(Gastronomie/Savourer) : Le Grand Paris côté goût : sélection de restaurants et découverte de la Maison Chassenay d’Arce.
Paris 1er : Shoei Paris, une adresse pensée autour du geste par le chef Hiroshi Fujii.
Rue Saint-Honoré, une nouvelle table japonaise entend écrire sa propre partition. Ouvert le 7 septembre 2026, Shoei Paris confie ses cuisines à Hiroshi Fujii, héritier d’une famille de maîtres du sushi de Nagoya et chef formé entre Kyoto, Tokyo et plusieurs grandes maisons parisiennes.

- Le chef Hiroshi Fujii en plein travail au comptoir de Shoei Paris ©️ photo JLRF
À l’origine de cette adresse d’une trentaine de couverts, dont huit au comptoir, se trouve une histoire familiale commencée en 1951 à Nagoya, lorsque le grand-père de Hiroshi Fujii fonde Matsuei Sushi. Après près de dix années à Kyoto puis deux ans comme chef sushi à Tokyo, Hiroshi Fujii arrive en France en 2013. Il y poursuit son parcours chez Aïda, Enyaa, Plénitude ou encore Hakuba au Cheval Blanc Paris, avant de poser aujourd’hui ses couteaux à deux pas de la Bourse de Commerce - collection Pinault et du Louvre.
Chez Shoei Paris, il ne s’agit pourtant pas de reproduire à Paris une cuisine japonaise traditionnelle. Le chef fait le choix d’un dialogue entre les produits français, notamment les poissons de saison, et les techniques apprises au Japon. Sushi, kappō et cuisson au charbon constituent les trois fils conducteurs d’une cuisine pensée pour Paris, avec le produit au centre et le geste comme signature.
Le déjeuner propose un menu en quatre temps à 40 €, tandis que le dîner se décline en sept temps à 95 €, avec notamment bonite saisie à la paille, dashimaki tamago (omelette japonaise), yakimono (anguille grillée), grillades au charbon, quatre nigiri choisis par le chef, temaki de thon gras et caviar avec supplément et dessert. Une carte à la pièce complète l’offre.
Avec son comptoir de huit places, Shoei Paris permet enfin de suivre au plus près le travail du chef. Tous les plats sont réalisés devant vous, un vrai spectacle. La privatisation de l’établissement est possible.
Shoei Paris 121, rue Saint-Honoré, Paris 1er. Ouvert du lundi au samedi, de 12h à 14h et de 19h à 22h30. Fermé le dimanche. Métro Louvre-Rivoli
Reservations & informations : https://www.shoei-paris.fr
Paris 1er : Thalie, la Grèce s’invite au Palais-royal.
Au cœur du Jardin du Palais-Royal, à quelques pas des colonnes et des galeries, Thalie joue une partition grecque dans un décor inattendu : celui du Théâtre du Palais-Royal. Cette table imaginée par la Maison Mavrommatis et le dernier projet du chef Andreas Mavrommatis occupe une place à part, entre adresse gastronomique et prolongement naturel de la scène voisine.
Le lieu doit son nom à Thalie, muse de la comédie dans la mythologie grecque. Conçu par l’architecte Régis Botta, le restaurant ne compte qu’une quinzaine de tables. Au plafond, un grand damier de miroirs multiplie les perspectives ; sur les murs, des muses font écho au théâtre et s’éclairent à la tombée du jour. Aux beaux jours, une terrasse s’ouvre sur les allées du jardin.

- L’assiette de dégustation « Pikilia » du restaurant Mavrommatis - Thalie, sur la terrasse donnant sur les jardins du Palais-Royal ©️ photo JLRF
Dans l’assiette, la Grèce est abordée à travers ses produits et ses recettes traditionnelles. Les mézédès donnent le ton : spanakopita aux épinards, poireau et fromage crétois, eliopita aux olives de Kalamata, feta et manouri, tzatziki accompagné de pita chaude ou dolmadès aux feuilles de vigne et au riz grec.
Parmi les plats, les soudjoukakia associent boulettes de bœuf aux herbes, tomates, cumin et feta grillée, avec des petites perles de blé grecques. Le kritharaki mêle petites pâtes grecques, champignons, crumble de feta grillée et kefalograviera.
Les desserts restent dans le registre méditerranéen : mahalépi à la fleur d’oranger, tarte à la noisette ou glace au yaourt de brebis sur un fond de miel grec, mais aussi quelques-uns bien de chez nous. Une petite boutique permet également de prolonger l’expérience avec miel, huile d’olive, sel marin ou ouzo.
