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La révolution numérique dans le secteur bancaire.

Par Alexandre Peron, Legal Counsel.

En mars 2018, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publiait un rapport relatif à la révolution numérique dans le secteur bancaire en France.

Si le numérique a connu un essor sans précédent ces vingt dernières années, il n’était pas forcément pressenti comme vecteur d’un véritable cataclysme dans le milieu bancaire de la Place parisienne. D’ailleurs un certain nombre de banques n’ont pris conscience que récemment que cette révolution allait les amener à devoir refondre leur stratégie.

Le rapport révèle avec clarté que l’ère du numérique a été un choc « structurel » pour les banques, et que cela les a conduit à repenser l’ensemble de leurs stratégies, que ce soit d’un point de vue commercial, marketing ou encore en matière de communication.

La révolution numérique ne s’est pas faite en un jour et est le fruit de dizaines d’années d’innovations technologiques qui ont bouleversées le quotidien des personnes physiques mais aussi morales. L’expansion du réseau internet avec une connexion toujours plus rapide, ainsi que l’essor de la téléphonie mobile, constituent les principaux fondements d’une telle révolution.

Pour les banques, le tournant a dû être pris progressivement, ou parfois avec urgence pour celles qui n’avaient pas anticipé que les « clients 2.0 » serait hyper-connectés et donc dans l’attente de services bancaires dématérialisés et accessibles 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Les clients modernes ne veulent plus attendre, leur comportement est en pleine mutation et en plus d’une réactivité certaine, ils aspirent à plus d’autonomie.
Ce n’est d’ailleurs pas anodin, qu’en 2016, l’accès des clients à leur espace bancaire se faisait en ligne pour 60% d’entre eux et avec un smartphone pour 40% de ces derniers.

Si cette hyper connexion a apporté de grandes opportunités de baisse des coûts structurels pour les groupes bancaires, cela leur a également permis d’être destinataires d’une quantité gigantesque de données personnelles, qui se révèlent être de l’or en barre d’un point de vue marketing.
Toutefois, gare aux abus car le RGPD qui fait actuellement trembler les entreprises, va être de nature à engager des refontes totales dans la manière que les banques ont de gérer ces données.

Le secteur bancaire français n’est pas en retard mais doit, de fait, faire face à l’émergence d’une concurrence féroce qui pratique le « tout en ligne », et une concurrence purement technologique résident dans le « boom » des fintech.

Les stratégies des groupes bancaires traditionnels n’ont probablement jamais connues autant d’évolutions rapides que ces dernières années. Les acteurs bancaires doivent être réactifs et se saisir des nouveautés qui apparaissent sur le marché (l’exemple des API est caractéristique), mais aussi être vigilant à l’évolution de la règlementation avec notamment la DSP2 ou l’Instant payment.

Si les banques traditionnelles ne voient plus d’autres choix que de se « mettre au pas », et ce, malgré les coûts financiers que cela représente, il est à craindre que cette course à la dématérialisation des relations, soit de nature à totalement déshumaniser la relation banque/client, et à recentrer la position économique des banques au sein d’acteurs proposant des interfaces financières globales qui deviendront dès lors les nouveaux acteurs majeurs de la bancarisation en France.

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