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Le documentaire « A cœur d’avocats » : un hommage aux commis d’office.

"A cœur d’avocats" (produit par Les films d’un jour) est un documentaire qui s’attache à filmer des jeunes pénalistes convoqués dans les fautes les plus graves. Le film sonde le cœur de ces défenseurs ardents, commis d’office, dans le ressenti de la défense d’urgence.
Sa réalisatrice, Mika Gianotti, a accepté de répondre aux questions du Village de la Justice.

Village de la Justice : Qu’est-ce qui vous a motivée pour réaliser ce documentaire ?

Mika Gianotti : "En réalité, je fais depuis 20 ans des films autour de personnages du monde judiciaire, principalement des magistrats. Ma passion contre l’injustice, et pour les droits de l’Homme m’y ont conduit. C’est dans les salles d’audience - aux assises comme en correctionnelles- que j’ai vu à l’œuvre des avocats pénalistes dans leurs plaidoiries. Ils paraissaient hermétiques, fermés sur leur dossier, comme inaccessibles. Ils m’ont intriguée, car ce sont eux qui, en réalité, font respecter et avancer la loi en faveur de la défense d’un autre homme.
L’avocat de la défense est le deuxième plus vieux métier du monde, c’est un rôle ancré dans la culture française. J’ai eu envie d’aller voir « sous la robe noire », pour découvrir ces personnages et leur métier."

Quel est le message principal que vous souhaitez faire passer à travers ce documentaire ?

"Le défenseur est souvent « commis d’office » car les défendus souvent sans ressources. Il reste le seul lien qui le relie à la société des humains.
« Et s’il n’en reste qu’un (pour le défendre), je serai celui-là », avait dit un jour Victor Hugo. Henri Leclerc considère de son côté que « défendre un homme face aux juges, c’est le ramener dans la communauté humaine et l’accompagner, jusqu’au bout, quoi qu’il ait fait ».

Cette conviction est profondément partagée par tous les jeunes protagonistes du film.
D’où vient-elle et comment s’y préparent- ils ? Sonder leurs réponses à ces questions est le message principal du film. J’ai tenté de dessiner le profil particulier de cette famille de défenseurs, entre gravité et exubérance, curieux mélange qui se travaille… tout au long d’une vie, tout au long du film."

A qui destinez-vous cette œuvre ?

"Quand on parle d’avocats, on entend avocats d’affaires, ou bien les stars médiatiques du Barreau. « Mes avocats », ceux dont je parle ici, sont largement méconnus dans le grand public. Et pourtant c’est à eux que je m’adresse avec ce film. Faire connaître un peu mieux cette tradition bien française, qui se prolonge même si elle est malmenée aujourd’hui. Et qui ne peut que se perpétuer devant le nombre grandissant de ceux qui se retrouvent ignorants de tout, y compris de leurs droits, et qui passent à l’acte délictueux dans la plus complète des solitudes."

Pouvez-vous, en quelques mots, présenter votre parcours à nos lecteurs ?

"C’est un parcours atypique qui part de convictions (contre l’injustice et pour les droits de l’homme) pour entrer dans la représentation par le cinéma. D’abord le cinéma ethnographique à l’université, puis le documentaire engagé, et enfin - depuis les années 1990-le documentaire de création autour de personnages du réel, que je recherche toujours en positif, porteurs d’espoir, et qui œuvrent vers l’équité.

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Mika Gianotti, réalisatrice.

Avant cette œuvre, j’ai notamment réalisé des documentaires comme, « Dans le sillon du juge sans robe » et "Premières vacances, la parenthèse" en 2005, "Zones d’ombres"(2011), "Liberté chérie" (2013), et "Catherine d’Azincourt, une affaire criminelle en 1415" (2015).

Par ailleurs je suis membre de l’association des Cinéastes documentaristes (ADDOC), du collectif des réalisateurs documentaristes (CoopAddoc), et de l’Association pour la défense du cinéma indépendant (Acid)."

Le film "A coeur d’avocats" a été mis en ligne en VOD et il est accessible sur la plateforme www.harmattantv.com
Du 8 mai au 4 juin 2019, il sera joué au cinéma "Le saint-André des Arts" à Paris (75006).

Nessim Ben Gharbia.
Rédaction du Village de la Justice.

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