Fonction procureur de la République : témoignage d’Eric Maurel.

L’association Juristes d’avenir [1], créée en 2020, a pour objectif de rendre les études de droit et ses débouchés plus accessibles. A ce titre, elle collabore avec différents professionnels (magistrats, avocats, délégués européens, professeurs des Universités, huissiers, OPJ, collaborateur parlementaire etc.) et propose des "fiches de poste" sous la forme de témoignages.
Son objectif est de délivrer des messages positifs aux étudiants en démontrant qu’aucun parcours n’est rectiligne.
Cette initiative rejoignant la philosophie du Village de la Justice, nous partageons le témoignage d’Eric Maurel, procureur de la République du tribunal judiciaire de Nîmes.

1) Parcours et matières privilégiées.

« A mon époque (1982) le master n’existait pas. J’ai obtenu une maîtrise en droit mention carrières judiciaires (M1) en privilégiant tout au long des quatre années les matières dont je savais qu’elles seraient au programme du concours de l’Ecole nationale de la magistrature mais aussi celles pour lesquelles j’avais de l’appétence : Droit pénal général et spécial, procédure pénale, droit civil et procédure civile, droit commercial, droit du travail, droit constitutionnel, relations internationales, histoire du droit… »

2) Les difficultés rencontrées durant le parcours.

« Les principales difficultés ont tenu à la nécessité de terminer mon parcours universitaire en métropole après l’avoir débuté dans un DOM (Réunion), de tenter d’acquérir une culture sociale et universitaire nouvelle ; mais aussi des contraintes budgétaires même si mes parents aux revenus modestes finançaient néanmoins le coût de mes études. Il a fallu avoir une vie étudiante exclusivement consacrée aux études, sans guère de possibilité de loisirs ou de voyages.

Une autre difficulté tenait à l’époque à la nécessité d’accomplir le service militaire, mais grâce à la réalisation de préparations militaires j’ai pu obtenir un sursis jusqu’à la fin de mon parcours universitaire. »

3) La profession actuelle (missions, préférences).

« Magistrat de l’ordre judicaire depuis 36 ans, j’ai toujours exercé mes fonctions au sein du ministère public et j’ai occupé 4 postes de procureur de la République.

Je suis spécialisé en droit pénal général et procédure pénale, mais aussi en droit pénal économique et financier, en droit pénal environnemental, en droit de l’exécution des peines et de l’application des peines et dans les attributions civiles du parquet. »

4) Un conseil à donner aux étudiants pour réussir ?

« Travailler avec ardeur et beaucoup de rigueur pour maîtriser la technique juridique, mais en veillant toujours à préserver la dimension humaniste attendue d’un praticien du droit. Pour ce faire rester curieux et ouvert sur les évolutions de la société et plus globalement du monde, veiller à entretenir une véritable culture générale en étayant ses « points forts ».

Etre conscient(e) du haut niveau d’exigence attendu par les professionnels à l’égard d’autres professionnels et s’y préparer par des stages, si possible de plusieurs semaines.

Veiller impérativement à développer des qualités d’analyse et de synthèse, mais aussi à respecter la grammaire et l’orthographe. Des lettres de candidatures ou de motivation, comme des CV, qui comportent des fautes sont rapidement écartées.

Rester fidèle à soi-même. »

5. Un sujet qui vous tient à coeur.

« Face à l’augmentation des violences conjugales, le tribunal judiciaire de Nîmes a tout mis en œuvre pour lutter contre ce fléau. Le parquet de Nîmes est l’un des premiers à avoir utilisé les bracelets anti-rapprochements.

De surcroît, le contrôle judiciaire avec placement probatoire a été expérimenté dans la juridiction. Le procureur peut ainsi demander au juge des libertés et de la détention d’orienter l’auteur des violences vers une structure associative avec un appartement dédié pour une prise en charge à la fois sociale, éducative, psychologique, médicale si besoin.

L’information entre tous les services (JAF, juges des enfants, juges d’instruction, le parquet) a également été renforcée pour que chaque acteur puisse agir en fonction de ses compétences !

Dans le cadre de ma fonction, j’ai a aussi initié et accompagné la création par le Conseil départemental du Gard d’un Observatoire départemental des violences faites aux femmes. »

Témoignage proposé par l’Association juristes d’avenir.
https://juristesdavenir.fr

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