Malgré l’importance de la CPI en Afrique, le fait qu’elle ne juge quasiment que des africains a été largement critiqué et a donné à certains gouvernements africains une justification légitime pour demander le retrait de leur État du traité de Rome.
La défaillance des Etats étant déterminante dans l’intervention de la CPI, cette juridiction interviendra plus fréquemment dans certains Etats que dans d’autres. Il ne devrait donc rien n’y avoir de surprenant au fait que la CPI soit plus active en Afrique que sur les autres continents.
Bien que la CPI soit une juridiction complémentaire, le fait que sur les 33 affaires qui ont donné lieu à des procès 32 sont d’origine africaine [2], est suspect. Cette juridiction qui autrefois avait été accueillie à bras ouverts en Afrique, suscite de plus en plus de méfiance à tel point que certains États ont manifesté leur volonté de se retirer du Statut de Rome. Il en a été ainsi en 2016, du Burundi, de la Gambie et de l’Afrique du Sud [3], cet événement a créé un précédent dangereux pour le maintien de cette juridiction en Afrique.
Après la première vague de menaces de retrait de la CPI de 2016, l’on assiste, en cette année 2025, à une deuxième vague. En effet, le 22 septembre, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont manifesté leur volonté de se retirer de la CPI [4].
Les deux vagues de retrait de 2016 et de 2025 sont révélatrices d’une perte de crédibilité de la CPI en Afrique. Dans ce contexte, la survenance d’un événement jugé inacceptable pourrait entraîner une vague de retrait massive des États africains. Peut par exemple constituer un tel événement, la libre circulation de Vladimir Poutine et de Benyamin Netanyahou sur le territoire des États occidentaux membres de la CPI malgré le mandat d’arrêt émis à leur encontre [5].


