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La gestion des talents de demain au cœur des débats du dernier dîner du club JuriOne.

C’est dans le prestigieux salon des Premiers Ministres du restaurant Chez Françoise que le Village de la Justice et Jurimanagement accueillaient, le 7 mai dernier, le désormais traditionnel dîner du Club JuriOne qui réunissait une quarantaine de directeurs juridiques sur le thème de la gestion des talents de demain, animé par Tifenn Ouchene-Bourreau (directrice des marques de Bouygues Telecom) et William Cargill (Deinceps) avec l’amicale participation de Wolters Kluwers et Simon Associés.

Le sujet a permis aux participants de partager et de confronter leurs avis et leur vision, tant sur la question de savoir ce que seraient les Talents de demain, que de la manière de les attirer et de la pertinence et des moyens de les fidéliser. Les échanges, particulièrement nourris, ont ainsi permis de faire émerger quelques grandes tendances.

Hybride, enrichi ou augmenté, à quoi ressemblera le juriste de demain ?

Cette première question est plus complexe qu’il n’y paraît : ces talents seront-ils nécessairement tous juristes ? Ne seront-ils pas, pour la majorité d’entre eux, essentiellement « hybrides », c’est-à-dire des juristes « enrichis » ou « augmentés » ? La capacité à coder pour développer ou adapter des legal techs qui feront partie de leur environnement quotidien, à utiliser de manière efficace ces outils, à les paramétrer et à les former aux besoins de l’entreprise sera peut-être un élément déterminant dans les recrutements de demain.

Cette question a aussi permis de faire émerger le fait que la capacité à apprendre et l’adaptabilité seront des compétences fortes et que, de manière générale, les softskills prendront une part grandissante dans l’évolution des futurs juristes.

Valeurs, conditions de travail et sens : le tiercé gagnant pour attirer les talents de demain.

Tenter de déterminer ce qui pourrait être de nature à attirer les talents de demain a permis de répondre à la délicate question des fossés générationnels et des attentes, parfois, contradictoires des nouvelles générations. Partagés entre désir d’indépendance et besoin de sécurité, implication et recherche d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, temps d’apprentissage et impatience, les jeunes juristes sont en revanche très attentifs aux valeurs de l’entreprise, à la cohérence de la marque employeur, aux conditions de travail (aménagement des locaux, accessibilité de l’entreprise, horaires de travail, verticalité ou horizontalité de l’organisation…) et au matériel qui leur est fourni.

Mais c’est la notion de quête de sens dans le travail, donnée essentielle et récurrente, que les recruteurs devront prendre en compte pour attirer les meilleurs talents.

La fidélisation de générations de zappeurs/slasheurs : un casse-tête pour le management.

S’il est aujourd’hui naturel de chercher à fidéliser les talents de son équipe, la question pourrait bien se poser différemment demain. Face à des générations de zappeurs/slasheurs, il n’est pas évident que chercher à les fidéliser se révèle être la meilleure stratégie.

Poussés par la curiosité, par l’impatience, par l’habitude d’essayer, en permanence, « de nouvelles choses » comme de nouvelles applications, les jeunes générations se projettent assez peu dans le long terme quand ils rejoignent une entreprise. Opportunistes par essence, ils vont là où se trouvent les opportunités qui répondent le mieux à leurs besoins ou ambitions du moment. Ils peuvent ainsi choisir de quitter un poste dans lequel ils sont appréciés et reconnus pour partir faire un tour du monde pendant un an, sans attendre d’avoir le droit à un congé sabbatique qui leur permettrait de retrouver leur poste au retour.

Le besoin de liberté et d’indépendance qui caractérise les jeunes générations est souvent difficilement compatible avec des organigrammes trop contraignants ou des missions dans lesquelles ils ne trouvent aucun sens.
Les cabinets d’avocats sont particulièrement exposés sur ce sujet : les plus jeunes collaborateurs ont de plus en plus de mal à se projeter dans des cabinets qui leur demandent de passer l’essentiel de leur vie au bureau pour effectuer, dans les premières années, un travail essentiellement répétitif et presque administratif. Et les rémunérations conséquentes ne suffisent pas à compenser l’absence de Sens…

Prendre plaisir à travailler, être respecté, avoir une juste rémunération, être créatif, avoir du temps pour soi et sa famille, sont importants mais ne semblent plus suffire face au bouleversement des modèles, des usages et des comportements. Chacun va devoir repenser sa valeur ajoutée, sa façon de travailler, son mode de réflexion.

A travers ces débats riches et animés, une conviction forte est ressortie : l’Humain sera au cœur de la réussite de l’entreprise de demain. Et ce sont ceux qui seront attentifs à ces évolutions du marché qui seront en mesure d’attirer les meilleurs et, pourquoi pas, de leur donner envie de rester.

A propos de JuriOne : Dans un environnement où les métiers du droit évoluent chaque jour, Village de la Justice et Jurimanagement se sont unis pour animer JuriOne qui réunit les Directions Juridiques afin de réfléchir sur leurs évolutions, leurs enjeux, la nécessaire adaptation aux nouveaux besoins et marchés. JuriOne est une communauté ‘’Legal’’ élargie constituée de juristes, d’entrepreneurs, de développeurs, de chercheurs qui réfléchissent ensemble à l’exercice du droit, aujourd’hui et demain.
Pour rejoindre JuriOne et participer au prochain dîner jurione chez legiteam.fr

Rédaction du Village de la Justice.

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