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Legaltech et marché du droit : rapidement l’oiseau a fait son nid !

Les legaltech ont fait leur apparition sur le marché du droit en France il y a environ 4-5 ans, non sans susciter d’inquiétudes de la part des acteurs traditionnels de ce secteur. Après un discours alarmiste présageant l’ubérisation des professionnels du droit, la voix de la raison s’est fait entendre. S’il est certain que les legaltech bousculent profondément ce marché jusqu’à peu encore épargné par la révolution digitale, en revanche, les professionnels du droit vont devenir des juristes augmentés et non disparaitre.

Legaltech : des cartes redistribuées sur le marché du droit.

Pendant longtemps, le marché du droit a souffert d’un manque d’accessibilité et de lisibilité. Et les legaltech se sont engouffrées dans cette brèche pour répondre aux besoins de droit qui n’étaient pas couverts par les professionnels du secteur.

Portées par la révolution digitale, ces start-up offrent aux justiciables des services variés, telles que la rédaction automatisée de documents juridiques pour les entreprises ou les particuliers ou la résolution des litiges en ligne, à des prix défiants toute concurrence. Vulgarisant le droit, elles sont parvenues à conquérir un public qui jusqu’à présent ne franchissait pas ou peu la porte des professionnels du droit.

Ces derniers, ayant pris un temps de retard sur les évolutions en cours, embourbés dans les coûts de structure de leurs cabinets ou études, n’adressaient pas ces marchés à faible valeur ajoutée. Or, après la crainte suscitée par l’arrivée de ces nouveaux acteurs, ils ont commencé à changer leur façon de voir leur métier et de l’exercer, et à s’y intéresser.

Parce que même si le marché du droit devient de plus en plus concurrentiel, il est porteur aussi de nouvelles demandes que tous ses acteurs sont en mesure de combler. Et les professionnels du droit prennent peu à peu conscience qu’ils peuvent coexister avec les legaltech pour se concentrer sur la valeur ajoutée de leurs métiers.

Selon la première étude de l’Observatoire des acteurs économiques du marché du droit intitulée « L’industrie du droit est-elle en marche ? », réalisée par EY Avocats et l’Université Paris 2 Panthéon Assas, la filière droit pèse 31,1 milliards d’euros. C’est dire si le marché est suffisamment important pour que tout le monde ait un rôle à jouer.

Legaltech : place au juriste augmenté !

Les technologies sont entrées dans la vie des cabinets d’avocats, des études notariales, des directions juridiques, à des rythmes différents selon leurs tailles mais avec comme principal objectif de changer la façon de travailler et d’échanger avec ses clients. C’est sans aucun doute un des constats que nous ferons tous sur le 2ème Village de la Legaltech, le salon français de la Legaltech, en décembre à Paris.

Beaucoup d’avocats se positionnent sur des segments de marché, packagent leurs offres, proposent des services en ligne, ont pris d’assaut les réseaux sociaux pour donner l’information juridique…, ils communiquent sur leur métier et leurs forces. Certains vont même jusqu’à s’allier avec des legaltech ou les créer.

Les directions juridiques se sont elles aussi emparées des outils numériques à leur disposition pour gagner en efficacité, mieux communiquer avec leurs clients internes et se positionner au sein de leurs entreprises également en pleine mue digitale. Si l’objectif du « juriste partner » était encore il y a peu un rêve pour bon nombre d’entre elles, les technologies les portent pour l’atteindre.

Nous n’en sommes qu’au début… Mais l’utilisation des legaltech permettant aux professionnels du droit de se concentrer sur leur valeur ajoutée promet l’avènement d’un juriste dont les performances seront décuplées : un juriste augmenté !

Article initialement paru sur Les Echos Solutions.

Laurine Tavitian
Rédaction Village de la Justice

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