Accueil Carrières en droit Métiers du droit Professionnels du Droit

Ces juristes qui font bouger les lignes !

Existe-t-il des juristes qui, par leur présence dans les médias, leur combat, leur travail tout simplement, viennent redéfinir les contours de leurs professions et du monde du droit en général ? Nous nous sommes prêtés pour cela à une expérience au sein de la rédaction : lister, pour chacun, les noms de ceux qui répondraient selon nous à cette définition. Le test a porté ses fruits : beaucoup de noms étaient communs à toutes les listes... En tant qu’observateur du monde du droit animé d’un esprit communautaire, le Village de la Justice vous propose sa sélection des juristes - osons le mot ? - "influenceurs".


Stéphane Baller


Ancien Expert-comptable, Stéphane Baller est depuis 18 ans associé du cabinet EY, où il a développé le poste « d’avocat associé en charge du développement – les marchés et les clients de demain - et du talent sourcing – la détection et la formation des collaborateurs de demain ». Par ailleurs, il est auteur de la série des Observatoires – Directions Fiscales depuis 2002, Directions Juridiques depuis 2007, Formations Juridiques & Fiscales 2011- et auteur avec Bruno Deffains de l’Observatoire des Acteurs Economiques du Marché du Droit depuis 2015. Il est enfin chargé d’enseignement et co-directeur du DU Transformation Digitale du Droit de Paris 2 Panthéon Assas.

Son fait d’arme : Bien sûr, son engagement pour la formation du « juriste de demain » à travers notamment le DU d’Assas. Mais il faut souligner aussi que Stéphane Baller est co-initiateur de "Droit comme un H", un programme d’accompagnement d’étudiants en droit en situation de handicap.

Il a dit : "Il faut donner la possibilité à l’écosystème du marché du droit d’accueillir ces personnes en situation de handicap. La filière droit ne doit plus se priver de ces jeunes talents du fait d’une absence de visibilité et d’accompagnement de ces derniers."

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Pierre Berlioz


Professeur de droit à l’université Paris Descartes, ancien conseiller du Garde des sceaux de 2016 à 2017, il est l’actuel directeur de l’École Française des Barreaux (École des avocats de Paris).

Son fait d’arme : une réforme profonde de la formation de l’avocat à l’EFB : refonte pédagogique, suppression de certaines matières, et entrée du monde des legaltech dans la formation avec notamment la création du « Lab », un programme de formation entièrement dédié à l’innovation, avec un travail en étroite collaboration avec l’Incubateur du Barreau de Paris.

Il a dit : « Il y a une révolution culturelle à faire afin que les professionnels du droit, y compris le corps professoral, ne se positionnent plus comme des sachants. Aujourd’hui le juriste n’est plus celui qui a l’information mais plutôt celui qui trouve la bonne information. Ce n’est pas un fournisseur mais un concepteur. Les avocats doivent être dans une dynamique de création de valeur sur l’exploitation de la bonne information et l’analyse de la situation juridique. »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Sophie Clanchet



Avocate associée du cabinet Delattre Avocat situé à Metz, elle est spécialisée notamment en droit de la construction et droit du travail. Depuis 2016, elle est présidente du réseau Eurojuris (elle a été réélue pour un 2ème mandat de 2 ans en 2018), un réseau pluri-professionnel regroupant avocats et huissiers de justice.

Son fait d’arme : Avec son équipe, elle a su dynamiser le réseau qui s’est saisi de toutes les questions de transformations actuelles, du côté du digital mais aussi de l’interprofessionnalité. Le réseau a lancé sa legaltech en mars 2019 : madecision.com, une plateforme d’arbitrage et de médiation en ligne (développée en partenariat avec Ejust). Eurojuris est en partie devenu une "fabrique à Legaltech" et un labo de l’innovation pour ses membres.

