Christine Maze
Avocate, Bâtonnière du Barreau de Bordeaux (2022/2023), Membre élu du bureau de la Conférence des Bâtonniers, Membre élu d’avocats sans frontières France, Membre élu du conseil de l’ordre du Barreau de Bordeaux.
Alain Cockenpot
Avocat, Bâtonnier du barreau de Douai (2018:2019 et 2024:2025), Membre du Conseil National des Barreaux, Ancien président de la conférence régionale des bâtonniers des Hauts de France.
Alain Cockenpot : « Il est à mon sens indispensable de dissocier le sort des grands barreaux de celui des petits et moyens barreaux, alors que le statut et les attributions du bâtonnier sont strictement identiques, quel que soit la taille du barreau considéré.
En revanche, ce sont les moyens accordés par les petits et moyens barreaux qui diffèrent considérablement par rapport à ceux dévolus aux grands barreaux.
Le bâtonnier qui n’était qu’un primus inter pares est devenu au fil du temps et des réformes, un administrateur avec des fonctions très étendues, allant de l’arbitrage, à la prévention ou à la conciliation des différends, du contrôle de comptabilité, à la vérification au titre de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme ou de comptabilité, sans compter son rôle en matière disciplinaire. »
Christine Maze : « L’étendue des tâches qui incombent au bâtonnier, ne permet pas ou très difficilement la tenue de son cabinet d’avocat.
En outre, et pour les jeunes générations, il est indiscutable que les nouveaux équilibres de vie éloignent nos plus jeunes confrères de cette fonction exigeante. »
Alain Cockenpot : « Il est vrai que le bâtonnier d’un petit ou moyen barreau, dont les moyens administratifs et humains sont limités, a parfois le sentiment d’être à lui tout seul un homme-orchestre, jonglant avec la gestion de son cabinet et celle de son ordre, alors que dans le même temps les ordres n’ont pas le moyen de permettre d’indemniser correctement voire pas du tout le bâtonnier pour des fonctions qui l’occupent souvent à mi-temps.
Pourtant, le mandat de bâtonnier est sans doute le plus beau et c’est certainement pour cela que faute de candidats, les anciens bâtonniers acceptent de revenir à la tête de leur ordre. N’écrit-on pas Bâtonnier un jour, bâtonnier toujours. Le système du bâtonnat ne doit pas être abandonné ! »
Christine Maze : « Le bâtonnier est un guide indispensable à la vie professionnelle et privée de ses confrères ! »
Alain Cockenpot : « L’individualisation croissante de la société peut également se constater au sein de la magistrature pour les postes de chefs de juridiction, majoritairement délaissés.
Pour endiguer cette crise des vocations et pour conserver les prérogatives des ordres et leur autorégulation, au nom du maillage territorial de la justice, il est indispensable que le rôle de bâtonnier soit valorisé par l’intermédiaire d’un vrai statut de l’élu, auquel le conseil national des barreaux réfléchit par ailleurs ; qui pourrait passer par exemple par la bonification de points de retraite.
S’il existe un fonds de solidarité au sein de la conférence des bâtonniers, celui-ci est manifestement méconnu et systématisé, il serait une solution pour ne pas donner au bâtonnier le sentiment d’un sacrifice financier pendant l’exercice de son mandat.
Mais le désintérêt pour le bâtonnat passe aussi sans doute pour la considération que les confrères et les magistrats portent encore à ce mandat si singulier. »