Thalie – Maison Mavrommatis 38, rue de Montpensier Paris 1er, métro Palais Royal
Déjeuner : 12h-14h30 - Dîner : 18h30-22h30
Menu déjeuner : 36 à 39 €. Formule « Avant-scène » : 50 € hors boissons
Reservations & informations : https://www.mavrommatis.com/thalie/
Paris 2 : Babi, la petite table parisienne qui ne tient pas en place.
Dans le quartier Montorgueil, Rue Mandar, Babi joue la carte de l’intime : une trentaine de couverts, dix places au comptoir face à la cuisine et deux jeunes associés, Jérémie Taché en salle et Néo Guerin aux fourneaux, rencontrés chez Shabour et Tékés. Leur cuisine, vive et généreuse, privilégie le partage, les surprises et une certaine liberté de ton.
Ici, la carte ne s’installe jamais dans la routine : elle change chaque semaine, au gré des produits et des envies du chef. Une partition volontairement resserrée, 14 plats, amuse-bouche et desserts compris, où les assiettes imaginés sans complexe par les deux complices évoluent au fil des jours, avec des associations audacieuses.
Jérémie apporte aussi une vraie curiosité côté vins, avec une sélection qui s’aventure volontiers hors des sentiers battus. Le décor, brut et chaleureux, mêle pierre apparente, granit et banquettes à deux, tandis que le comptoir offre le meilleur poste d’observation pour suivre le brigade en cuisine. Du mardi au samedi le soir et bonne nouvelle pour les amateurs de déjeuners parisiens, Babi ouvre désormais également vendredi et samedi midi. Une adresse de poche où l’on revient moins pour retrouver un plat que pour découvrir ce que l’équipe aura imaginé la semaine suivante. Environ 40 à 60 €
Babi 11, rue Mandar Paris 2, Métro sentier
Réservations & informations : https://www.babirestaurant.fr
Paris 3 : Envie Le Banquet, le buffet à volonté qui change les règles.
Pour les grosses faims, au cœur du Marais, Envie Le Banquet revisite le buffet à volonté avec une cuisine entièrement faite maison et une organisation pensée autour de comptoirs thématiques.
Dans un vaste décor de 500 m² aux accents Art déco, le chef Éloi Spinnler propose notamment blanquette, volaille, gnocchis, poissons, charcuteries, légumes de saison et une sélection de 25 fromages.
Le principe repose sur de petites portions que chacun peut multiplier, tandis que les viandes sont travaillées dans leur intégralité afin de limiter les pertes.
L’offre s’articule autour de plusieurs espaces : cuisinier, écailler, maraîcher, charcutier, fromager, pâtissier et boulanger, permettant de composer son repas au fil des envies.
Le lieu mise aussi sur une décoration travaillée, avec notamment un Jardin d’hiver, une Chapelle et une Galerie de l’Ambassadeur, qui donnent au repas une dimension plus théâtrale. De 37 à 59 €
Envie Le Banquet 148 rue du Temple, Paris 3, métro Arts-et-Métiers
Réservations & informations : https://lebanquet.paris/fr/
Paris 4 : Papapa, le nouveau café de la maison de Victor Hugo, Place des Vosges.
Depuis le 1er septembre, la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, a ouvert son nouveau lieu de plaisirs. Baptisé Papapa, du surnom donné à l’écrivain par ses petits-enfants Jeanne et Georges, ce nouvel espace prolonge la visite du musée autour d’une cuisine de saison inspirée du Cotentin, de la Normandie, de Guernesey et de l’Espagne.
Installé au rez-de-chaussée de la maison où Victor Hugo vécut entre 1832 et 1848, Papapa a été imaginé comme un lieu où l’on peut déjeuner, prendre un café ou simplement s’attarder avec un livre. La salle aux tons rouges, lumineuse et le jardin arboré, composent deux espaces distincts, à l’écart de l’agitation parisienne. Le décor fait directement référence à l’univers de l’écrivain : mobilier inspiré de ses appartements, assiettes reproduisant certains de ses dessins et portrait de Victor Hugo entouré de ses petits-enfants.
Dans l’assiette, la carte privilégie les circuits courts, avec une attention particulière portée aux territoires qui ont compté dans la vie de l’auteur. Les huîtres de Chausey sont notamment proposées le week-end, tandis que les laitages viennent d’Isigny Sainte-Mère.
