Cet article est co-rédigé par Diane Bunod, Senior Product Manager chez Tomorro, et Florence Rivat, Directrice Juridique et Legal Ops, membre de la commission Legal Operations & Innovation de l’AFJE et marraine de Tomorro. Ensemble, nous partageons un regard croisé sur les enseignements clés de cet atelier.
Le constat opérationnel : trois défis majeurs pour les directions juridiques.
Les juristes présents ont décrit un quotidien sous tension, où désordre documentaire, manque d’outils et pression opérationnelle compliquent la cohérence contractuelle. Trois défis majeurs sont ressortis des échanges.
Défi n°1 : La gestion des modèles et des clauses
Les participants évoquent des « books de clauses que les opérationnels ne suivent pas » et des modèles souvent obsolètes. La difficulté de l’actualisation face aux évolutions législatives rapides s’ajoute à ces contraintes. Sans outils adaptés, maintenir la cohérence des modèles contractuels relève du défi quotidien.
Défi n°2 : Le stockage et la retrouvabilité des contrats
Un juriste d’un grand groupe industriel partage l’absence de vision globale : « On ne sait plus où sont les contrats signés : chaque zone géographique a son système. » Cette situation engendre la perte d’historique client et la multiplication anarchique des espaces de stockage, rendant impossible toute analyse de risque consolidée.
Défi n°3 : L’application des politiques contractuelles
Malgré les clauses non négociables et les tableaux de délégations, beaucoup peinent à opérationnaliser ces règles. Les circuits d’approbation sont souvent dissociés du processus contractuel, créant un décalage entre la politique juridique théorique et sa mise en œuvre pratique.
La solution présentée : un Add-in Word intelligent pour sécuriser la négociation.
Face à ces défis, nous avons présenté un Word add-in destiné aux juristes, intégrant deux briques IA fondamentales pour répondre directement aux problématiques identifiées.
Un chat IA juridique contextuel
Le premier module est un chat relié à une IA juridique capable d’expliquer, réviser, résumer ou traduire une clause, dans le contexte du document. Cette fonctionnalité répond au besoin de maintenir à jour et d’harmoniser les modèles contractuels, en offrant un support intelligent immédiat au juriste.
Une analyse de risque automatisée
Le second module propose une analyse de risque automatisée, fondée sur des playbooks contractuels et des politiques internes. Il permet de détecter en temps réel les écarts aux clauses de référence et d’appliquer concrètement les politiques contractuelles, directement dans l’outil de travail quotidien.
L’objectif est clair : assurer la cohérence des négociations, maîtriser le risque contractuel et permettre au juriste de se concentrer sur les tâches à plus forte valeur ajoutée. L’IA devient ainsi un copilote qui fluidifie la révision et sécurise la prise de décision.
Le retour d’expérience : des réponses concrètes aux défis identifiés.
Les retours des participants témoignent d’un intérêt marqué pour une solution qui répond directement à leurs défis quotidiens, au lieu d’être une technologie déconnectée du terrain.
Réponse au défi n°1 : Des modèles enfin maîtrisés
La détection immédiate des écarts aux clauses internes agit comme un garde-fou intelligent. L’IA relève en temps réel les divergences par rapport aux modèles de référence, garantissant que les négociations respectent les standards juridiques de l’entreprise, même face à des évolutions législatives.
Réponse au défi n°2 : La capitalisation du savoir juridique
La possibilité de documenter les choix et de capitaliser l’expertise facilite la transmission du savoir en cas de turnover. Les playbooks, conçus « par des juristes pour des juristes », créent une mémoire contractuelle structurée qui combat le désordre documentaire et la perte d’historique.
Réponse au défi n°3 : L’opérationnalisation des politiques
En intégrant directement les politiques contractuelles dans l’outil de travail quotidien (Word), la solution permet enfin leur application concrète. Les règles de gouvernance ne sont plus des documents théoriques mais des contrôles actifs pendant la négociation.
Et demain ? Les enrichissements stratégiques souhaités
Les participants ont immédiatement imaginé des évolutions : fiabilisation des tiers via l’intégration à Pappers/Infogreffe, ouverture internationale avec la prise en charge du droit applicable en common law, flexibilité avancée grâce à la gestion de fallbacks à plusieurs niveaux, et gestion du passif facilitée par l’aide à l’unification des modèles contractuels existants dispersés.
Ces propositions confirment une chose : les directions juridiques sont prêtes à co-construire des solutions plus intelligentes, plus flexibles et mieux connectées à leur écosystème.
Conclusion - Le futur se construit ensemble : l’IA au service de l’expertise !
Cet atelier a confirmé un constat essentiel : l’IA n’a de valeur que lorsqu’elle se met au service de la pratique juridique réelle. Elle doit renforcer l’expertise, non la remplacer.
Pour Florence, la marraine AFJE, ces échanges ont montré « l’intérêt croissant des juristes d’entreprises pour l’utilisation de l’IA qui la perçoivent de plus en plus comme un outil de productivité et de support dans leur quotidien ».
Pour Diane, travaillant sur le produit chez Tomorro, ils renforcent la conviction qui dirige l’activité de Tomorro : « l’innovation doit partir des irritants du terrain, et non d’une vision technologique abstraite. Notre mission est de rendre l’expertise juridique plus visible, plus transmissible et plus efficace. »
La co-création ne fait que commencer, continuons le dialogue !


