Notes de l'article:

[1Cass. soc., 12 juin 2024, n° 22-17.063.

[2C. trav., art. L1321-6.

[3Cass. soc., 12 juin 2024, n° 22-17.975.

[4Cass. soc., 2 oct. 2024, n° 23-14.429.

[5Cass. soc., 12 juin 2024, n° 22-17.063.

[6Cass. soc., 29 juin 2022, n° 20-19.711.

"Ce que vous allez lire ici". La présentation de cet article et seulement celle-ci a été générée automatiquement par l'intelligence artificielle du Village de la Justice. Elle n'engage pas l'auteur et n'a vocation qu'à présenter les grandes lignes de l'article pour une meilleure appréhension de l'article par les lecteurs. Elle ne dispense pas d'une lecture complète.

A lire aussi :

Village de la justice et du Droit

Bienvenue sur le Village de la Justice.

Le 1er site de la communauté du droit: Avocats, juristes, fiscalistes, notaires, commissaires de Justice, magistrats, RH, paralegals, RH, étudiants... y trouvent services, informations, contacts et peuvent échanger et recruter. *

Aujourd'hui: 157 540 membres, 29749 articles, 127 305 messages sur les forums, 2 085 annonces d'emploi et stage... et 1 400 000 visites du site par mois en moyenne. *


FOCUS SUR...

• Le silence du barreau : pourquoi les avocats ont du mal à demander de l’aide.

• Sondage Express du Village de la Justice : VOUS et l’IA...





LES HABITANTS

Membres

PROFESSIONNELS DU DROIT

Solutions

Formateurs