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Que faut-il penser de la domiciliation en centre d’affaires pour les avocats ?

La recherche et le choix des locaux est important pour les avocats, lors de l’installation de leur cabinet, ou plus tard pour chercher à réduire les frais fixes, ou bien encore pour bénéficier de services.
Le règlement intérieur des avocats prévoit différentes possibilités pour les locaux professionnels, et parmi elles la possibilité d’avoir recours, plus ou moins temporairement, à une location en centre d’affaires.
Que faut-il en penser d’un point de vue de la pratique professionnelle ?

Choix peu habituel, la domiciliation en centre d’affaires est pourtant la réalité pour de nombreux cabinets d’avocats à leur démarage ou pour faire face à un surcroît d’activité. Souplesse de la durée d’engagement et de l’espace loué, évolutivité, services... le centre d’affaires a de nombreux atouts, si l’avocat s’assure de remplir les conditions requises pour la confidentialité de son travail (accueil clients, stockage des dossiers...).

Nous avons déjà abordé ce sujet dans le dossier Spécial installation du Journal du Village de la justice (voir le dossier “Se domicilier” pages 18 et suivantes) et lors de notre soirée de l’installation de l’avocat, mais nous souhaitons ici aller un peu plus loin sur les avantages et inconvénients des centres d’affaires, qui sont une des réponses à la tendance au partage des espaces de travail (“coworking”) plutôt qu’à la mobilisation de ressources (immobilières et financières) : la logique de partage de ressources est dans l’air du temps et déjà dans la logique des avocats (le partage de moyens est courant).
Notez aussi que les centres d’affaires sont intéressants à envisager pour le professionnel en situation de mobilité et deviennent une extension du cabinet...

Nous avons donc interrogé Bruno Rébillé, président du SYNAPHE (Syndicat National des Professionnels de l’Hébergement d’Entreprises) [1]

Vous indiquez que les centres d’affaires et de domiciliation proposent une alternative parfaitement adaptée aux besoins des avocats (notamment suite à la modification le 5 octobre 2011 du règlement intérieur national (RIN) [2] de la profession d’avocat). En quoi voyez-vous une facilitation de la domiciliation en centres d’affaires ?

“Pour les avocats, exerçant au sein d’une structure ou en libéral, qui ont besoin d’un espace de travail ponctuel ou permanant, à l’occasion de leurs déplacements par exemple, les centres d’affaires et de domiciliation peuvent représenter une solution d’hébergement mobile, véritable extension du bureau principal. Ce sera particulièrement intéressant pour certains cabinets devant se restructurer suite à la réforme de la carte judiciaire.
C’est aussi une bonne réponse aux jeunes et moins jeunes avocats, pour s’installer à moindres frais et pour toute la profession l’occasion de réduire ses coûts.

Le maillage des membres de notre syndicat est national et flexible dans son offre de bureaux et de salles de réunion, nous accompagnons nos clients dans de nombreuses villes... intéressant pour les avocats.

Les centres d’affaires et de domiciliation se positionnent de plus en plus comme des prestataires de service à forte valeur ajoutée, en proposant des solutions adaptées à un mode de management « intelligent ». De la téléphonie aux services Internet haut débit, en passant par des systèmes de visio-conférences, les centres d’affaires et de domiciliation se dotent des outils techniques modernes leur permettant de s’adapter aux besoins de leurs clients.”

Il est vrai en effet que l’on retrouve des centres d’affaires dans de nombreuses villes (plutôt les grandes) et près des “noeuds” de transport (gares, aéroports, et même désormais dans des stations-services !), et nombreux sont ceux qui ont des moyens de communication intéressants ponctuellement...

Question incontournable : Est-ce un facteur d’image positive que d’accueillir ses clients en centre d’affaires ?

Il y a des normes de qualité dans les centres d’affaires, des signalétiques, des partages de services et d’outils... qui font que l’image est valorisée : la clientèle perçoit tout cela très positivement, et est de toute façon de plus en plus habituée - pour la clientèle professionnelle - à des rendez-vous dans ces lieux.

Il y a aussi plusieurs niveaux de gamme parmi les centres d’affaires, certains vont loin dans le haut de gamme, et nombreux sont ceux qui peuvent s’adapter aux demandes du RIN des avocats.”

Peut-on évaluer un comparatif approximatif du coût du recours à la domiciliation en centre d’affaires par rapport à celui de la location de ses propres locaux ?

Attention, on ne vend pas du m2 mais un ensemble de services associés, et le temps gagné à ne plus gérer les services (accueil, téléphonie, nettoyage de locaux...), les personnels administratifs et les problématiques non directement dans le coeur de métier, est un point fort.
(NDLR : certains centres proposent même une assistance informatique ou l’hébergement des données dans un serveur sécurisé).

Les locaux sont ajustables rapidement au volume d’affaires, et permettent aussi de limiter la casse éventuelle en cas de bouleversement de son volume d’activité, à la hausse comme à la baisse.”

Quel est finalement l’atout principal de la domiciliation selon vous ?

C’est le maillage national et la flexibilité : un avocat peut avoir une réunion à Lyon puis à Paris et travailler à Marseille le 3eme jour, avec à chaque fois des besoins différents... [3]

Mais y-a-t-il des inconvénients ?
Evidemment vous ne capitalisez pas d’un point de vue patrimonial (mais pas non plus quand vous avez un bail de location classique). Et parfois, vous ne serez pas dans de beaux locaux haussmaniens (tout dépend des villes, mais les normes récentes poussent vers le haut la qualité générale, qui dépasse même celle de nombreux cabinets, par exemple pour l’accueil, les espaces repos ou détente).
Mais rien là de rédhibitoire, si les atouts des centres d’affaires vous intéressent. Vous pouvez même songer à utiliser des adresses prestigieuses de façon ponctuelle, comme ce centre d’affaires place Vendôme, juste en face du Ministère de la justice...

Les centres d’affaires apparaissent donc comme une solution intéressante dans de nombreux cas. Ajoutons qu’ils sont aussi des lieux tout à fait adaptés pour les “nouveaux travailleurs” (pas forcément uniquement les jeunes) pour qui le lieu de travail est de moins en moins important, au profil d’un souhait de “travailler malin” pour préserver la vie personnelle et limiter les pertes de temps (transports par exemple).

C.Albert
Village de la justice

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Notes :

[1Le SYNAPHE regroupe et représente les professionnels dont l’activité consiste à fournir à tous types d’entreprises, françaises ou étrangères, des espaces (bureaux, salles de réunion), une adresse pour détermination d’un premier établissement en France et tous les services qui y sont associés, proposant un accompagnement structurel au développement économique de leurs clients.

[3Le site du syndicat http://www.synaphe.fr/ propose d’ailleurs une liste des centres adhérents avec recherche géographique.

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