Elle a dit : « Aujourd’hui, les membres du réseau, que ce soit les avocats ou les huissiers, ont tout à fait conscience que nous sommes dans une période inédite, où l’innovation est au cœur de nos réflexions, qu’il faut que nous saisissions les opportunités qu’elle nous offre. Nous voulons faire passer ce message : maintenant que vous êtes informés, il faut aller au delà et concrétiser cette transition digitale, mais de façon créative et propre à chacune de vos structures. Car, comme nous avons des structures très différentes, ce qui est pertinent dans l’une ne le sera pas nécessairement dans l’autre. »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Bruno Dondero


Professeur agrégé, spécialisé en droit des affaires, il enseigne depuis 2012 à l’université Paris I (Panthéon Sorbonne), et dirige le CAVEJ (Centre AudioVisuel d’Etudes Juridiques).

Son fait d’arme : Son blog [1], sur lequel il publie régulièrement des articles sur le droit des affaires mais également sur la justice prédictive, ou le « droit des réseaux sociaux »... bref le droit « 2.0 » !

Il a dit : « Il ne faut pas oublier que même si le droit est facilement accessible grâce à Google, tout le monde n’est pas juriste et en mesure de délivrer une solution juridique. C’est l’intervention d’un juriste qui va permettre de trouver cette solution. Il ne faut pas que les juristes perdent leurs plus-values ».

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Christiane Féral-Schuhl


Avocate associée fondateur du Cabinet Feral-Schuhl Sainte-Marie, ancien Bâtonnier du Barreau de Paris. Elle est spécialisée dans le droit de l’informatique, des nouvelles technologies, des données personnelles et de la propriété intellectuelle. Elle est aussi arbitre et médiatrice. Elle a également siégé au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes en tant que personnalité qualifiée.

Son fait d’arme : elle est, pour la mandature 2018-2020, la Présidente du Conseil national des Barreaux. C’est une as de la communication, qui travaille à fédérer la profession - notamment en affichant un travail avec le barreau de Paris et la Conférence des Bâtonniers (ce qui s’est vu notamment lors de la mobilisation contre la réforme de la justice).

Elle a dit : « Une de mes priorités est de faire en sorte que l’avocat soit partout parce qu’il n’y a pas de meilleur ambassadeur de l’accès au droit. L’avocat doit être présent dans la société mais surtout « au cœur du réacteur » c’est-à-dire dans tous les lieux de pouvoir et d’influence (...) »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Stéphanie Fougou


Ancienne directrice juridique chez Orange puis au Club Méditerranée, elle est désormais « secrétaire générale » du groupe Accor Hotels. Présidente sortante de l’AFJE, elle en reste la présidente d’honneur.

Son fait d’arme : C’est sous son mandat à l’AFJE qu’a débuté la communication sur la "grande profession du droit" (poursuivie par Marc Mossé) et les Grenelles du droit. Elle a fondé à l’issue du premier Grenelle du droit un think-tank, "Tous droits devant".

Elle a dit : "L’idée est que nous avons des personnes qui ont été formées sur les bancs de l’université et qui travaillent en tant que juristes, avocats, magistrats ou universitaires, dans tous les domaines du droit, avec des objectifs et des approches différents. Et nous estimons qu’il est nécessaire, pour les jeunes de demain, de travailler sur la flexibilité de ces environnements, car aujourd’hui, nous n’exerçons pas obligatoirement le même métier toute notre vie."

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Antoine Garapon


Docteur en droit, magistrat (en tant que juge des enfants notamment pendant près de 10 ans), Maître de conférence à l’ENM, Antoine Garapon est également Secrétaire général de l’Institut des Hautes Études sur la Justice.

Son fait d’arme : Antoine Garapon est un magistrat médiatique, qui anime depuis 2005 des émissions de radio sur France Culture ; il est également essayiste et l’auteur à ce titre d’une vingtaine d’ouvrages. Un de ses sujets de prédilections est celui des nouvelles technologies dans le droit.

