(Tourisme/croisière) : Au Portugal, en croisière sur le fleuve d’or, le Douro.
Porto, la ville-lumière du Douro.
À la tombée du jour, un autocar conduit les passagers dans les hauteurs de la ville. Les ruelles du quartier de Ribeira s’illuminent, les ponts de fer se dessinent en dentelle sur le ciel violet. Depuis la rive de Vila Nova de Gaia, on distingue les caves de porto aux enseignes historiques. L’air est frais, imprégné d’embruns et d’une lente effervescence. Porto by night offre une atmosphère de théâtre ancien. Comme l’écrivait Fernando Pessoa, « tout vaut la peine si l’âme n’est pas petite » (Message 1934). À Porto, la nuit semble justement agrandir l’âme : les ruelles se chargent de l’histoire de temps immémoriaux, et la ville, entre mer et mémoire viticole, devient le décor d’un rêve éveillé. Découverte de la gare São Bento de 1916 et ses 20 000 azulejos illustrant des scènes majeures de l’histoire portugaise du XIIIe au XVe siècle.

- Départ du « MS Miguel Torga » de Porto et les Ponts ferroviaires Maria Pia d’Eiffel et São-João © photo JLRF
Départ du bateau vers les portes du fleuve.
Le lendemain, le bateau de la compagnie française CroisiEurope s’engage dans l’écluse de Crestuma-Lever, premier seuil sur la route intérieure du Douro. Les parois de béton se referment, l’eau monte lentement : la manœuvre, silencieuse et millimétrée, fascine. Puis vient l’écluse de Carrapatelo, la plus haute d’Europe occidentale, 35 mètres de dénivelé. Le fleuve s’y transforme en couloir vertical, impressionnante machine hydraulique domptant la nature.
Peso da Régua, mémoire du travail de la vigne.
Le MS Miguel Torga reprend sa course vers Peso da Régua, cœur du Haut-Douro viticole. Ici commence le territoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, où les vignes s’étagent en terrasses jusqu’à l’horizon. Au matin, la visite du Museu do Douro, offre une vision incontournable de l’historique de la région et son rapport à la viticulture. Installé dans un élégant bâtiment du XVIIIᵉ siècle, d’où les régulateurs supervisaient autrefois la plus ancienne région viticole délimitée au monde, le musée présente des expositions de grande qualité et différents vins de Porto hors d’âge.
Lamego, ville sanctuaire.
L’après-midi, direction Lamego, sans doute la cité baroque la plus impressionnante de la vallée et célèbre pour son sanctuaire Nossa Senhora dos Remédios. La majestueuse église aux deux clochers, date du XVIIIe siècle et s’élève au sommet d’un escalier monumentale de 686 marches, jalonné d’azulejos bleus et blancs, d’urnes, de fontaines et de statues. La vue se mérite.
Les ruelles médiévales, les azulejos bleus, les pâtisseries locales, notamment le bola de Lamego, composent une halte typiquement portugaise.

- Passage de l’écluse de Carrapatelo, la plus haute d’Europe occidentale © photo JLRF
Quinta do Tedo, le goût du terroir.
Le jour suivant, les croisiéristes abandonnent le navire pour la rive gauche du fleuve, la Quinta do Tedo y déploie ses vignes en amphithéâtre. Le domaine, établi sur un ancien relais du XVIIIᵉ siècle est situé au confluent du Douro et du Tedo. Propriété d’une famille franco-américaine, propose dégustations, visite des vignes en terrasses, et découverte des méthodes traditionnelles de production du porto et de vins secs du Douro, élaboré sur les coteaux de schiste. Si les portos millésimés restent l’un des grands moments d’une visite de domaine, les rouges, blancs et rosés primés sont de plus en plus répandus. Issus de plus de 75 cépages cultivés dans l’appellation Douro DOC (Denominação de Origem Controlada) ces vins se sont imposés au fil du XXᵉ siècle comme les incontournables de la région.
Vers Porto Antigo.
La navigation reprend vers Porto Antigo, un ancien port fluvial transformé en halte paisible. Les rives se font plus sauvages, bordées de figuiers et de granit. À la tombée du jour, le fleuve se fait miroir, reflétant les collines, la silhouette du navire et celle d’une photogénique petite chapelle érigée au bord de l’eau. Le lendemain, retour vers Porto.
En Rabelo vers le centre-ville de Porto.
En matinée, embarquement sur un bateau traditionnel Rabelo, ces embarcations emblématiques en bois, à fond plat, sans quille et doté d’un mât portant une voile carrée, étaient autrefois utilisées pour transporter les fûts de porto depuis les quintas jusqu’aux chais de Vila Nova de Gaia. Une manière authentique et pittoresque de rejoindre le cœur de Porto. Après être passé sous le pont Maria Pia construit par Eiffel et le pont Dom-Luis, avec lequel il peut être confondu, construit par Théophile Seyrig, l’associé de Gustave Eiffel, sur la rive, les tours de l’église São Lourenço et le palais épiscopal émergent encore d’un léger voile de brume. Juste en contrebas, le Cais da Ribeira s’anime : les terrasses se remplissent peu à peu, et en ce début de novembre, les touristes profitent encore d’une matinée étonnamment douce.

