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Gisèle Halimi, ses combats en héritage...

Gisèle Halimi, femme, avocate et députée engagée, est décédée le 28 juillet 2020. Elle nous laisse ses combats en héritage. La Rédaction du Village de la justice lui rend hommage et vous propose de retrouver dans cet article quelques-unes des réactions politiques à l’annonce de son décès et de revoir ou réécouter cette militante infatigable et emblématique de la défense des droits humains.

Un dessin de "Jurisgeek",
issu du Concours de Dessins de Justice 2020.

« Ne vous résignez jamais ! » (G. Halimi)

« Défenseuse passionnée de la cause des femmes » [1], « infatigable combattante pour la cause des femmes » [2], Gisèle Halimi n’est plus. « La voix des femmes s’est tue » [3].

« Une pour toutes » [4], formule qui résumerait assez bien l’engagement féministe de Gisèle Halimi : « Je dis aux femmes trois choses : votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations, qui attentent à votre dignité. Ne vous résignez jamais !  » [5]

Hommages politiques et de la profession

  • Emmanuel Macron, Président de la République (Tweeter) : « La France perd une républicaine passionnée qui, comme avocate, militante et élue, fut une grande combattante de l’émancipation des femmes »
  • Éric Dupond Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice (Tweeter, hommage rendu devant l’Assemblée nationale) : « Toute sa vie elle aura combattu, elle aura milité, elle aura défendu. Son obsession était la Justice pour tous, et je devrais peut-être dire la Justice pour toutes »
  • Élisabeth Morano, Ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances (Tweeter) : « Une très grande féministe nous a quittés. Rebelle infatigable, militante engagée, Gisèle Halimi s’est battue toute sa vie pour améliorer le sort des femmes. Nous savons ce que nous lui devons. L’héritage de ses combats nous oblige »
  • André Vallini, Sénateur, ancien ministre et ancien attaché parlementaire de Gisèle Halimi (France Info) : « Elle considérait que tous les combats actuels vont dans le même sens, celui de la libération des femmes, de l’émancipation des femmes, de l’égalité des droits, de l’égalité en dignité des hommes et des femmes. Elle considérait que c’est un combat qui n’est jamais gagné, qu’il faut toujours mener »
  • Christiane Feral-Schuhl, Présidente du CNB (Tweeter, hommage rendu sur FranceInfo) : « Elle a marqué par ses combats, par cette présence et cette combativité qui qualifie les avocats. C’est une référence : quand je suis rentrée dans la profession, je rêvais de faire un stage dans son cabinet ! ». Alors candidate au bâtonnat, C. Feral-Schuhl avait discuté avec G. Halimi de sa vision de la profession (Vidéo des échanges sur YouTube)
  • Hélène Fontaine, Présidente de la Conférence des bâtonniers (Tweeter) : « La profession est ce soir orpheline d’une militante impliquée qui a permis à notre droit et à notre société d’évoluer » et la Conférence des bâtonniers (Tweeter) : « La profession perd une remarquable avocate de combat qui a contribué par ses engagements à faire évoluer le droit, notamment la cause féminine »
  • Olivier Cousi, Bâtonnier de Paris (Tweeter) : « Elle est un modèle, une source d’inspiration pour tous les citoyens et pour notre Barreau ».

Ses consœurs et confrères sont également nombreuses et nombreux à saluer celle qui « était la plus grande soprano du barreau » [6], « un modèle pour les avocates de sa génération » [7].

Un engagement au service des droits humains

Le droit des femmes de choisir leur maternité sera l’un de ses combats :

« Je me bats pour le droit de la femme de choisir ses maternités »

  • Lors d’un échange avec Bernard Pivot en 1973 : « J’ai avorté quand je ne voulais pas d’enfant, mais j’ai eu des enfants quand je le voulais »

Deux procès marqueront particulièrement l’opinion publique [8] :

  • 1972 : Le procès de Bobigny, pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Prémices à la loi Veil de 1975 autorisant l’interruption volontaire de grossesse [9], et procès qui lui vaudra une audience disciplinaire : « Ma dignité d’avocate ne saurait museler ma liberté de femme » [10]

« Une femme violée, c’est une femme cassée » [11]

  • 1978 : L’affaire Tonglet-Castellano ou le « procès du viol », combat pour la criminalisation du viol, préambule à la réforme modifiant sa définition juridique dans le Code pénal [12].

L’engagement de Gisèle Halimi allait au-delà de la cause féministe. Deux causes lui tenaient notamment à cœur :

Elle était également romancière :

  • Djamila Boupacha (avec Simone de Beauvoir, Gallimard, 1962)
  • La Cause des femmes (Gallimard, 1972)
  • Le Lait de l’oranger (Gallimard, 1988)
  • Une embellie perdue (Gallimard, 1995)
  • La Nouvelle Cause des femmes (Seuil, 1998)
  • Fritna (Plon, 1999)
  • L’autre moitié de l’humanité (Alice, 2000)
  • Avocate irrespectueuse (Plon, 2002)
  • L’Étrange Monsieur K (Plon, 2004)
  • Le Procès de Bobigny : choisir la cause des femmes (Collectif, Gallimard, 2006)
  • Ne vous résignez jamais (Plon, 2009)
  • Histoire d’une passion (Plon, 2011)
  • Viol, le procès d’Aix : choisir la cause des femmes (L’Harmattan, éd. enrichie 2012)
  • Rebelle ( avec Annick Cojean, Grasset, à paraître 2020)

Notes :

[3Mort de Gisèle Halimi : la voix des femmes s’est tue par C. Mateus, pour le Parisien.

[4Gisèle Halimi : une pour toutes, par S. Champenois, C. Mallaval et L. Bretton, pour Libération.

[9Voir aussi les archives de l’INA

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