Il a dit : "Qu’un robot aide à déterminer la solution d’un conflit par des techniques nouvelles, on ne peut que s’en réjouir. Mais à la condition qu’il n’oublie pas sa condition de valet". (Postface de l’ouvrage "Les robots à l’assaut de la justice" par Adrien van den Branden)

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :

Crédit photo : Ministère de la Justice


Nicolas Guérin


Juriste, il rejoint en 1998 le service juridique de France Telecom (qui deviendra ensuite Orange). Il sera nommé Directeur juridique concurrence et réglementation en 2003, puis en 2009 Directeur juridique du Groupe Orange ; il est désormais Secrétaire général du groupe Orange.

Son fait d’arme : Avoir défendu une autre image et un autre rôle de la direction juridique, et la place de celle-ci comme véritable business partner. Il a également été porteur d’initiatives innovantes, oeuvrant ainsi à la modernisation de cette fonction. Une évolution qu’il a porté aussi bien au sein de son entreprise qu’en tant que président du Cercle Montesquieu. [2]

Il a dit : « Si nous voulons être des véritables business Partner de nos entreprises, si nous voulons vraiment jouer le rôle que doit avoir un juriste d’entreprise, il faut innover, il faut trouver des solutions. Innover en droit c’est évident mais innover aussi en management parce que nous ne sommes pas une population tout à fait "normale" dans nos entreprises. »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Kami Haeri


Ancien membre du cabinet August Debouzy, actuellement avocat membre du cabinet international Quinn Emmanuel Trial Lawyers LLP, ancien Membre du Conseil de l’ordre de Paris de 2011 à 2013, il est également enseignant à Sciences-Po Paris et à l’EFB notamment.

Son fait d’arme : son rapport rendu en 2016 à la demande du Garde des sceaux de l’époque, Jean-Jacques Urvoas, sur « L’avenir de la profession d’avocat » (130 pages et 50 propositions), source inépuisable d’informations et de réflexions !

Il a dit : "Je ne veux pas participer à cette espèce de doxa actuelle qui consiste à dire « les jeunes ne veulent plus travailler ». C’est complètement faux. Ils demandent juste à savoir où ils vont, contrairement à nous, qui n’osions sans doute pas poser ces questions."

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Corinne Lepage


Docteur en droit, avocate spécialisée en droit public et en droit de l’environnement, elle a cofondé en 1978 le cabinet Huglo Lepage. Elle a également été Ministre de l’environnement et Eurodéputée.

Son fait d’arme : Corinne Lepage préside plusieurs associations dans le domaine de l’environnement. Elle copréside notamment le MENE, Mouvement des Entrepreneurs de la Nouvelle Economie, ainsi que Justice Pesticides qui a pour objet de « mettre à la disposition de tous, en particulier des victimes de pesticides, quels que soient leur nationalité et leur statut l’ensemble des affaires juridiques concernant les pesticides dans le monde ».

Elle a dit : « La justice et le droit sont des leviers efficaces, explique-t-elle. Les gens en ont assez de l’impuissance des États. » (Source : Le Parisien. )

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici  : Pas encore ! Mais on serait tellement ravis de l’interviewer !

Crédit photo : Cabinet Huglo Lepage


Marc Mossé 


Avocat de formation, devenu un temps le collaborateur parlementaire de Robert Badinter, il fait son retour à la profession d’avocat en 2000 comme associé chez August Debouzy. Depuis 2008, il a rejoint Microsoft et est depuis 2016 le directeur juridique de Microsoft Europe.

Son fait d’arme : il a été élu Président de l’AFJE en janvier 2019 et entend poursuivre à la tête de cette association ses chevaux de bataille : la responsabilité sociale et sociétale des juristes, ainsi que le lien entre les avocats et les juristes, en construisant « une grande profession du droit ».

Il a dit : « La création d’une grande profession du droit est en réalité inéluctable. La question n’est d’ailleurs pas de savoir si cette jonction vertueuse se fera, mais quand elle se fera. » (Source : site de l’AFJE, « Le mot du Président ».)

