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La résidence alternée. Par Bruno Ancel, Avocat. retour à l'article
11 janvier 2014, 22:12, par Jacqueline Phélip

Maître

Je fais écho à votre article sur deux points.

Tout d’abord l’égalité père-mère est concrétisée par l’autorité parentale partagée. Or celle-ci n’a pas vocation à être liée à un mode d’hébergement quelconque sauf à envoyer un message de « mauvais pères » à ceux qui, pour une raison ou une autre ne peuvent assumer le quotidien d’un enfant en résidence alternée.

Contrairement aux pays anglo-saxons, la résidence alternée est toujours pensée et surtout exigée par les associations de droits des pères comme un temps égalitaire que l’enfant doit passer chez chaque parent. Or, non seulement il y a un consensus des spécialistes en santé mentale infantile pour en exclure les jeunes enfants, d’autant que lorsqu’un père exige et obtient une résidence alternée pour un jeune enfant ou a fortiori la garde totale,, il ne fournit que rarement les soins lui-même mais les confie à un substitut maternel (grand-mère paternelle ou nouvelle conjointe) mais la revue scientifique Oxford University Press a publié l’année dernière une recension des études faites sur la « garde physique partagée » entre 2000 et 2010. De l’ensemble de ces études il ressort que ce mode d’hébergement est le moins pérenne, et surtout celui qui provoque le plus de troubles internalisés et externalisés chez les enfants :

http://www.lenfantdabord.org/lenfan...

C’est si vrai que tous les pays qui nous ont précédé dans cette voie reviennent en arrière au fil du temps : Californie, Suède, Austtralie etc. Le Danemark a lui-même légiféré l’année dernière et à l’unanimité des députés « pour que le 50/50 ne puisse plus être imposé »

http://www.lenfantdabord.org/lenfan...

Il faut savoir également que dans tous les pays nordiques, si les parents ne sont pas mariés et se séparent, la mère a l’autorité parentale exclusive, sauf accord contraire des parents.

En ce qui concerne l’aliénation parentale

J’ai passé près d’un an à échanger avec des chercheurs américains, connus internationalement comme références en tant que spécialistes des conséquences du divorce sur les enfants et des divorces hautement conflictuels (dans ces familles le conflit est présent bien avant la séparation et les violences intrafamiliales n’y sont pas rares). Par ailleurs, ces chercheurs sont tous directeurs ou membres d’un programme de recherche sur l’aliénation parentale et ils m’ont fourni nombre de documents et études.
Il s’avère que la recherche n’en est qu’à ses débuts et qu’il n’y a même pas encore une définition unique de l’aliénation parentale et les critères de diagnostic habituellement énoncés, ont été choisis arbitrairement tant par leur nombre que par leur nature. L’Association Américaine de Psychologie confirme d’ailleurs que l’aliénation parentale ne comporte pas de symptômes qui soient généralement reconnus et vérifiés empiriquement.

Donc, dans l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible de faire un diagnostic fiable de la ou des raisons pour lesquelles un enfant refuse ou rejette un parent. C’est pourquoi l’aliénation parentale, malgré le lobby intense que certains en ont fait, a été refusée d’inclusion dans le manuel international DSM dont la cinquième édition est sortie récemment.

http://www.lenfantdabord.org/wp-con...

Il y a eu tant de diagnostic erronés aux USA, suivis de décisions qui ont mis des enfants en danger, que le guide révisé en 2006 des juges aux Tribunaux de la famille, a inclus un énoncé qui dénonce l’aliénation parentale comme de la « junk science » (science de pacotille) et plusieurs Etats ont légiféré pour que l’aliénation parentale ne puisse plus être plaidée devant les tribunaux.

Parmi toutes les raisons qui amènent un enfant à refuser ou rejeter un parent, les deux plus fréquentes tiennent d’une part, aux carences et déficiences parentales du parent rejeté, d’autre part au haut conflit parental où chaque parent dénigre l’autre et où un enfant émotionnellement vulnérable prend parti pour l’un contre l’autre afin de « survivre » . Une troisième raison est la réaction d’un enfant face au divorce de ses parents et qui veut faire « payer » celui qu’il croit, à tort ou à raison, responsable de l’éclatement de la famille.

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Autrement dit, lorsque la Cour de cassation, ou la Cour européenne valident les termes de syndrome d’aliénation parentale ou aliénation parentale, elles font une usurpation diagnostique !

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