Ce que nous avons entendu du terrain...
Trois constats majeurs ont émergé des discussions avec les juristes participants :
- Un chaos documentaire persistant. Trop souvent, des versions de contrats erronées circulent, marquées par une faible traçabilité et un historique introuvable.« Comparer les versions comme un jeu des 7 erreurs n’a aucune plus-value ; je perds un temps fou et cela bride ma créativité en négociation ! » témoigne une juriste
- Une harmonisation contractuelle insuffisante. En l’absence d’un référentiel clausier centralisé, les écarts aux standards internes et les compromis accordés restent difficiles à recenser et à comparer d’un contrat à l’autre.
- Une implication limitée des opérationnels. La perception que « les juristes parlent juriste » crée un fossé ; risques et enjeux contractuels restent abstraits.

L’innovation présentée : AI Contract Review.
Face à ces constats, Nacéra Benfedda a présenté AI Contract Review, la solution d’IA de Gino LegalTech intégrée directement à Microsoft Word. Son principe : permettre aux juristes de digitaliser leur stratégie de négociation via des rulebooks (reflet de la politique contractuelle) entièrement personnalisés, puis d’analyser automatiquement tout contrat reçu d’un tiers ou élaboré en interne.
L’outil identifie trois niveaux de conformité des clauses (conformes, proches ou non conformes), en expliquant les raisons. Il propose aussi des reformulations (conformes aux rulebooks) et des commentaires prêts à insérer directement dans le document.
Contrairement aux IA généralistes, AI Contract Review ne se contente pas d’analyser un contrat : elle applique une stratégie juridique définie en amont par l’entreprise elle-même.
Feedback des juristes : un dialogue très riche !
Ce qu’ils ont apprécié...
● L’IA agit directement dans le document. « Je ne fais pas de copier-coller ou de mise en page, je fais du droit. »
● Une IA spécialisée, sans prompts, qui parle le langage du contrat.
● Des commentaires de négociation prêts à l’emploi et la suggestion des positions de replis autorisées
● La possibilité de multiplier les rulebooks selon les entités ou zones géographiques.
Ce qui les questionne...
● Le modèle IA : comment être certain qu’il « n’hallucine pas » ?
« J’aimerais jouer avec plus longtemps pour vérifier ».
● L’exhaustivité des rulebooks : que se passe-t-il quand une clause à risque n’est pas couverte ?
● La délégation : comment s’assurer que l’opérationnel appliquera les corrections plutôt que d’ignorer les alertes pour aller plus vite ?
Ce qu’ils suggèrent...
● Gagner en concision : certains commentaires peuvent être plus courts.
● Créer une matrice de déviations exportable pour visualiser d’un coup d’œil les écarts négociés (pour les décideurs).
● Visualiser l’avancement : des cases « résolu » pour matérialiser la progression.
Ce que nous retenons :
Le point de vue de Claire, marraine AFJE :
« Le caractère innovant de cet atelier souligne la nécessité pour les juristes de travailler en étroite collaboration avec les legaltech telle que GINO pour avoir des outils ancrés dans le réel qui parlent le langage du business. L’IA ne nous remplace pas, elle nous assiste au quotidien. Elle nous permet de dégager du temps pour se concentrer sur ce qui fait notre valeur ajoutée : la stratégie, la créativité face à des situations complexes ou inédites ».
Le point de vue de Nacéra de Gino LegalTech :
« Ce que nous disent les juristes est très clair : l’IA ne doit pas décider à notre place, mais rendre le risque visible et maîtrisable. Notre priorité est confirmée : faire de la revue un outil de pilotage des écarts pour les décideurs, loin d’une simple conformité automatisée. Nous repartons avec une feuille de route claire. Ce dialogue direct est irremplaçable ».
Nos trois convictions après l’atelier
1. L’IA doit parler « humain » : l’IA contractuelle ne peut être adoptée que si elle s’inscrit naturellement dans le quotidien et les outils du juriste.
2. Le processus avant l’outil : la valeur de l’IA dépend avant tout de la clarté des politiques contractuelles qu’elle applique.
3. Du contrôle à la stratégie : en automatisant la conformité, l’IA doit permettre au juriste de reprendre de la hauteur sur le risque et la négociation, sans perdre le contrôle.



