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TechnoDroits92 : la relève des jeunes professionnels du droit en matière de legaltech.

Organisé par le diplôme universitaire Transformation Digitale du Droit & Legaltech de Paris 2, le concours TechnoDroits92 a eu lieu le 11 juillet 2018 dans les locaux de EY Avocats. 18 projets ont ainsi été présentés par des étudiants en droit ou élèves-avocats, démontrant que les plus jeunes générations ont aussi compris l’opportunité que présente le numérique pour les professions du droit.
A l’issue d’une après-midi de pitch, quatre projets ont remporté un prix. Et ils illustrent le potentiel d’innovation sur le marché du droit, au vu de la diversité des solutions qui ont été élaborées.

Intelligence artificielle, blockchain, justice « prédictive », automatisation … Le sujet des legaltech et de l’innovation met souvent en avant les nouvelles technologies les plus complexes et dont les potentialités restent encore à découvrir. Mais il ne s’agit que d’une partie des solutions possibles ou existantes. Et les projets présentés lors de cet après-midi de TechnoDroits92, ainsi que les lauréats des quatre prix décernés, ont parfaitement illustré la diversité de l’écosystème.

Le Prix « Future of Law » a ainsi été décerné aux « Barons du droit », une agence de legal design qui souhaite proposer des formations de visual design aux professionnels du droit, notamment les avocats et les notaires. Permettant de rendre plus compréhensible un langage juridique complexe à ses clients, il permet à terme d’améliorer la relation-client et d’acquérir une nouvelle clientèle, d’améliorer son référencement ou encore de rendre effectif les contrats conclus : avec une meilleure compréhension, ces derniers seront mieux appliqués. La formation permettrait aux professionnels d’assimiler le B.A.BA du visual design, les outils clés et l’ingénierie pédagogique nécessaires pour élaborer les supports.

Le Prix « Future of Lawyer » a été attribué à Justinien, qui a développé un chatbot, "Cash my flight", qui accompagnent et informent les clients des compagnies aériennes pour qu’elles puissent faire valoir leurs droits. Accessible par l’application Messenger, cette solution s’adresse d’abord aux jeunes consommateurs, et a pour objectif de changer l’accès à l’information en passer par une application mobile.

Le Prix « Voice of legaltech » a ensuite été remporté par Sourceo, une solution qui vise à optimiser les achats, notamment publics, par l’open data. La plateforme s’appuiera sur la base de données ouvertes à venir, ainsi que sur des fiches et des mises en relation entre acheteurs, pour permettre le partage d’expériences, la transmission d’expertises temporaires du fait d’achats ponctuels, et de sécuriser les achats.

Enfin, le Grand prix du jury a été décerné à EverSafe, un outil assisté par l’intelligence artificielle pour accompagner les entreprises, les cabinets d’avocats et de CPI dans les dépôts et surveillance en propriété intellectuelle. Celui-ci permet en effet la surveillance en temps réel des bases nationales et internationale, le dépôt simple et rapide de titres, et met à disposition un dashboard intuitif pour accéder à son portefeuille. Son prototype étant fonctionnel, sa sortie est prévue pour en septembre 2018 sur le marché français, et l’équipe qui a conçu ce projet envisage une levée de fonds pour le développer sur le marché européen en 2019.

Un écosystème toujours en construction

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Stéphane Baller et Bruno Deffains

Cet événement a également été l’occasion pour Stéphane Baller et Bruno Deffains, co-créateurs du DU Transformation Digitale du Droit & Legaltech, de présenter les résultats de l’Observatoire des acteurs économiques du marché du droit -réalisé en partenariat avec le Village de la Justice, qui a permis de tirer un premier bilan de cet écosystème en cours de construction. Avec plus de 200 legaltech identifiés, ils ont ainsi identifié trois générations de legaltech.
La première a surtout instauré un « paralegal pour tous » et une « vulgarisation du savoir » ; la deuxième a eu pour objectif de démocratiser l’accès à l’avocat et le legal design ; et c’est avec la troisième génération que l’on voit apparaître les premiers projets s’appuyant sur l’intelligence artificielle, la blockchain, ou encore la modélisation. Il n’y a donc pas encore d’ « innovation de rupture » comme l’a souligné Stéphane Baller, et le marché est encore en « phase de consolidation » a confirmé Bruno Deffains.

Les déceptions relevées par l’Observatoire démontrent les améliorations à apporter pour permettre le développement de ce marché : l’instauration d’un « écosystème collaboratif », le fait que les avocats doivent encore faire un choix entre leur métier et le fait d’être entrepreneur, le trop peu de propositions à valeur ajoutée ou de vision sur le long terme, ou encore l’existence trop réduite de projet d’éducation... Des sujets d’ailleurs abordés lors du prochain Village de la Legaltech en novembre 2018.

Si le marché des legaltech ne révolutionne pas encore celui, plus large, du droit, il montre néanmoins des pistes à suivre … laissant une très grande place aux professionnels pour créer le monde du droit de demain.

Clarisse Andry
Rédaction du Village de la Justice

Crédit photo : Christophe Rabinovici

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