Les plats jouent, eux aussi, avec l’univers hugolien. Le « Gavroche » associe petit pain aux graines, concombre, jambon Prince de Paris, mimolette et beurre salé d’Isigny. « Fantine » prend la forme d’une tarte aux poireaux, carotte, chèvre et sarrasin. Plus consistant, le « Casimodo » revisite le Bean Jar de Guernesey avec haricot blanc, carotte et jarret de bœuf. Le « Kraken », brioche toastée au beurre noisette, crabe, pomme et beurre d’algue, constitue l’une des propositions les plus marquées par l’univers maritime de l’exil.
Les desserts restent ancrés dans les traditions normandes : teurgoule à la cannelle, douillon de poire à la crème d’Isigny ou mirliton aux myrtilles et aux pommes, la tarte de saison sucrée qui était aux courgettes. Cidres et pommeaux du Cotentin, bières normandes et vins complètent la carte. Pour une pause plus légère, biscuits, sablés et cookies au caramel beurre salé sont disponibles dès 1€. Papapa est accessible sans réservation.
Papapa – Café de la maison de Victor Hugo 6, place des Vosges Paris 4, métro Saint-Paul
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Déjeuner : 12h-15h, Accès libre et gratuit au café
Paris 6 : Cherche minuit, une table élégante entre tradition et modernité.
À quelques pas du Bon Marché, Cherche Minuit, fondé par Corentin de Guerdavid, apporte un souffle contemporain à la très chic rue du Cherche-Midi. Le décor, sobre et chaleureux, annonce une cuisine française actuelle, inspirée de la Bretagne, où les produits de saison occupent le premier rôle. Ici, la technique s’efface derrière le goût, avec des assiettes lisibles, équilibrées et soigneusement dressées. Couteaux en persillade, salade d’écrevisses, en entrée, filet de daurade royale, sauce vierge, rigatonis homardine aux écrevisses et chorizo, en plat et pour finir, tiramisu au Lambig, eau-de-vie de cidre de Bretagne, ou les fameuses griottes Mamm Gozh pour couronner le tout.

- Le filet de daurade du Cherche Minuit ©️ photo JLRF
La carte évolue bien sûr au fil des arrivages et privilégie les circuits courts, permettant aux légumes, poissons et viandes sélectionnés avec soin d’exprimer pleinement leur caractère. Les cuissons sont précises, les sauces maîtrisées et les associations de saveurs restent toujours justes, sans sophistication inutile. La sélection de vins accompagne cette philosophie, en faisant la part belle aux vignerons indépendants et aux belles appellations françaises.
Dans un quartier où les bonnes tables ne manquent pas, Cherche Minuit se distingue par son élégance discrète et sa cuisine sincère, idéale aussi bien pour un déjeuner raffiné que pour un dîner en toute convivialité. De 25 à 60 €
Cherche Minuit : 86, rue du cherche-midi, Paris 6, métros Vaneau ou Saint-Placide
Réservations & informations : https://www.lechercheminuit.fr
Paris 7 : La Démocratie, quand l’histoire passe à table.
Il faut pousser la porte du 32 boulevard Raspail pour découvrir un Paris que l’on ne soupçonne plus. Derrière la façade, un jardin préservé et des salons chargés de mémoire occupent un ancien haut lieu de la presse et du mouvement démocrate fondé par Marc Sangnier, figure du Sillon au début du XXe siècle.
L’ancienne salle de rédaction, devenue le « Salon du Sillon », a conservé une partie de cette mémoire : affiches, journaux anciens et objets témoignent de cette époque, avec de belles boiseries. L’histoire du lieu ne s’arrête pas là : son ancienne imprimerie fut notamment utilisée par la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, sous la direction de Stéphane Savorgnan, La Démocratie change de registre sans renier son passé. La cuisine joue la carte d’une bistronomie généreuse et de saison, avec des classiques français revisités, tandis que la salle, la mezzanine et le jardin offrent des atmosphères différentes. Le Mont-Blanc maison, associant meringue, crème de marrons, glace vanille, Chantilly et chocolat chaud, s’impose comme une signature gourmande.
Aux beaux jours, le jardin devient le refuge le plus inattendu de l’adresse, propice aux déjeuners, goûters et tea time. Une parenthèse bucolique qui contraste avec l’intensité de l’histoire dont ces murs furent les témoins, du Paris politique, littéraire ou militant. Compter 40/50 €
La Démocratie : 32, boulevard Raspail, Paris 7, métro Sèvres-Babylone
Réservations & informations : https://lademocratierestaurant.com
Paris 10 : Cagnard, le soleil méditerranéen qui réchauffe le 10e arrondissement.
