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Les avocats et leur clientèle personnelle...

En 2011, dans le cadre de notre enquête sur les métiers du droit et leurs revenus [1], nous avons notamment posé la question du développement de leur clientèle personnelle aux avocats collaborateurs.

On sait que cette perspective de développement en marge des clients du cabinet est prévue, mais est-elle réelle ?

Avocats en libéral, estimez-vous avoir la possibilité concrète de développer une clientèle personnelle dans votre structure actuelle ?

Article 14.1 du Réglement Intérieur National de la profession d’avocat :
"La collaboration libérale est un mode d’exercice professionnel exclusif de tout lien de subordination, par lequel un avocat consacre une partie de son activité au cabinet d’un ou plusieurs avocats.
Le collaborateur libéral peut compléter sa formation et peut constituer et développer une clientèle personnelle."
(...)

Le contrat de l’avocat collaborateur libéral ou salarié doit prévoir les conditions garantissant :
(...) la possibilité pour l’avocat collaborateur libéral de constituer et développer une clientèle personnelle, sans contrepartie financière."

En pratique...

1 . Quelle est la part de vos dossiers personnels ?

41% des avocats en contrat de collaboration dans un cabinet n’ont aucune clientèle perso, 34% l’estiment à 10% environ de leur activité. C’est donc très peu de dossiers personnel qui existent réellement...

En dépit du R.I.N. qui "borde" ce statut hybride d’avocat collaborateur, les avocats semblent trop nombreux à constater que leur clientèle personnelle est inexistante, ce qui n’est pas sans poser de graves questions sur le développement de leur carrière. Ils semblent souvent plus près en pratique d’un CDI que d’un vrai contrat de libéral qui construit sa carrière, notamment par sa clientèle.

2 . Estimez-vous avoir assez la possibilité de développer votre clientèle personnelle ?

Seuls 30% estiment réellement pouvoir le faire. Pour les autres avocats (70% !) se posent des problèmes de temps disponible, de "savoir-faire", d’organisation... ou parfois d’impossibilité à trouver d’autres clients lorsque le cabinet est hyper-sépcialisé.

A noter, parmi ceux qui exercent seuls, donc pas en contrat de collaboration avec un cabinet, 44% estiment ne pas avoir assez la possibilité (temps ? capacités ?) de développer leur clientèle. Un vrai problème d’organisation, ou de perception de la relation clients ?

3. Qui ne parvient pas à développer sa clientèle personnelle ?

Recherche dans les chiffres et croisement de données pour tenter de trouver une explication...

Est-ce lié au temps de travail ?

Ceux qui ont le moins la possibilité sont ceux travaillant à temps partiel évidemment, faute de temps, mais paradoxalement aussi les "plus grands travaileurs", qui déclarent plus de 55H/semaine et n’ont pas assez de temps semble-t-il pour leur clientèle personnelle (48%).
Le temps de travail ne semble pas globalement un critère déterminant.

Est-ce lié à l’ancienneté en tant qu’avocat ?

Il semble que cette possibilité ne décolle qu’à partir de 8 ans d’expérience.

Y a-t-il un rapport avec le facteur généraliste / spécialiste ?

43% des spécialistes estiment de pas pouvoir développer assez leur clientèle, contre 33% des généralistes.

Le champ plus réduit des activités devrait permettre de donner plus de vie au réseau de chacun, mais il semble que cela réduise également l’aptitude à développer la clientèle... puisque le périmètre est restreint.

4. Sont ils satisfaits de leurs revenus quand même ?

Il y a un lien direct entre la possibilité de développer sa clientèle personnelle et la satisfaction sur son revenu... Le salut passe donc par là !

Pour réfléchir à ce sujet, vous pourrez lire quelques articles déjà publiés :

Pour discuter de ce sujet, rendez-vous sur le forum lié à cet article..

Rédaction Village de la justice

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Notes :

[1Enquête Revenus et Métiers du droit 2011 Village de la justice, près de 1300 réponses ont été retenues, dont 312 avocats.