- Sanctuaire Nossa Senhora dos Remédios de Lamego © photo JLRF
Matinée libre : Vieux Porto et librairie Lello.
Une fois au centre, place à une matinée en solo : flânerie dans le vieux Porto, visite de la célèbre librairie Lello, inspiration supposée de l’univers d’Harry Potter, découverte des ruelles colorées, des boutiques d’artisans et des cafés historiques, du Mercado do Bolhão, marché typique couvert. Retour au bateau pour le déjeuner avant d’avoir une visite guidée des lieux incontournables. Le Palácio da Bolsa, bâtiment néoclassique bâti entre 1842 et 1910 avec sa gigantesque verrière octogonale et son incroyable Salon Arabe orné d’un riche et fin décor mauresque de stuc, recouvert de quelque 20 kg d’or. L’église de São Francisco, véritable explosion de bois sculpté et doré à la feuille d’or.
Guimarães, berceau du Portugal.
Le lendemain, avant de clore le voyage, une excursion conduit les voyageurs du bateau vers Guimarães, à une soixantaine de kilomètres de Porto. C’est ici que naquit, au XIIᵉ siècle, le premier roi du Portugal, Afonso Henriques. La cité médiévale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, conserve un charme intact : ruelles pavées, places fleuries, maisons à colombages et couvents de granit composent un décor hors du temps.
Du haut de son château, la vue embrasse les toits de tuiles rouges et les collines du Minho. Plus bas, le palais des ducs de Bragance déploie ses arcs gothiques et ses grandes salles tapissées d’armes et de tapisseries.
Dans le centre historique, les cafés animés et les artisans de filigrane rappellent que Guimarães n’est pas qu’un musée, mais une ville vivante, fière de son passé.
Durant la croisière, la vie à bord.
Le MS Miguel Torga cultive l’art du voyage contemplatif : pont soleil promenade, transats, piscine, cabines équipées de balcons à la française, la décoration et sa palette bordeaux, associée au bois clair et aux cerclages d’acier noirs, évoque immanquablement le porto et les tonneaux dans lequel il vieillit. Les petits déjeuners offrent une table généreuse de fruits, viennoiseries et spécialités portugaises. Les déjeuners s’inspirent de la cuisine locale, morue, cabrito, et de spécialités portugaises revisitées avec élégance : bacalhau fondant, caldo verde soupe parfumée d’huile d’olive et des incontournables pasteis de nata croustillants, littéralement pâtisserie à la crème. Tandis que les dîners se déroulent dans une atmosphère élégante plus feutrée, avec par exemple un plateau de fritures traditionnelles portugaises accompagnés de vins du Douro.
Le service, irréprochable, coordonné par Nelson le commissaire de bord, un prénom qui ne s’invente pas, achève de créer une ambiance familiale.
Les soirées au salon-bar, elles, ponctuent la navigation : soirée folklorique au son du fado, des guitares portugaises et d’un groupe familial du petit-fils aux grands-parents, en tenues traditionnelles, soirée dansante animée par l’équipage, et grand bal final où se mêlent passagers et membres de bord dans une ambiance festive.
Épilogue fluvial.
On aura compris qu’ici, le fleuve n’est pas seulement un itinéraire : c’est un fil conducteur entre l’histoire, la terre et les hommes, une mémoire liquide que la navigation réveille le temps d’une traversée.
Quand partir ?
Les saisons les plus propices pour découvrir la région restent le printemps et l’automne, contrairement à la côte nord du Portugal, l’été n’est pas la meilleure période. Entre le début septembre et la mi-novembre, le paysage se métamorphose : les vendanges (vindimas) animent les villages tandis que le vert des collines cède la place à des nuances de pourpre, de cuivre et d’or, un spectacle véritablement enchanteur. Au printemps, ce sont les cerisiers en fleurs de Resende qui offrent un tableau délicat et lumineux.

- Porto, le charme de la rua das Flores au coucher de soleil © photo JLRF
Informations sur les croisières CroisiEurope sur le Douro : https://www.croisieurope.com/destin...
Office du tourisme du Portugal : https://www.visitportugal.com/fr
Photo en logo : Le « MS Miguel Torga » de CroisiEurope sur le Douro © CroisiEurope