À deux pas des gares du Nord et de l’Est, Cagnard s’est imposé en quelques mois comme l’une des adresses les plus séduisantes du quartier. Imaginé par Jules Behar et Félix Barthe, déjà à l’origine de Gargouille et Zinzin dans le IXe, le restaurant célèbre une Méditerranée généreuse et contemporaine, entre influences grecques, libanaises, italiennes et provençales.

- Le comptoir de Cagnard ©️ studio Villa Monica
En cuisine, Félix Barthe, passé notamment par les brigades de Guy Savoy, compose des assiettes raffinées et solaires. Le midi, une formule bistronomique renouvelée chaque semaine attire les habitués du quartier ; le soir, la carte prend des accents plus gastronomiques, accompagnée de vins méditerranéens, grecs, espagnols, serbes, soigneusement sélectionnés. La carte séduit par quelques signatures remarquables, du carpaccio de poulpe à la fraîcheur iodée au tournedos d’agneau relevé d’une harissa cacahuète audacieuse, sans oublier le maigre accompagné d’une délicate sauce matelote. Côté douceurs, la brioche perdue au chocolat et dulce de leche ainsi que la glace à la fleur d’oranger, sublimée par un praliné pistache, offrent un final aussi généreux que raffiné.
Le décor mêle tomettes rouges, céramiques artisanales et grand bar vintage, prolongeant ce voyage vers le Sud dans une atmosphère à la fois chaleureuse et intimiste. Installé dans un ancien restaurant-cabaret, Cagnard cultive l’esprit d’une maison de quartier élégante, conviviale et sans ostentation. La salle de plus de soixante-dix couverts est privatisable, en partie ou en totalité, pour événements et manifestations professionnelles. De 25 à 60 €
Cagnard : 5, rue des Petits Hôtels, Paris 10, métros Gare de l’Est et Gare du Nord
Ouvert du lundi au vendredi — déjeuner & dîner, Privatisation possible (70+ couverts) ·
Service traiteur disponible
Réservations & informations : www.restaurant-cagnard.fr
Paris 11 : Astier, le bistrot parisien dans ce qu’il a de plus intemporel.
Depuis 1956, cette table parisienne n’a rien perdu de son aplomb. Lambris patinés, escalier à double révolution, lustres en verre de Biot : le décor affiche fièrement son âge sans jamais sombrer dans le musée. Nappes blanches, chaises Baumann authentiques, lampes de laiton dispensant une lumière tamisée, l’ensemble compose un cadre intimiste où l’on devine que rien n’a été laissé au hasard depuis près de soixante-dix ans. À l’étage, un salon privatif d’une quarantaine de couverts accueille aussi bien les petits-déjeuners d’affaires que les dîners de fête.
En cuisine, Frédéric Hubig ne cherche pas à réinventer le genre : il le sert, tout simplement, avec l’assurance de qui sait qu’un classique bien exécuté vaut toutes les audaces. Le pâté en croûte de pintade, foie gras et gorge de cochon ouvre le bal sur un ton rassurant. Viennent ensuite les harengs marinés en pot accompagnés de grenailles tièdes en vinaigrette, une signature de la maison, ou encore des cuisses de grenouilles en persillade sur mousseline de brocolis. Le tronçon de turbot relevé d’un beurre blanc et de légumes confits, côtoie des Saint-Jacques rôties en coquille au beurre de sarrasin et poireaux fondants, tandis que la quenelle de daurade royale, sauce de crustacés, joue la carte iodée avec discrétion.
Le demi-pigeonneau de Pornic rôti, escorté de grué de cacao, de citron confit et d’un millefeuille de pommes de terre, s’impose comme le plat qui résume à lui seul l’esprit de la maison : du classicisme, mais coloré, presque facétieux. Aux desserts, le baba au rhum reste un passage obligé, mais on peut lui préférer un croustillant de coing caramélisé sur crème légère à la vanille, ou un soufflé au chocolat noir de Tanzanie parfumé au combava, pour ceux qui n’ont décidément pas fini de se faire plaisir.
Plus de deux cents références composent la carte des vins. La maison ouvre tous les jours, dimanche compris, une constance suffisamment rare dans le paysage parisien pour être signalée. De 40 à 100 €
Astier : 44, rue Jean-Pierre-Timbaud, Paris 11, métros Parmentier ou Oberkampf
Réservations & informations : https://www.restaurant-astier.com
Paris 17 : le restaurant étoilé Frederic Simonin.
