Rédaction Village de la justice

 
Guide de lecture.
 

Avocat, juristes, étudiants... 6 conseils pour bien écrire sur le web (et être lu).

La Rédaction du Village de la Justice anime régulièrement un atelier sur le thème de l’écriture sur le web, notamment auprès des étudiants du DU "Transformation Digitale du Droit et legaltech" de l’Université Paris II (Panthéon-Assas). Fidèle à notre esprit de communauté, nous partageons avec vous, en toute modestie, quelques-unes de nos recettes pour écrire pour le Web. Avocats, juristes, professions réglementées, étudiants, à vos plumes et claviers !

Que fait-on aujourd’hui spontanément pour se renseigner sur une marque, une entreprise, une personne ? Nous nous connectons à internet pour prendre des renseignements. D’où l’importance de bien gérer son e-réputation et de contrôler son image de marque.

Créer des contenus numériques de qualité [1] , qui valorisent votre activité et vous permettent de vous positionner comme expert dans un domaine est essentiel dans ce cadre. C’est aussi un excellent moyen de mettre en pratique et de consolider ses qualités rédactionnelles [2].

Écrire pour le web, ce n’est pas si compliqué. Mais cela ne s’improvise pas pour autant. Pour être efficient en la matière, un mot d’ordre : ajuster sa façon d’écrire aux habitudes des internautes. En effet, en règle générale, un lecteur sur le web reste peu de temps connecté à une page (en moyenne, 2 à 3 minutes). Il faut donc penser comme lui, en hiérarchisant l’information et en facilitant la lecture [3].

Voici nos 6 conseils.

Conseil n°1 : Séduisez votre lectorat.

Lors d’un de nos ateliers-écriture pour le web : ce n’est pas si facile que ça pour des juristes pourtant littéraires !

La métaphore peut paraître datée, et pourtant, écrire reste bien une action de séduction. Il s’agit de donner envie à celui que l’on convoite - le lecteur en l’occurrence - de passer un peu de temps en sa compagnie au travers de ses mots.

Pour cela, commençons... par le commencement ! L’un des premiers éléments vus par l’internaute est le titre de votre article. Choisissez plutôt un titre court, explicite et accrocheur, qui donne envie, qui interroge, qui surprend. Le but est d’amener le lecteur à cliquer sur le lien : soit en « tapant juste » par rapport à la requête formulée dans la barre de recherche de son navigateur, soit en l’incitant à se poser une question à laquelle vous répondez dans le corps de l’article.

Il faut aussi penser au référencement naturel (manière dont votre site va « remonter » sur les pages de résultats des moteurs de recherche). Comment ? En utilisant, dans le titre, les notions, concepts ou mots-clés importants.

Conseil n° 2 : Définissez une stratégie éditoriale.

La règle d’or des productions éditoriales pour le web consiste à se poser (et à répondre !) à cinq questions : c’est la règle des 5W [4]. C’est indispensable à la fois pour rédiger ses contenus et pour définir sa stratégie éditoriale, de manière pertinente.

  • Who (Qui ?) : À qui l’article est-il adressé ? Il faut donc connaître sa « cible » et s’adapter à ses besoins et son langage : est-ce un article « tout public » ? « expert » ? une profession en particulier ? etc.
  • What (Quoi ?) : De quoi allez-vous parler ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer ? Quel évènement allez-vous évoquer ? Quel produit, service allez-vous mettre en avant ?
  • Why (Pourquoi ?) : Pourquoi écrire ce contenu ? À quelles attentes des internautes voulez-vous répondre ? Quelle information utile allez-vous leur apporter ?
  • Where (Où ?) : Cette question, appliquée à l’écriture elle-même, vous amène à contextualiser dans l’espace (lors de l’un des événements organisés par le Village de la Justice par exemple) ; appliqué à la publication, elle vous permet de déterminer le support sur lequel vous allez diffuser votre contenu (en choisissant le réseau le plus adapté à la cible).
  • When (Quand ?) : Cette question, appliquée à l’écriture elle-même, vous amène à contextualiser dans le temps (en septembre 2020, …) ; appliquée à la publication, elle vous permet de déterminer le moment pour publier (en fonction des usages de chacun des réseaux sociaux).

Conseil n°3 : Adaptez votre langage.

En tant que juriste, le travers à éviter, c’est le jargon juridique et les locutions latines qui ne seront pas compris par la majorité de vos lecteurs. Il faut certes conserver son expertise, qui est la plus-value à valoriser, mais en la mettant à la portée de tous.

Le maître-mot est donc : vulgarisez votre discours !

Un article sur le web n’est pas un cours magistral dispensé en fac. de droit. En outre, sur le web, la lecture n’est pas du tout la même que sur un support papier. Il faut donc alléger le style, avec des phrases courtes et simples et éviter les acronymes.

