Rédaction du Village de la Justice

 
 

Les avocats sont dans la tourmente, chiffres à l’appui.

Lors de la conférence de presse dématérialisée du 21 avril 2020, le CNB a présenté les résultats d’un sondage inédit, permettant de rendre compte de la situation de la profession après les trois premières semaines de confinement. L’inquiétude était tangible ; elle est désormais mesurable.

Avec plus de 10.000 avocats répondants en quelques jours (enquête menée du 8 au 12 avril), il est possible de faire une première photographie de l’état de la profession après 3 semaines de confinement.

Les craintes étaient fondées. L’ampleur et la dureté de la crise ressortent nettement de cette enquête. Les résultats du sondage confirment l’état de gravité dans lequel se trouvent les avocats. Christiane Feral-Schuhl pressent que « certainement, le plus difficile est devant [eux]. (…) Les avocats se préparent à une longue séquence de secousses ». Au-delà des chiffres, significatifs, un constat : « les avocats affrontent seuls et assument seuls, trop souvent, les conséquences de la crise ».

L’institution a en effet déploré, ici comme ailleurs, la réponse de l’État, jugée « insuffisante et inadaptée  ». Le manque de lisibilité des plans de continuité d’activités des juridictions est également dénoncé, avec des fonctionnements très différenciés, en ordre dispersé, y compris au sein des juridictions d’un même ressort. « En déléguant aux chefs de juridictions, la gestion du confinement [les plans de continuité de l’activité], la ministre de la Justice a instauré une justice à 164 vitesses, autant que les barreaux de France ».
Un plan d’urgence, un plan de sauvegarde pour les cabinets d’avocats est exigé, de même que, en commun avec toutes les professions réglementées, l’exonération des charges sociales (URSAFF notamment) ou bien encore un plan de résorption des délais dans les tribunaux, avec une priorisation des décisions déjà en attente.

La profession est donc, à nouveau, en ordre de bataille, avec plusieurs mots d’ordre : répondre à « l’état de sidération » des confrères et « s’inscrire dans la durée » en préservant les « outils de production » que sont les cabinets d’avocats.
« Préparer l’avenir dès maintenant pour permettre aux cabinets de résister, pour pouvoir mieux rebondir », tout en veillant à « ne pas se payer le luxe d’une crise démocratique, car les avocats sont des sentinelles de la Démocratie ».

Résultats complets ici.

Rédaction du Village de la Justice

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

16 votes
Commenter cet article

Vos commentaires

  • Dernière réponse : 29 avril à 11:32
    par Delphine (ex avocat, se sentant encore proche de la profession) , Le 29 avril à 10:48

    Le schéma en début d’article mentionne 80% d’avocats ayant perdu 50% de leur CA à gauche de la flèche rouge, et, à droite, 37% d’avocats ayant perdu 50% d’activité.
    Peut-on en savoir plus sur la nuance "CA - activité" svp ?

    • par La Rédaction , Le 29 avril à 11:32

      Bonjour,
      à ces 37% il faut ajouter les 40% de ceux qui ont perdu toute activité et les arrondis, ça vous fait donc bien environ 80% d’avocats ayant perdu au moins la moitié de leur activité facturée.

A lire aussi dans la même rubrique :

Sur le Village de la Justice aujourd'hui...


139 820 membres, 18712 articles, 125 643 messages sur les forums, 2 550 annonces d'emploi et stage... et 2 430 000 visites du site le mois dernier. *

L'interview >

Vers un statut d'avocat en entreprise ? Entretien avec Raphaël Gauvain.

Focus sur >

Les articles les plus populaires du Village de la Justice à lire ou à relire cet été 2020...




LES HABITANTS

Membres
PROFESSIONNELS DU DROIT
Solutions
Formateurs