Dans le calme feutré du 17e arrondissement, Frédéric Simonin a fait de sa table un véritable sanctuaire de la gastronomie française, où chaque assiette reflète une vision aussi rigoureuse que sensible. Formé auprès des plus grands noms de la cuisine, de Robuchon à Gagnaire en passant par Pic, ce chef au parcours d’orfèvre compose une partition raffinée, à la croisée d’un classicisme assumé et d’une modernité subtilement dosée. Dans un décor élégant, tout en lumière et en matières nobles, l’attention se porte naturellement sur l’essentiel : une cuisine sincère, portée par un profond respect du produit.

- Crevettes OSO bio marinées à cru, condiment kumquat, perle de tapioca à l’encre de seiche, Suc des têtes, chou-fleur galanga, salicorne et tagète chez Frédéric Simonin ©️ photo JLRF
Du homard breton aux légumes du potager traités avec la même exigence, Frédéric Simonin exprime une approche fondée sur la justesse des saveurs et la précision des cuissons. Lors de notre passage, les crevettes OSO bio marinées à cru, relevées de kumquat et d’un délicat suc de têtes, ouvraient le bal avec finesse, avant une superbe volaille fermière Pattes Noires contisée à l’algue nori, servie avec un sabayon à l’huître d’une grande délicatesse. Le dessert, associant biscuit cacao, opaline de caramel chocolatée et sorbet Guanaja, concluait avec élégance cette expérience gastronomique proposée à travers trois parcours de dégustation et un menu déjeuner, enrichis d’accords mets-vins soigneusement élaborés. Complétée par une remarquable carte des vins, cette adresse étoilée au Guide Michelin confirme son statut de référence incontournable de la rive droite et perpétue avec talent une certaine idée de l’excellence à la française. Des menus de 65 à + de 200 €
Frédéric Simonin : 25, rue Bayen, Paris 17, métro : Ternes
Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir.
Privatisation totale ou partielle possible.
Réservations et informations : https://fredericsimonin.com
Serris (Seine-et-Marne 77) : Café Lapérouse l’art de recevoir s’invite à la vallée village.
Depuis ce mois de septembre, le Café Lapérouse installe l’esprit de la célèbre maison parisienne au cœur des 110 boutiques de La Vallée Village, avec une adresse conçue comme un véritable lieu de vie, du petit-déjeuner au dîner.
Fondée en 1766 sur les quais de Seine, Lapérouse appartient à ces maisons parisiennes dont le nom évoque immédiatement une certaine idée de l’art de recevoir et de « l’art du geste », cher au village, programmation consacrée aux métiers et aux gestes qui façonnent le luxe et l’art de vivre.
Le décor joue la carte d’un Paris rêvé : stores bleus caractéristiques, esprit de brasserie, velours, salons baignés de lumière, bar en forme de coquillage, bibliothèque d’objets de curiosité, jardin romantique, terrasse et fresque en trompe-l’œil monumentale.
Le Café Lapérouse adopte le rythme d’une journée entière. Petit-déjeuner, déjeuner, pause gourmande, tea time, café en terrasse, verre en fin de journée, dîner : l’adresse est ouverte de 10h à 20h et accompagne ainsi les visiteurs avant, pendant ou après leur parcours shopping.
Dans l’assiette, la carte reprend plusieurs signatures de la Maison dans un registre français accessible. Le croque-monsieur Lapérouse est proposé à 24 €, le tartare de bœuf et pommes allumettes à 24 €, les goujonnettes façon fish and chips à 25 € et le filet de bar, sauce vierge, à 34 €. Les amateurs de truffe pourront choisir les rigatoni à 37 €, tandis que trois plats minceur sont proposés entre 17 et 24 €. Tarama royal, saumon et timbale de caviar de la Maison Prunier sont à partager.
La partie sucrée poursuit sur un esprit gourmand avec par exemple le « Sénateur », chocolat intense ou le « Lapérouse », dessert blanc à la vanille, tous les deux à 17 €. Côté cocktails, l’Espresso Martini figure notamment à la carte, à 19 €.
Cafe Lapérouse – La Vallée Village 3, cours de la Garonne, 77700 Serris
Ouvert tous les jours, de 10h à 20h.
Réservations & informations : https://www.thebicestercollection.com/la-vallee-village/fr/restaurant/cafe-laperouse/
Focus sur une maison de champagne en Côte des bar.
