Propos recueillis par Nathalie Hantz
Village de la Justice

 
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  • 1re Parution: 17 mai 2021

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Guide de lecture.
 

Être psychologue au sein d’un Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation.

Peut-être l’ignorez-vous mais le Ministère de la Justice emploie des psychologues. Au sein du milieu pénitentiaire en particulier, ils sont ainsi près de 300 à intervenir auprès des détenus évidemment mais également en accompagnement des professionnels de l’insertion.
Le Village de la Justice a rencontré Christophe Prat, Psychologue au SPIP du Vaucluse, qui nous explique le sens de sa mission.

Village de la Justice : En quoi consiste votre métier ? Combien êtes-vous à l’exercer pour le ministère de la Justice ?

Christophe Prat : "Les psychologues en SPIP œuvrent au sein des équipes de probation et d’insertion à l’évaluation et à la prise en charge des publics qui leur sont confiés par l’autorité judiciaire pour exécuter leur peine.

Ils peuvent intervenir en milieu ouvert comme en milieu fermé, que ce soit sur une mission d’accompagnement des équipes (régulation de pratique, appui technique, actions de formations) qu’auprès des personnes sous main de justice : nous pouvons dans ce cas participer à certaines évaluations initiales conjointement aux CPIP, et intervenir dans les suivis, ponctuellement, sur des axes de travail définis en amont, comme un travail sur l’autocontrôle et la gestion de la colère, des problèmes de consommation...

Christophe Prat

Il y a un SPIP par département et au moins un psychologue par SPIP, plusieurs dans les gros départements.

Nous sommes donc plus d’une centaine de psychologues en SPIP sur l’ensemble du territoire.

Nous sommes donc plus d’une centaine de psychologues en SPIP sur l’ensemble du territoire, sur un ensemble de près de 300 psychologues intervenant au sein de l’administration pénitentiaire, sur des missions très différentes (psychologues auprès des personnels, psychologues intervenants dans la cadre du parcours d’exécution des peines, établissement pénitentiaire, psychologues impliqués dans les plans de lutte contre le terrorisme etc.)"

V.J : Quelles sont les spécificités et le sens de votre travail au sein de l’administration pénitentiaire ? Comment et pour qui œuvrez-vous ?

C.P : "La particularité de cette fonction est d’abord l’environnement institutionnel dans lequel il s’inscrit, avec l’ensemble des contraintes qui lui sont attachées : les contraintes sécuritaires en particulier sont une part importante des paramètres qu’il est nécessaire d’intégrer dans notre travail, tout comme le fait d’être traversés nous aussi, en un sens, par l’enfermement, de côtoyer la violence, la souffrance, la grande précarité.

Nos bénéficiaires, dans la fonction plus large de « psychologues de l’administration pénitentiaire », englobe en réalité, dans des missions et des postes différents, à la fois les personnels, les personnes détenues ou sous main de justice, jusqu’à l’institution elle-même : parfois nous œuvrons à un ensemble de projets à travers lesquelles l’institution renouvelle sans cesse ses méthodologies de prise en charge, parfois nous interpellons, parfois nous alertons, s’il le faut…

Nos bénéficiaires les personnels, les détenues, jusqu’à l’institution elle-même.

Comme service de justice, nous œuvrons à la prévention de la récidive en prenant en charge les personnes qui nous sont orientés. Cette mission est extrêmement importante, utile et nécessaire ! En intervenant sur l’auteur, en les accompagnant pour parfois remettre de l’ordre dans leur vie, régler certains de leurs problèmes, nous avons un effet sur leur environnement immédiat, leurs épouses, leurs enfants, les personnes qui sont autour d’elles, en essayant d’éviter d’autres occasions de victimisation."

V.J : Quel est votre parcours ? Pourquoi avez-vous choisi d’intervenir au sein de cette administration ?

C.P : "Psychologue dans l’administration pénitentiaire depuis 23 ans, j’ai travaillé dans plusieurs établissements pénitentiaires et je travaille depuis 4ans davantage en milieu ouvert au sein du SPIP du Vaucluse.
J’ai un DESS de psychologue clinique, un DEA puis un doctorat de psychologie et j’ai continué à me former pendant plus de 20 ans à la criminologie et la psychocriminologie.

Ce qui m’a fait rester c’est l’extraordinaire richesse de cette clinique singulière, parfois extrême.

Personnellement je n’ai pas « choisi » à l’avance de travailler en prison ou en milieu pénal ! Les choses se sont enchaînées de cette façon. Des collègues en revanche ont choisi leurs études puis ont orienté leur recherche de postes dans ce sens.

Ce qui m’a fait y rester, en revanche, c’est l’extraordinaire richesse de cette clinique singulière, parfois extrême, et le corpus fécond et immense tant de la criminologie que de la psychocriminologie."

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Village de la Justice

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