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Fabrice Burgaud/Bertrand Tavernier : un compte-rendu de l’audience. Par Jacques Cuvillier.
4 décembre 2013, 18:06, par Jacques Cuvillier

Note complémentaire de l’auteur :
La salle d’audience était remplie, et nombre de membres du comité de soutien qui s’est constitué aux côtés de Fabrice Burgaud étaient présents.
Il leur a semblé curieux d’entendre autant parler de fiction. Jusqu’ici, les auteurs qui employaient ce mot à propos du film « présumé coupable » étaient censés faire partie des « révisionnistes » qui remettent en cause le tableau de l’affaire d’Outreau dans son aspect mythique et se montrent en décalage par rapport à la version à la fois simpliste et erronée qui reste dans l’esprit de bien des gens.

La question a été posée au cours de l’audience, tant à Christophe Rossignon qu’à Vincent Garenq, de savoir si des précautions avaient été prises pour que le film respecte les faits. Il en ressort que les seules précautions prises aient été d’ordre juridique, pour limiter les risques de ce point de vue. Sur le plan de la véracité, ce n’était pas le problème. Le film est bâti sur le livre dont l’un des accusés d’Outreau a fait l’ossature durant la période que séparait le procès de Saint-Omer et le procès en appel de Paris. Il était donc fondé à mettre en œuvre tout ce qui permettait de faire pencher l’opinion en sa faveur.

Par la suite, chaque fois que le film « Présumé coupable » est annoncé, il est systématiquement présenté comme l’histoire vécue de l’huissier accusé à tort dans l’affaire d’Outreau. Jamais n’apparaît un avertissement pour dire qu’il s’agit d’une fiction.

Il n’est donc pas insensé de voir au travers de la programmation de ce film, jusque dans les lycées, une volonté de maintenir en état le tableau tel que l’ont dépeint au moment des procès, les avocats de la défense appuyés par la presse. Il s’agit donc de défendre un mythe, sur la base d’une fiction.

Christophe Rossignon avait pourtant reçu en temps utile un livre qui aurait dû le mettre quelque peu mal à l’aise dans son projet, mais qu’il a eu la mauvaise idée de renvoyer à l’expéditeur sans l’avoir lu. Cela ne démontre évidemment pas un souci d’exploration. Il s’agissait du livre « Outreau, la vérité abusée » [ Eds Hugo et cie] de Marie-Christine Gryson-Dejehansart, l’expert psychologue dont le livre publié en 2009 a été le premier témoignage qui a osé remettre en cause la version répandue – et déjà comme sacralisée – de l’affaire d’Outreau. Sa démarche n’est pas qu’à visée personnelle, son principal souci étant « ces victimes que l’on n’entend plus » voir la Revue Européenne de psychologie et de droit et notamment cet article surla parole de l’enfant après la mystification d’Outreau

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