Comment sont imposés les dividendes d’une SARL ?
Afin de bien comprendre le régime d’imposition applicable aux dividendes d’une SARL, il convient de distinguer l’imposition des associés personnes physiques de celle des associés personnes morales, ainsi que les cotisations sociales éventuellement dues sur les dividendes.
L’imposition des dividendes pour un associé personne physique
Les dividendes perçus par un associé personne physique d’une SARL sont imposés comme des revenus du capital. Deux régimes sont possibles : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR).
Par défaut, le PFU (ou « flat tax ») s’applique. Il combine un impôt sur le revenu de 12,8 % et des prélèvements sociaux actuellement fixés à 17,2 %, soit un taux global de 30 % prélevé lors de la distribution.
L’associé peut toutefois opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR). Dans ce cas, les dividendes profitent d’un abattement de 40 % (pour éviter une double imposition des bénéfices). Ils ne sont intégrés au revenu imposable que s’il s’agit d’une distribution régulière votée en assemblée et provenant d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés. Les prélèvements sociaux restent dus en parallèle, mais une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible, ce qui peut réduire l’imposition finale pour les contribuables situés dans les tranches basses du barème.
Concernant le cas du gérant associé majoritaire, sur le plan fiscal, il est traité comme n’importe quel associé personne physique. Il peut donc choisir entre PFU et barème, indépendamment de son statut social.
L’imposition des dividendes pour un associé personne morale
Lorsqu’une personne morale perçoit les dividendes d’une SARL, ces sommes relèvent du régime de l’impôt sur les sociétés (IS). En principe, les dividendes sont imposés au taux normal de l’IS (actuellement 25 %). Les petites et moyennes entreprises (PME) peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’un taux réduit de 15 % sur une partie de leurs bénéfices.
Lorsque l’associé personne morale détient au moins 5 % du capital de la SARL, il peut opter pour le régime des sociétés mères-filles. Ce dispositif exonère de 95 % les dividendes reçus, seule une quote-part de frais et charges de 5 % restant imposable.
Les cotisations sociales
Les dividendes versés à des associés personnes physiques supportent en principe les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %. Ce taux s’applique à la fois sous PFU (les prélèvements sociaux étant inclus dans le taux unique) et sous barème progressif (dans ce cas, l’associé doit s’acquitter de la CRDS et de la CSG), indépendamment de la situation de l’associé (personne physique ou morale).
Une exception importante concerne les gérants associés majoritaires de SARL. Pour les gérants majoritaires, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants est soumise aux cotisations sociales des indépendants.
Quant aux associés personnes morales, ils ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux, sauf cas particuliers.
Que prévoit l’amendement sur la hausse de la CSG ?
L’amendement adopté dans le cadre du PLFSS 2026 prévoit d’augmenter la CSG prélevée sur les revenus du capital, dont font partie les dividendes versés par une SARL. Le taux passerait de 9,2 % à 10,6 %. En outre, le niveau total des prélèvements sociaux appliqués aux dividendes atteindraient 18,6 %, au lieu de 17,2 % aujourd’hui. Pour les associés imposés au PFU, le taux global grimperait donc de 1,4 % (soit un total de 31,4 % au lieu de 30 %).
Cette hausse s’inscrit dans une refonte plus large des règles sociales des travailleurs indépendants. L’amendement augmente certes la CSG, mais il modifie aussi la façon dont sont calculées les cotisations des indépendants. Pour les gérants majoritaires de SARL, la règle des dividendes (représentant plus de 10 % du capital) ne change pas, mais les montants prélevés augmentent : la CSG est plus élevée et la base de calcul évolue. Les dividendes seront donc davantage taxés.
Enfin, la réforme entrerait en vigueur en 2026, lors de la régularisation des revenus perçus en 2025. Ce sera la première année où l’augmentation de la CSG et le nouveau mode de calcul social produiront leurs effets sur les dividendes versés par les SARL.
Quel impact pour les dividendes versés en SARL ?
La hausse de la CSG et la modification du calcul des cotisations sociales auront un impact différent selon la situation de l’associé.
Tout d’abord, pour les associés personnes physiques, les dividendes seront simplement un peu plus taxés : le taux des prélèvements sociaux augmentera automatiquement, que l’associé soit imposé au PFU ou au barème progressif.
Pour les gérants majoritaires, l’impact est plus visible. Une partie de leurs dividendes reste en effet traitée comme un revenu d’activité : au-delà de 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des comptes courants), ils entrent dans le calcul des cotisations sociales des indépendants. Avec la hausse de la CSG et le nouveau mode de calcul, le principe ne change pas, mais le total d’imposition, lui, augmente.
Concernant les associés personnes morales, il n’y a pas de changement majeur. Ils ne sont pas concernés par la CSG sur les revenus du capital et la réforme ne modifie pas les mécanismes déjà en place.
À partir de 2026 donc, la hausse de la CSG touchera tous les associés, mais son impact sera surtout visible pour les gérants majoritaires, pour lesquels les dividendes supportent déjà à la fois prélèvements sociaux et cotisations.