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :

Crédit photo : AFJE


Thomas Saint-Aubin



Initialement juriste en propriété intellectuelle, « TSA » a entre autres œuvré au Ministère de la Justice (entre 2007 et 2016) comme chef de bureau éditorial, puis comme responsable du pôle stratégie-innovation de auprès de la DILA. Il est par ailleurs co-fondateur de l’association Open Law. Thomas Saint Aubin est également à plusieurs reprises passé du côté de l’enseignement et de la recherche, notamment à l’université Paris I.

Son fait d’arme : Il est fondateur et directeur de Seraphin Legal, un « studio legaltech » pionnier, qui propose à la fois des solutions d’outils numériques et des formations pour les professionnels du droit afin de mieux « appréhender la transformation digitale du droit ».

Il a dit : « Nous, comme bon nombre de Legaltech, rencontrons des problèmes de recrutement. La startup cherche des juristes très formés au numérique... On s’est aperçu qu’il est très dur de trouver les profils qui répondent à nos attentes, alors nous avons proposé de former les acteurs du droit en formation continue ».

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Sumi Saint Auguste et Benjamin Jean


Juriste spécialisé en propriété intellectuelle, Benjamin Jean est depuis 2011 le Président de Inno Cube, un cabinet de conseil en innovation.

Diplômée d’histoire, Sumi Saint Auguste travaille depuis 2011 pour les éditions Francis Lefebvre en tant qu’ « analyste métier » ; elle pilote désormais le "Lab Innovation" du Groupe Lefebvre Sarrut.

Leur fait d’arme : ils sont respectivement Président et Vice-Président de l’association « Open Law Le droit ouvert », qui se définit comme « un espace de travail et d’expérimentation pour l’ensemble des acteurs du monde du droit prêts à innover dans un mode collaboratif et ouvert », et qui a pour mission notamment « De promouvoir des actions ou prises de positions favorisant l’ouverture et l’interopérabilité des données juridiques et l’innovation collaborative autour de ces données ». [3]

Elle a dit : « Le pari de l’innovation ouverte repose sur une symbiose et une promesse d’acculturation croisée entre les startups et les entreprises d’un écosystème donné. » [4]
Il a dit : « Avec le numérique et ce monde axé de plus en plus sur la collaboration, le juriste sera toujours central et travaillera avec toutes les parties prenantes d’un projet pour pointer les risques et aider à prendre les bonnes décisions. »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :


Thibault Turchet


Juriste spécialisé en droit public des affaires, Thibault Turchet a obtenu son CAPA en 2015, mais n’a pour autant jamais exercé la profession d’avocat...

Son fait d’arme : Et pour cause, car depuis la sortie de l’école d’avocat, Thibault Turchet travaille en tant que responsable juridique chez Zero Waste France, une association de défense de l’environnement basée sur une vision « zéro déchet et zéro gaspillage ». Un métier qu’il allie à une conviction personnelle dont il fait état sur son blog Alterjure. Il est emblématique de cette nouvelle génération de juristes engagés et militants.

Il a dit : « En tant que militant pour la cause environnementale, je souhaitais mettre mes compétences au service de mes idées personnelles. Le travail occupe une place très importante dans nos vies, et j’ai donc décidé de me mettre le plus possible en accord avec moi-même, en plaçant mes connaissances juridiques, outil parmi d’autres au sein des associations, au service de mes idées. La diffusion du savoir juridique sous un angle plus militant fait donc partie de cette volonté d’être plus utile à la société en tant que juriste. »

Sur le VJ on vous en a entre autres parlé ici :

Voilà pour la 1ère sélection de la rédac, forcément amenée à évoluer à l’avenir...

Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article : L’avez-vous apprécié ?

44 votes

Notes :

[2Nicolas Guérin a cédé sa place à cette fonction en juin 2019 à Laure Lavorel, Directrice juridique internationale de Broadcom Inc.

[3L’association co-organise avec le VJ, pour la 4ème édition, le Village de la Legaltech.

[4Source : Linked In, « Legal Tech : quatre exemples pour accélérer l’innovation ».