Indispensable également à une bonne image de marque : le soin apporté à l’orthographe et à la ponctuation.

Conseil n°4 : Soyez non exhaustif.

Pour être pertinent, ne soyez pas exhaustif ! Il n’existe pas de longueur parfaite, tout dépend du sujet traité. Mais, c’est certain, ce qui est trop long n’est pas lu !

Si votre contenu nécessite des explications un peu plus longues, c’est en structurant votre article que vous pourrez maintenir l’attention du lecteur. Voici quelques idées :

  • Adopter le principe « une idée = un paragraphe » ;
  • Rédiger des intertitres ;
  • Créer des listes ;
  • Utiliser du gras pour les mots-clés.

Votre article peut aussi simplement poser les bases d’une réflexion, répondre à une seule question et en soulever d’autres... auxquelles vous n’allez pas répondre immédiatement ! Ce sera justement l’occasion d’un autre de vos articles.

Il faut donc, aussi, bien déterminer le sujet de votre article : un sujet trop vaste entraînera nécessairement un texte trop long... Se fixer des données objectives peut aussi grandement aider. Nombre de caractères ou de pages, ou encore temps de lecture, il faut calibrer !

Conseil n° 5 : Enrichissez et diversifiez vos contenus.

C’est certain, quel que soit le support de diffusion sur le web que vous avez choisi, l’ajout d’une image à une publication augmente les taux d’engagements (clics, lectures, commentaires, retweets, etc.). Enrichir avec des liens hypertextes booste votre référencement.

Utiliser un ou plusieurs visuels pour illustrer le contenu est donc une bonne idée. Mais à la condition qu’il soit à la fois pertinent et de bonne qualité. Et, évidemment, on respecte les droits d’auteur et d’exploitation relatifs aux textes et aux images…

Et pourquoi ne pas varier les plaisirs et faire passer votre message, s’il s’y prête, au travers d’une vidéo ? Soyez créatifs, tout est possible !

Conseil n°6 : Ne niez pas votre légitimité à écrire.

Une question a été posée notamment aux étudiants durant les ateliers évoqués en introduction : écrivez-vous, et si vous ne le faites pas, pourquoi ? Réponse unanime de ceux qui n’ont pas osé sauter le pas : le manque de légitimité ressentie. Mais à l’heure des réseaux sociaux et des blogs, cette question n’a plus de sens. La légitimité à écrire s’acquiert... en écrivant !

Faites-vous plaisir ! En gardant évidemment à l’esprit l’idée directrice selon laquelle votre contenu sert votre image (écrire « à tort et à travers » ne vous sert pas franchement !) et répond à un besoin de vos lecteurs (pourquoi écrivez-vous ?). Un écueil essentiel est en effet à éviter : celui du personal branding, qui ne doit jamais être votre motivation. C’est votre texte que vous devez soigner, pas votre ego !

La Rédaction vous a livré quelques-uns de ses « secrets ». Et si vous passiez de la théorie à la pratique ?
Pour publier vos articles juridiques sur le blog du Village de la justice, rendez-vous ici !

Notes :

[1De multiples supports et canaux numériques de communication existent : sites internet, réseaux professionnels, réseaux sociaux, blogs et forum, sites d’avis, plateformes d’échanges, etc.

[2Et tout ceci, c’est forcément utile pour assurer une bonne communication au sein de l’organisation et auprès des clients ou bien encore pour attester d’une compétence lors d’un recrutement…

[3L’internaute survole le contenu pour repérer les informations recherchées. Si durant le survol, il trouve les mots-clés ou les données pertinentes, il reprend sa lecture depuis le début. Si l’information n’est pas trouvée rapidement, vous perdez votre lecteur, qui passe à un autre site.

[4Pour Who, What, Why, Where et When.

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Vos commentaires

  • par stephane baller - co-directeur du DU Transformation Digitale du Droit & Legaltech , Le 13 novembre 2018 à 10:52

    Merci à Village de la Justice pour son engagement à accompagner les étudiants du DU T2DL - Transformation Digitale du Droit & Legaltech - sur un terrain des plus classiques, l’écriture, qui combinée au digital permettra à ce jeune diplôme d’atteindre ses futurs employeurs et ses futurs étudiants. Cet atelier a parfaitement complété les efforts réalisés par les enseignants du diplôme sur la prise de parole en public et a été mis à profit lors du Hackathon de l’incubateur européen du barreau de Bruxelles le 10 novembre dernier.
    Car outre la solution technique et commerciale à trouver en 24 heures, il faut la présenter en 10 minutes, compléter une notice technique détaillée, ce qui demande une bonne plume et être encouragé par les réseaux sociaux quand la nuit tombée la fatigue se fait sentir : vous n’êtes plus 7 à concourir, mais vous représentez une communauté si vous savez lui écrire !
    On recommence quand ?

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