Chassenay D’arce, Soixante-dix ans de vendanges en vallée de l’Arce.
Il y a soixante-dix ans en 1956, cinq vignerons de la vallée de l’Arce (Aube) décidaient qu’ils feraient mieux ensemble que chacun dans leur coin. L’idée n’avait rien de romantique : elle répondait à une nécessité, celle de mutualiser des pressoirs, des outils et un savoir-faire encore fragile, dans une Côte des Bar alors considérée comme la parente pauvre de la Champagne. Sept décennies plus tard, la maison Chassenay d’Arce compte cent trente familles de vignerons répartis sur quatorze villages, et l’intuition coopérative de 1956 n’a pas pris une ride.

- Champagne Chassenay d’Arce ©️ Chassenay d’Arce
Une identité forgée sur la durée.
La coopérative des Coteaux de l’Arce, telle qu’elle se nommait à ses débuts, met huit ans à se choisir un visage. Ce n’est qu’en 1964 que ses fondateurs baptisent leur première cuvée du nom qu’elle porte aujourd’hui : Chassenay d’Arce. L’anecdote a son importance, car elle dit quelque chose du tempérament de la maison, une préférence pour la patience plutôt que pour l’esbroufe, et une identité qui se construit par sédimentation plutôt que par coup d’éclat.
Le vignoble, lui, s’étend aujourd’hui sur un peu plus de trois cents hectares le long de la rivière Arce, à la lisière méridionale de la Champagne, presque en Bourgogne. Les sols kimméridgiens, ces marnes caillouteuses qui ont fait la réputation de Chablis à quelques kilomètres de là, permettent aux ceps de plonger profondément leurs racines. Le pinot noir y règne sans partage, épaulé par le chardonnay, le pinot meunier et, plus rare, le pinot blanc, un cépage que la maison a eu la bonne idée de ne pas arracher lorsqu’il est passé de mode.
Des cuvées qui parlent le langage du lieu.
La Cuvée Première fait office de carte d’identité : un assemblage de pinot noir et de chardonnay, complété d’une pointe de pinot blanc, élevé au moins trois ans en cave. On y cherchera moins l’effet que la franchise, une robe or pâle, une bulle fine, une bouche fruitée et une belle personnalité qui ne cherche pas à imiter les grandes maisons rémoises.
Les vieilles vignes, les plus anciennes du domaine, donnent naissance à des cuvées de caractère plus affirmé : la Confidences, un rosé issu à cent pour cent de parcelles âgées, ou l’Origine et l’Audace, deux extra-bruts en pinot noir intégral qui misent sur la tension plutôt que sur le sucre. Le Pinot Blanc extra-brut, enfin, reste la curiosité de la maison, un vin de niche tiré d’un cépage presque oublié, planté entre la fin des années 1950 et le début des années 1970, et qui n’est vinifié que pour les millésimes le justifiant. Petite curiosité, le ratafia champenois Chassenay d’Arce, eau-de-vie de marc ou de fine champenoise, additionnée de moût de raisin frais, à tester avec modération bien évidemment.
La coopérative comme engagement, pas comme nostalgie.
Chassenay d’Arce s’est aussi distinguée en 2021 en devenant la première maison de Champagne labellisée Vignerons Engagés, référentiel de responsabilité sociétale propre à la filière viticole. La réduction des intrants, la généralisation de la technique dite de « confusion sexuelle » (diffusion de phéromones qui désorientent les papillons ravageurs et interrompent leur reproduction) et une viticulture dite raisonnée y sont présentées moins comme un argument marketing que comme le prolongement logique de l’esprit coopératif originel : on ne mutualise pas seulement des pressoirs, on mutualise aussi une responsabilité vis-à-vis du terroir.
Avec une production annuelle avoisinant le million et demi de bouteilles, exportées vers une trentaine de pays, Royaume-Uni et Europe du Nord en tête, la maison n’a pas la stature des géants du Champagne. C’est précisément ce que revendiquent, à mots plutôt discrets, Manuel Henon, directeur général, Romain Aubriot, chef de cave et les cent trente familles : soixante-dix ans après les cinq pionniers de 1956, la Côte des Bar continue d’y avancer à son rythme, sans se soucier de la comparer à celui des autres.
Chassenay d’Arce : https://chassenay.com
Photo en logo : Le nouveau Café Lapérouse de La Vallée Village ©️ photo La Vallée Village


