La conférence était animée par Stéphane Baller, membre d’Open Law* et Avocat of Counsel - Stratégie, Innovations et Développements chez De Gaulle Fleurance & Associés, avec pour intervenants Carole Maudet, inspectrice des finances - Sous-directrice Sous-direction du contrôle fiscal, du pilotage et de l’expertise juridique DGFIP, Alain David directeur financier reporting, planning et paie de McDonald’s France, Jean-Michel Ferragatti, directeur fiscal du Groupe Rémy Cointreau, Walid Eljaafari, fondateur d’Algonomia et Illona Salomon, élève avocate à l’HEDAC.
1. Un repositionnement stratégique : de l’ombre à la lumière opérationnelle.
La transformation digitale modifie profondément la place de la fiscalité au sein de l’entreprise. Traditionnellement perçue comme une fonction de "bout de chaîne" rattachée à la finance, la fiscalité devient un acteur central et transverse.
• Intégration précoce dans les processus : chez McDonald’s, la fiscalité est désormais impliquée dès le début des projets de transformation, que ce soit pour le marketing ou les nouveaux processus en restaurant, afin d’anticiper les enjeux avant l’apparition de problèmes.
• Autonomie et influence : on observe une tendance où la fiscalité s’éloigne de la direction financière pour gagner en indépendance, se rapprochant de la direction générale pour peser davantage sur la stratégie et la veille.
• Émergence de nouveaux profils : la maturité digitale voit naître le rôle de « Tax IT » ou de fiscaliste orienté technologie, capable de faire le pont entre les exigences juridiques, la donnée informatique et les impératifs comptables.
2. Outils et méthodologies : dépasser le stade d’Excel.
Si la télétransmission existe depuis longtemps, l’outillage des directions fiscales entre dans une nouvelle ère, bien que la fiscalité soit encore parfois le « parent pauvre » des investissements technologiques.
Voici ce que l’on constate :
- La fin du "tout Excel" : pour gérer la complexité croissante (prix de transfert, impôts différés, retenues à la source), les outils spécifiques deviennent indispensables, car les tableurs classiques ne permettent plus une modélisation propre et auditable.
- L’approche par le POC (Proof of Concept) : pour réussir la transition, les experts préconisent d’utiliser des méthodes agiles. Le test d’outils sur des données réelles permet de rassurer les équipes et de valider la valeur ajoutée technologique avant un déploiement massif. Cette étape est cruciale, car elle transforme une promesse technologique abstraite en une réalité tangible et testable.
- L’avance de l’Administration : La DGFiP est pionnière dans l’usage de l’intelligence artificielle et du cloud pour le ciblage des contrôles, tout en prônant une transparence sur ces algorithmes pour maintenir une relation de confiance avec les contribuables.
3. Facteurs de succès et exploitation des bénéfices digitaux.
Pour tirer profit de cette évolution, les directions fiscales doivent adopter une approche structurée centrée sur l’humain et la donnée.
Cela passe par :
- Le rôle crucial du sponsor : pour obtenir les budgets nécessaires et ouvrir les portes des autres départements, il est essentiel d’avoir un soutien de la direction (le sponsor) qui portera la vision de la transformation.
- "Désiloter" les compétences : la réussite repose sur la collaboration entre fiscalistes, juristes, data scientists et analystes. Cette « mayonnaise » permet de transformer la donnée brute en levier de pilotage fiscal efficace.
- Une feuille de route progressive : il est conseillé de définir une trajectoire à long terme mais de commencer par des "petites briques" simples pour démontrer des résultats rapides et embarquer les équipes réticentes.
- Une sécurisation et une visibilité : en maîtrisant leurs outils, les directions fiscales améliorent la sécurité juridique de l’entreprise (via les rescrits ou les accords préalables) et augmentent leur propre visibilité interne en devenant des partenaires d’affaires consultés systématiquement.
La direction fiscale agit désormais comme un chef d’orchestre : elle ne se contente plus de jouer sa partition technique dans son coin, mais coordonne les flux d’informations entre l’IT, la comptabilité et la stratégie pour assurer l’harmonie réglementaire de toute l’entreprise.
La conférence comme si vous y étiez, le son ci-dessous…
... Et n’hésitez-pas pour assister à bien d’autres conférences à réserver vos dates des 24 et 25 novembre 2026 pour la prochaine édition du Congrès RDV des Transformations du droit, auquel vous pouvez déjà vous pré-inscrire : le Village de la justice vous y invite !



Discussion en cours :
merci en effet d’avoir accueilli les fiscalistes et de les mettre en valeur avec votre article fidèle qui je l’espère donne l’envie de bâtir une deuxième édition ! Alors RV en novembre 2026 ?